19 février 2009
Gourmandise hivernale, addiction de fée.
Je l'avais vu la première fois, il y a au moins 10 ans, il était déjà beau comme un ange et avait pour lui un corps de rêve et des mains en velours.
Il m'avait déjà fait un effet ... comment dire. Mouillé ? Oui, une émotion semblable je crois.
Il y a quelques semaines, une copine qui sait que l'arrêt tabac, même si il se passe bien, me fait parfois être tendue, me dit que je devrais m'occuper un peu de moi. Tendue, plutôt parce que je bloque complètement sur l'idée de prendre du volume. Je ne sais pas pourquoi, je fais une fixation là-dessus. On devrait s'en moquer du poids et juste être fier de tenir le cap bien droit. Et non, moi je sens que la déprime elle va arriver par là, et c'est bien bête mais c'est comme ça, je ne peux pas tout gérer, et je me suis promis de ne pas reprendre le tabac pour régler un problème de poids. Alors il m'a fallut imaginer d'autres techniques en plus de la diète que je m'impose. En plus de mes galettes de maïs en plastic, de mes légumes vapeur et de mes 2 litres de thé vert, je vais recommencer l'acupuncture mais ça ne sera que dans 15 jours, entre temps il fallait que je trouve autre chose. Un autre palliatif. Puisque comme on me l'a gentiment expliqué, on ne se sépare pas d'une dépendance, on en change seulement. Bref, les petites piqûres plein partout c'est pas pour demain donc ...
Et si j'essayais un homme ?
Hein ?
T'en penses quoi ?
Alors dis toi que même si t'en penses pas du bien, ben c'est trop tard, parce que c'est fait !
Donc, avec la copine en question, on a échangé quelques noms, et là ... Mon cœur a fait boum !
Mais oui bien sûr, Paolo (c'est pas ça son prénom, mais j'ai pas envie qu'on recoupe mes infos, même si là, on n'est pas sur Facebook, je deviens méfiante !) et Paolo, je me le garderais bien encore un petit peu juste pour moi.
Alors donc j'avais rendez vous mardi midi à la place de la pause déjeuner (avoue que j'ai de bonnes astuces pour limiter la prise de calories tout de même). Et j'avais un peu le trac, parce que quand même, plus de 10 ans hein. Moi j'ai fait 2 enfants entre temps, alors forcément, je ne suis plus la même, mais je ne suis pas sûre qu'il fasse attention à ce genre de détail Paolo.
Qu'il a les mains douces Paolo.
En arrivant j'ai vu ce regard que j'avais gardé en mémoire. Transparent, comme les yeux d'un félin. Bleu ou vert, je ne sais plus mais clairs, si clairs ...

Un truc dans le genre, côté couleur des yeux et de la peau ...finesse des traits (han, soupir ...)
Mais lui, il porte les cheveux longs et noués en une tresse qui lui tombe dans la nuque. Sa peau à la couleur du miel, et son sourire est renversant, ses muscles sont fins et délicats. Il sent les îles dans le regard, ses mains ont la chaleur et la douceur du soleil.
Il chantonne une mélodie tahitienne et me fait juste signe de la tête.
Je lui dit que je suis nue sous mon vêtement, il me réponds que c'est bien, que je n'ai qu'à quitter ce vêtement et m'allonger, tout va bien se passer.
En fermant les yeux je n'en doute pas une seconde ...

Le muscle fin et délicat, c'est comme ça, sans pantalon et sans bonnet, c'est mieux...(En plus la photo doit être vieille parce que maintenant, le gars là il est tout tatoué.) Au fait. Savez qui c'est le gars là ?
L'eau qu'il choisit à la température idéale me fait frémir doucement et déjà je sens ses mains attraper mes hanches humides. Elles glissent au rythme des notes qu'il fredonne toujours, s'arrêtent, se prélassent un moment sur mes fesses, remontent en glissant sous mon ventre, mes seins, pour venir enserrer et malaxer mes épaules fébriles. Quand il se place debout devant moi je sens le contact de sa peau m'envahir, et mes reins se cambrent. L'a-t-il remarqué ? Peu m'importe, je suis bien, au chaud, trempée par le mince filet d'eau qui coule sur mon dos et vient se faire goutte-à-goutte sous les petits plis fessiers et glisser encore plus bas. Je crois que ma tête tourne un peu, la sensation est douce et brulante à la fois. Puis il place mes bras le long de mon corps glissant, paumes retournées vers le ciel, et il passe de chaque côté de moi, ses coudes entre mes côtes, ses mains à plat pressent et activent chaque cellule nerveuse encore en vie dans ce corps alangui. Quand il passe le long de mes paumes retournées, je sens sa peau. Il a quitté la serviette qui lui servait de pagne. Je sens juste sa peau dans ma main, c'est d'une sensualité étouffante. L'air me manque, mais je suis si bien que je veux faire durer encore l'instant. Je me demande si il réalise que je plane un peu.
Ses mains se posent dans les miennes, tournent, se détournent, remontent encore le cours d'un mollet chaud pour croiser l'intérieur d'une cuisse humide et s'attarder sur une nuque toute ramollie.
Le filet d'eau se fait de plus en plus doux, de plus en plus troublant, je sens les gouttes s'enfuir, se faire rares et quand il s'arrête hélas je sais que le temps lui aussi s'est arrêté, là, dans la moiteur des corps.
Paolo vient se placer face à moi, et me relève en déposant sur ma poitrine une serviette chaude et sèche.
Ca va ? Me dit il doucement.
.....
Ca va ? Dit il encore.
Oui oui, merci, ça m'a fait un bien fou ce massage, je reviendrai. Dis-je essuyant le maquillage que j'ai bien senti couler le long de mes pommettes.
Alors, au plaisir, dit il en souriant.
Il ne chantonne plus cet air exotique. Il a fini sa journée.
Je suis partie me changer assez vite tant je me sentais mal à l'aise. Je sais qu'on voit beaucoup dans un regard ébahi, je sais qu'il doit être habitué, mais j'ai vécu une tel moment de sensualité, que je m'en suis trouvée gênée après coup. Je le regardais et je me disais que c'était étonnant. Il m'a touchée comme un amant aurait pu me toucher, j'ai senti des pointes d'envie s'immiscer entre mes reins mais j'ai su rester lascive.
Et je suis retournée travailler avec la tête d'une femme qui vient de vivre 3 orgasmes intenses en moins d'une heure ! Tu sais bien, les cheveux en bataille, le sourire figé, l'œil humide et hagard, les gestes gourds, bref, la femme en état de béatitude donc.
C'est décidé, à partir de maintenant, je m'offre ce massage une fois par mois. Quand je pense que ça ne coûte même pas le prix d'une cartouche de clopes, je me dis que je me fais une bien belle compensation, en attendant qu'un jour un vrai amoureux me traite de la sorte, han ... (soupir).
Souvenons nous, c'était le 23 août 2007, j'avais été violemment attaquée par une sciatique venue d'on ne sait où, et je faisais mes premiers pas vers le massage intégral. Je crois qu'avec celui que je viens de vivre, je suis désormais addict ! Et voilà, j'ai trouvé ma nouvelle dépendance. Thé vert et massage intégral.
Bien l'bonsoir les hirondelles.
Je vous laisse avec le plus sensuel de tous les sensuels ... han (soupir, encore. La nuit va être longue tiens avec tous ces beaux loulous qui chantent dans ma tête, pffff. C'est moche de plus avoir 20 ans quand même, et d'être obligée de payer pour se croire encore fée ...)
Carte postale du boulot.
Juste vite fait su'l'gaz parce que là je suis au travail (je sais, ça ne se voit pas, mais je bosse)
Et comme au boulot, je suis aussi censée m'informer de tout un tas de trucs, je découvre avec horreur la mort de de Albert Barillé, et je pleure mon ami l'ours ...
Et puis page 92 des mêmes "inrocks" que lis-je à propos du futur salon de l'agriculture ?
Que "les passionnés de cuniculture pourront y caresser leur animal favori "
Ho ho, mais qu'est ce donc que cette drôle de pratique ?
Après un bref coup d'oeil sur le dico je découvre qu'il s'agit d'une pratique dont le principal objet est la production de viande, de poil et même de fourrure, qu'elle date du moyen-âge (oui madame!) et qu'elle était pratiquée par les moines (oui monsieur !)...
Waouuuuu ! Et donc on devient cunicultivateur ou cuniculturiste ?
Bientôt je vous raconte ce que je fais toute nue sous la douche avec un beau métisse à la pause déjeuner, bientôt !
11 février 2009
Marque ta page.
J'aurais dû ouvrir une boîte spéciale marque-ta-page au lieu de tout jeter au fur et à mesure.
Vraiment.
Je me suis fait cette réflexion aujourd'hui par ce que, en 2 heures, j'ai trouvé deux nouveaux marqueurs de page dans des livres rendus par des lecteurs. Parce que j'aime l'objet, son idée, son principe, celui de ne pas abîmer le livre en écornant la page, ou en l'écrasant à plat ventre sans penser une seconde que la couture peut craquer, la colle cèder, et qu'il va falloir réparer, j'aime le marque-page pour tout ça.
J'en ai de toutes sortes et j'en achète encore, mais celui qui me suit
partout depuis quelque temps est un magnifique objet marocain, en métal
argenté, orné d'un pompon, qu'un gentil blogueur m'a envoyé pour mon
dernier anniversaire.

Le Vook de Xavi P. Moi, je trouve ça super sensuel, l'entre deux pages où on va glisser l'objet de notre choix, pas vous ?
Vous n'imaginez pas amis lecteurs comme votre vie passe au détecteur quand vous rendez vos ouvrages en oubliant le marque-page. Moi, je vous imagine, lisant, l'un dans sa cuisine, l'autre au fond de son lit. Et quand il faut se lever pour aller et reprendre le quotidien où on l'a laissé... Mince, j'en suis à la page 153, je ne vais pas m'en souvenir, vite un marque ma page. Et là, vous prenez, ce qui se trouve juste à portée de main, et je me mets à imaginer vos vies, comme celle des personnages que vous laissez quelques heures, à regret, et que vous retrouverez, le soir quand les enfants seront couchés.
On en trouve des drôles, des surprenants, des imparables, et des nostalgiques, d'autres qu'on met dans un coin en se disant qu'il faudra absolument trouver son propriétaire pour le lui rendre.
La sainte vierge en forme de carte postale envoyée par mamie pour les 11 ans de Marie-Charlotte et qu'on retrouve dans un roman pré-pubère nouvelle génération.
La photo d'un temps passé où le couple sur l'image a l'air d'être heureux, dans un ouvrage de géo-politique épuisant.
Un morceau de carton colorié par un enfant et quelques bouts de laine collés à l'extrémité, qui dépassent des pages d'un roman à pleurer.
Une plaquette vide de médicaments dans un polar.
Un ticket de tram et une place de ciné dans un périodique.
Un relevé de compte épargne dans un manga, qu'on se dépêche de ne pas regarder tellement il est différent du notre.
De la poussière de farine à la page des cakes du livre de cuisine.
La page 99 du pavé de 1200 pages que vous avez adoré, cornée en haut à droite et puis plus jamais jusqu'à la page 1200 ...
Deux feuilles de papier toilette double-ouate, rose et parfumé, dans une BD.
Une carte de visite d'un médecin homéopathe-zen-acupuncteur à l'avant-dernière page de l'uchronie que je vous aurais glissé trois semaines plus tôt.
Une facture d'électricité qui me fait dire que vous n'aimez pas trop le froid, au milieu d'un traité d'éco-citoyenneté.
Mais le marque-page qui m'a le plus marquée, heureusement je n'ai jamais reconnu son propriétaire, c'était une photo d'homme nu. Dit comme ça, c'est anodin, mais quand l'image te glisse des mains au milieu de la biblicoquète, et que tu la caches vite pour que personne n'aille imaginer que c'est toi qui vient de perdre ça justement, tu réalises l'impact du marque-page personnalisé, et tu feuillettes le livre de Ben Jelloun que tu as dans la main, et tu lis " Il n'y a pas mieux que le regard et le toucher pour savoir où on en est".
Peut être que ce corps nu marquait cette page, peut être pas, mais j'aime à le penser ...
Et toi mon hirondelle, si tu ouvres le dernier ouvrage qui t'aide à dormir, dis-moi, quel est ton marque-page ?
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Hey dis dont, les gens, vous ne me faites même pas remarquer que ce billet manque de son ?! Hein ?!
Alors moi, quand je vois que j'ai juste oublié de mettre la BO du papier, je file sur Deezer vous chercher un truc que j'ai écouté hier soir tranquillou, et que vois-je ? Plus moyen de mettre le petit player tout petit ?
Pourquoi est-ce que toutes mes habitudes doivent changer en même temps ? ça me rend pas bien contente c't'affaire !
Mais donc, hier soir j'étais le gars M.Ward et c'est cool, juste avant dodo, j'aime bien, voilà.
01 février 2009
Je ne dois pas.
Je me demandais ce que j'aimais dans l'art contemporain, et à force d'y réfléchir, j'ai compris que justement c'était qu'il me faisait réfléchir.
Lors d'une expo qu'on est allé voir à Lyon pour Noël avec les nains, je lisais des mots de l'artiste qui m'ont plu et qui disait la nécessité de prendre position.
Aparté pour coller ce chef d'oeuvre parce que je ne vois pas où le mettre plus loin ... (hou là quelle drôle de phrase)

Question art, ça c'est quand je me prends pour une impressionniste en rentrant du marché dominical et qu'un primeur m'a refilé son stock de bananes (23) pour 1 € !
Kendell Geers donc, l'africanner qui a détourné les objets, les symboles, les religions, les codes sociaux et la morale, m'a plus qu'impressionnée.
Des symboles religieux comme un crucifix, une statuette africaine ou un bouddah, ou bien des icônes des temps modernes comme Lara Croft, complètement enveloppés dans du scotch de signalisation rouge et blanc, qui nous laisse à penser "Attention danger" ou "Gardez vos distances". Des barbelés ornés de lames de rasoirs et utilisés pendant l'Apartheid deviennent un labyrinthe dans lequel on doit passer en premier pour accéder au reste de l'expo, des gros cœurs au mur représentés par des matraques, un nouveau passage tracé en forme de crucifix au milieu de sacs mortuaires qui nous rappellent comment on va finir. Une odeur tenace nous prend au ventre, c'est déroutant.
Geers se définit comme un terroriste de l'art, il montre la violence de manière punk. Mais pas certaine qu'il en fasse une simple dénonciation, il joue plutôt sur nos cordes sensibles gavées à la sécurité et à la non-violence, alors qu'elle existe de manière physique ou éhontée et sous-jacente !
Quand on emmène ses enfants visiter une expo semblable, il faut vraiment accompagner leurs découvertes, comme ces immenses FUCK qui recouvrent la Victoire de Samothrace ou le visage de Kendell Geers. Et par moment, je me demande si j'ai assez bien expliqué les termes évoqués par l'artiste...
Ce mec est étonnant, il a un humour qui décape, et ose des choses complètement insensées, mais j'adore et en cherchant des infos sur lui je suis tombée sur le blog d'un critique d'art, tout simplement génial !
« Je suis un Africain blanc vivant dans une époque dans laquelle des gens armés de lames de rasoir peuvent s'écraser dans les bâtiments les plus puissants du monde. Une époque dans laquelle quinze millions de Sud Africains ont le Sida. Une époque dans laquelle les Etats-Unis peuvent déclarer la guerre en Irak sans raison autre que d'accomplir leur propre désir. Une époque dans laquelle la pollution des Etats-Unis provoque des inondations en Europe et des sécheresses en Australie. Je vis dans un temps de contradictions dans lequel la Contradiction, la Vérité, le Désir, la Passion et l'Anarchie ne sont plus que des noms de parfums. Je vis dans l'âge de la reproduction digitale dans lequel la vérité n'existe désormais plus dans une image, dans lequel chaque image peut être modifiée et changée, quiconque peut être effacé ou inséré dans l'Histoire. » Kendell Geers.
Bon bref, je voulais parler de l'art urbain et je suis partie sur l'art contemporain, tant pis et tant mieux, mais soudain je me demande si je ne devrais pas emmener les nains observer des asperges et des navets façon impressionniste, il y aurait sans doute moins de conséquences ...


Musique : rien à voir, mais surréalisme délicieux. David Lafore et ses mouches.
Découvrez David Lafore 5 Têtes!



