Mais où se posaient les hirondelles avant l'invention du téléphone?

petites histoires en vol .....

30 mai 2009

Page d'une thèqueuse qui n'est finalement pas partie à moto ce week end et qui a bien fait parce qu'il pleut !

Je me fais souvent prendre au piège des jeux de mots, ou des phrases jolies, mais le piège est quasiment toujours délicieux, alors je joue le jeu et je persiste à adorer être au prise au piège des jeux de mots.
Par exemple, récemment, deux gros coups de cœurs grâce aux titres qui m'ont séduite et aux intérieurs chatoyants qui m'ont confortée dans la séduction.

Le premier c'est "Du vent dans mes mollets", de Raphaële Moussafir et Mam'zelle Rouge. Bon en vrai c'est Raphaël qui avait écrit l'histoire de Rachel, 9 ans, mal entourée la pauvrette (parents ignobles, copine de merde, instit' humiliante, bref ... mal entourée c'est gentil) et qui se retrouve en séance psy une fois par semaine parce qu'un beau soir elle s'est mise à se coucher toute habillée et accompagnée de son cartable.
L'histoire dure et parfois éprouvante de l'enfance, mais croquée ici par Mamz'elle Roüge, qui a même un blog tout joli et qui nous rend cette lecture douce comme une pomme d'amour (va voir son blog, tu comprendras).
Je comprends que Raphaële se soit laissée piéger par le coup de gribouille de Mamz'elle Roüge, parce que je suis complètement sous le charme aussi. Les visages ronds, les regards expressifs, les couleurs franches, moi, ça, ça me cause et je peux te dire que dans la biblicoquète, elles n'ont pas fini de passer de mains en mains les filles qui ont fait Rachel, parole de thèqueuse !

[Et c'est en écrivant ces mots que je réalise une nouvelle fois à quel point on peut faire la pluie et le beau temps sur un bouquin, incroyable !]

Ha oui, j'ai oublié, "Du vent dans mes mollets" c'est une BD ou un roman graphique, au choix, après avoir été un roman et une pièce de théâtre il y a quelques années, mais c'est un petit bouquin à lire, à offrir pour tout ce que je viens de raconter. De ces petits livres d'artistes qui mêlent bons mots, jolis dessins et collages pour le plaisir de nos yeux.

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Du vent dans mes mollets. Raphaël Moussafir et Mam'zelle Roüge. Éd Intervista. 2009. 16,50 €

Dans la série petite perle au titre affriolant, voici "La patience des buffles sous la pluie" de David Thomas. Un premier opus du monsieur qui officiait dans le journalisme d'abord puis dans l'écriture de scénarii et le théâtre avant de se lancer dans un truc qu'il n'abandonnera j'espère JAMAIS, la littérature.
Sérieusement, tu l'imagines toi la patience des buffles sous la pluie ? Et pourquoi d'abord ? (Réponse p.74 du livre. Ben attend, si je veux pouvoir lire encore ce gars, et l'épouser aussi,  je dois faire sa pub et pas te livrer tous ces textes comme ça dis donc !)

Quand je vois un titre pareil, je plonge dedans, et c'est marrant mais souvent c'est jouissif.
Franchement ce David Thomas, il est vraiment fort, tant dans sa manipulation honteusement divine de la langue, écrite, parlée, susurrée, gerbée. Il fait comme il veut avec les mots, les structures grammaticales et les idées reçues, mais le fait si bien qu'on a tout de suite les images qui vont avec les mots, comme un petit haut qui va bien avec un petit bas...

"Quatorze fois

Tu me fais un petit bisou? On va se prendre un petit café? Je fume une petite clope (roooo on dit UN clope et pas une, tssst ! NDLaFéKa) et on y va. Si on se faisait un petit ciné ce soir? Ou alors on reste tranquilles avec un bon petit bouquin. Devant un petit feu... Tu sais ce qui me ferait plaisir pour les vacances? C'est un petit voyage en Italie. T'as vu mon petit haut? Je vais te faire une petite pipe. T'as un petit air bizarre...

En dix minutes, elle a trouvé le moyen de dire petit au moins quatorze fois. Quelque chose me dit que je ne vais rien vivre de grand avec cette fille."

Il écrit à la truelle ou envoie des grands coups de plume, j'aime. Beaucoup.

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La patience des buffles sous la pluie. David THOMAS. Éd. Bernard Pascuito, 2009. 16,95 €

Bruits.

Parfois quand elle n'est pas là, je ne pense pas à elle mais à tous les bruits que j'entends quand je suis avec elle. LE tiquitiquiti de la fourchette au fond du saladier quand elle fait la vinaigrette. Elle va tellement vite qu'il n'y a qu'elle pour faire un tiquitiquiti pareil. Le claquement de ses tongues contre ses pieds quand elle traverse la terrasse en été ou les petits clics que font ses bagues quand elle attrape son verre de wisky. On dit que les hommes sont visuels, mais moi, rien ne m'émeut plus que les sons qui vont avec une femme. Une femme pour moi, c'est des sons. Je me souviens d'une qui faisait toujours claquer ses ongles en joignant son pouce et son annulaire. Une autre, c'était les légères succions de sa langue quand elle dormait, une autre, c'était des gargouillis, quand elle avait faim elle était pire qu'un lavabo. Elle, ce qui la caractèrise ele plus, c'est le bruit de son sourire, elle salive tellement que quand elle sourit, sa bouche fait le bruit des bulles qui éclatent. J'aime bien ce bruit. Quand elle n'est pas là, je me le mets en boucle, ce bruit."

A la fin de cette historiette j'ai repensé à celui à qui j'ai dit un jour que je ne me souvenais plus de la couleur de sa voix ni du son de ses yeux. Son regard est si explicite que j'ai l'impression qu'il parle, et sa voix si envoûtante qu'elle pourrait être une couleur chaude. C'est marrant, mais c'est vrai qu'on est visuels. Je suis sûre que chacun retrouve un morceau de son vécu dans ces paraboles insolites et je me suis parfois demandée, pendant ma lecture, si cet homme n'était pas lui même un peu fouetté par les désillusions, parce que les thèmes abordés dans les 69 vues de la vie, nous sont tous connus,  de l'amour à la haine, en passant par la solitude, l'amitié et l'abandon, David Thomas les traite tour à tour légèrement, gravement ou avec désinvolture, comme quand on fait des pieds de nez. Sauf que lui, il a une aisance incroyable pour croquer ces scènes de vie.

En lisant ce livre, j'ai parfois eu l'impression d'épier les voisins, les amis, la famille, et parfois l'impression de m'épier moi !

Allez, réfléchis un peu, je suis sûre que l'histoire des bruits t'a fait penser à quelqu'un ou quelqu'une, raconte.

Sinon, dans les livres au titre insolite j'ai ça aussi en stock :

"La vie de Marie-Thérèse qui bifurqua quand sa passion pour le jazz prit une forme excessive." Michel Boujut (c'est un polar, je ne l'ai pas encore lu ...). Tu en connais d'autres toi ?

Du son pour finir ?

Juste envie de ré-écouter cette chanson qui me colle la chair de cocotte à chaque fois qu'elle arrive dans mes oreilles, "Le temps des gitans". Et à propos des Roms (Tu savais que ce mot est un endonyme?) il faut lire, ABSOLUMENT "mon amour, ma vie", de Claudie GALLAY, dur, triste, mais encore une fois, tellement bien écrit ... On balance avec le môme entre l'envie de croire encore à un demain possible et le désespoir obligé. A lire quand on n'est pas en mode déprime, sinon se plonger sans retenue dans le Tome 4 de "Aya de Yopougon" (pour ceux qui ont déjà savouré les 3 premiers et qui n'auraient encore pas lu le 4. Ce quatrième volet de la saga ivoirienne est une merveille de marrade !)

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24 mai 2009

Mon penthouse à moi.

Wo, wo, wo !

Tu rigoles, mais c'est par ce que tu ne sais pas tout, han !

Ouais ouais, j'te vois là, enfoncé dans ton moelleux fauteuil pendant que je suis obligée de désherber mes salades, feignasse va !

Bon faut quand même que je plante le décor, enfin, je crois.

Donc, il y a un peu plus d'un mois, j'ai déménagé pour la ... heu, ben pour la 19è fois en fait ! Et pour tout dire, j'en ai un peu ras le bol des cartons, mais comme la vie est trop bien faite, cette fois j'ai viré les cartons, par ce que, sauf si on me sort d'ici à coup de démonte-pneu, moi,  j'ai plus du tout l'intention de me déraciner. Et pour confirmer ça, je m'enracine à grand coup de plantations potagères.

Quand on m'a annoncé que j'étais retenue pour cet appart au milieu de 40 autres candidats, on m'a dit que c'était au 2nd sans ascenseur (De toute façon j'ai toujours été entre le 2 et le 5 sans ascenseur, alors bon, on perd 3 étages, c'est cool) mais le vrai délice a été quand ils m'ont dit que j'avais un jardin.
Dans ma tête de piaf, crois bien que je me suis imaginé un jardin sur une big terrasse, comme dans ce vieux film "green card" où j'avais complètement halluciné sur les plantations de la nana en haut d'une tour !
Vise un peu ... (bon ok, là c'est sans plantations, mais tu vois un peu la terrasse au sommet ????)

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Bon évidement, j'aurais fait quelques petites transformations, genre pelouse au sol pour glisser les orteils dedans le soir à la tombée de la nuit  (je ne sais jamais si on écrit "coucher de soleil" ou "couché de soleil" alors ce sera "tombée de la nuit" et voilà).

Bref, quand j'ai cru que j'allais avoir un vrai penthouse, j'ai commencé à avoir la banane scotchée au plafond des oreilles tellement j'étais contente. T'imagines ? Non, j'vois bien que non. Mais bon sang c'est pas compliqué pourtant, le soir à la tombée de la nuit donc, tu te mets dans la pelouse de ta super garden-terrasse pour admirer les étoiles qui s'accrochent au sommet des montagnes, un thé fumant dans une main et même pas un clope dans l'autre (que nenni, on a dit) et tu regardes pousser les fleurs et les tomates (des cœurs de bœuf, des roma et des steakchaispasquoi que mon voisin va inonder de bouillie bordelaise-manquait plus que les bordelais et leur bouillie dans mon jardin !- pour qu'elles tombent pas malades il a dit.)

Sauf que ...

Hé oui, fallait bien un "sauf que".

Sauf que, l'appart est bien au 2nd, mais le jardin lui, il est à une altitude on ne peut plus normale, à savoir ... En bas ! C'est tout de suite moins romantique, moins penthouse, je sais.

penthouse

Penthouse en face ma chambre (si si, regarde bien, on voit très bien le jardin en friche au sommet, par contre je ne peux pas mettre le son et c'est bien dommage mais sache que sur les coups de 4h' du mat je deviendrais bien chasseuse de piafs pourris moi !)

Mais je m'en fiche, je suis tellement contente de pouvoir gratter le globe, que même si j'avais dû faire de la spéléologie pour aller arroser, je l'aurais fait (ouais, enfin, peut être pas non plus).

Dés la première semaine, mon gentil nouveau voisin (on arrive tous au compte-goutte, et là on est 3, ça va, ça se gère) me dit que je dois planter les salades, c'est début mai, c'est maintenant !

En vrai ça fait ça :

"Ti li doit planter li salades, pi li patates aussi co ça ti li mange les patates friches qui si l'est tri bon. Pi ti li n'achète pas li outils, ji ti li prête".

Mon voisin, c'est simple, je l'adooooore. Arrivé du bled l'année où je suis née, il est une image locale, mais moi, ce que j'aime chez lui, c'est qu'il me fait toujours marrer même quand c'est pas l'heure. Genre vendredi soir, je rentre du boulot, 19H, sapée boulot (donc pas jardin) bagues aux doigts, petites chaussures vert-gazon, jupette à frou-frous, bref, vêtue façon boulot donc. Il me voit arriver, se jette sur sa pioche et entre dans mon jardin (oui on a tous les 2 le nôtre et normalement ça ferme à clé mais nous on ferme pas.) pour piocher les pommes de terre. Je lui demande de m'attendre que je voudrais me changer avant d'aller piétiner dans la terre. Il me dit :

"Mi nan, toi ti li reste là, ti li sais pas faire, les femmes li sait pas faire ça, moi ji li fait" Grrrrrr !

Bon je grogne 5 minutes pour le faire rire, et je me fais une place vers lui, pour lui montrer que je sais faire un peu (je suis quand même née dedans dis donc) mais que j'aime bien qu'il s'approprie (un peu) mon espace.

Au départ je voulais faire quelques salades, un pied de tomates, des aromatiques, et des petites fleurs, mais je n'ai pas eu le choix, et je l'ai écouté ... Maintenant il y a salades, tomates, courgettes, concombres, fraises, oseille, menthe, persil, oignons, et j'ai restreint !!! Vendredi il m'a dit:

"Là ti li va mettre li haricots " en me montrant une petite parcelle de terre vierge !

Cette fois j'ai dit "HA NON ! Pas des haricots !"

Mr Pierre (t'imagines bien que c'est pas son vrai prénom), il ne veut pas voir que j'ai un job à plein temps, 2 nains, une moto, et des tonnes de livres à lire, non, je crois qu'il ne veut pas voir, il a juste envie que j'ai un joli jardin comme le sien !

Il m'a dit autre chose qui m'a fait rire en grand. Quand je lui demandais si les enfants ne faisaient pas trop de bruit, puisqu'on est juste au-dessus de lui, il m'a répondu :

"Mi nan, pas li pitits, mi toi, oui. Ti li marche fort, ça fait comme si ti li marchais dans ma tête"

J'ai promis d'essayer de marcher sur la pointe des pieds désormais et il s'est bien marré, mais j'aime vachement l'idée que je marche dans la tête de quelqu'un de chouette, ouais vachement bien.

Tu vas bien me dire qu'il a déjà tout pouvoir sur moi, hein, mais j'essaierai à l'avenir de te prouver l'inverse, et à moi aussi je vais me prouver l'inverse !

Ce billet a été écrit il y a quelques jours, j'attendais d'avoir une ou deux photos  pour décorer.

Mais il m'est arrivé un truc de fou depuis, je me retrouve avec des haricots et des petits pois à planter, t'y crois toi ?!

Musique ? Ben là tout de suite, je suis complètement déconcentrée par les rugbymen qui ont (encooooore) gagné et qui chantent TRÈS fort ... l'histoire d'une pauv' fille qui s'appellerait Madeleine et pi qu'à pas d'chance parce qu'elle a les genoux cagneux, le vagin rouillé (c'est jouable ça ?) les chevilles tordues, la chatte qui pue ... bref.

J'aime bien la poésie du dimanche soir d'après victoire, au village ! (bon fais comme moi, croise les doigts bien serrés en espérant un match perdu un de ces jours !)

Sinon, en vraie musique, ça va bien ça pour bosser dans le garden par 35° à l'ombre !

Posté par feekabossee à 22:03 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mai 2009

3 ans déjà !

Trois ans qu'on est là les copains, trois ans qu'on regarde passer les saisons, les Noëls, les étés, les uns et les autres, ça va, ça vient, de la vie, en quelque sorte.

Trois ans que ce muret m'a sauvé la vie justement, quand rien n'allait, que tout était sombre, que je passais mes jours et mes nuits sur ce pc, que je voulais dire mais pas tout raconter, sentir et ressentir les émotions virtuelles pour ne plus avoir mal en vrai. Trois ans et 250 billets. Trois ans que je raconte mes petites histoires en vol, mes amis, mes enfants, mes amours, mes passions.

Amour, passion ? A ce sujet, je me disais ...

C'est toujours étonnant comme on est attiré par tout ce qui nous échappe, parfois même par ce qui nous repousse, en tout état de cause par tout ce qui nous fascine. Dans la fascination il y a l'intouchable, le démesuré, le lointain, le mystère aussi. On est plongé dans le plaisir pur, dans les désirs souvent interdits. Mais y a t-il réellement plaisir quand le désir est autorisé. La sensation de ne plus jamais vivre ce plaisir intense est vraiment forte, à faire rompre le cœur, quand le plaisir est un désir transgressé.
Je crois que quand on n'est plus fasciné, il manque une dimension au sentiment d'amour. Enfin, on aime fade, tiède, amical, ça peut être une forme d'amour aussi, ou un choix, celui qui esquive la prise de risque, celui qui garanti la non-solitude.
Pourtant, en regardant un peu autour de moi, et surtout avec ces années de recul, durant lesquelles ma solitude a parfois été un poids, parfois un soulagement, je vois trop de gens seuls à deux.
Ces couples me font peur. Et je me dis qu'ils ont choisi la solitude à deux parce que c'est vrai qu'être seul n'est pas qu'un état de fait, de société, d'air du temps, c'est aussi tout un apprentissage.
C'est apprendre à placer l'oreiller sur l'épaule de telle sorte qu'il ressemble à une épaule d'homme, c'est essuyer soi-même ses larmes les jours de grande fatigue, c'est faire les courses autant que la vidange de la voiture, rassurer des enfants en répondant au courrier administratif, c'est se faire des compliments en se regardant dans le miroir avec cette nouvelle coupe de cheveux.
Bien sûr que j'aimais bien quand c'était mon chéri qui me félicitait sur ces cheveux courts qui donnent 10 ans de moins, mais il n'empêche que je sortais de chez le coiffeur en me disant "j'espère qu'il remarquera" alors que maintenant je me regarde dans les vitrines qui jouxtent celle du coiffeur et je me souris en me disant que j'ai drôlement bien fait, mais qu'aucun homme ne me dira si c'est bien ou pas.
Vraiment vivre seule ça ne s'apprend pas en 2 jours, mais quand on maîtrise un peu plus, n'est ce pas trop difficile de revenir en arrière ? N'est-on pas devenus trop fermés ? Je me questionne beaucoup à ce sujet en ce moment, parce que je sens que l'habitude d'être seule s'est bien ancrée dans ma vie. Parce que la vie va de mieux en mieux, que les années noires sont sans doute enfin derrière moi. Alors si je regarde derrière justement, ça me colle un vertige monstrueux mais je vois surtout une chose, je vois une nana seule sur ces chemins tellement boueux, elle tangue, elle vacille, avec juste deux petits bonshommes qui pendent au bout de ses bras fatigués.
Alors oui, forcément, depuis quelques semaines, un vrai retour à une vraie vie normale, dans un vrai chez moi, ça me donne des ailes, et souvent,  on me dit que la seule chose qui manque à ce joli petit cadre tout neuf, c'est un amoureux.
Si je me pose et que je réfléchis, je me demande si je saurais donner à un seul tout cet amour que j'ai stocké depuis si longtemps.

Doisneau02

Moi je crois que j'ai toujours aimé les hommes qui ne voulaient pas de moi. Ou alors qui auraient bien aimé, mais dans une autre vie, celle d'avant ou celle d'après, sauf que moi, c'est celle-là de vie que je veux vivre.

Est ce pour cette raison que depuis quelque temps déjà je ne vis plus l'amour palpable au quotidien, l'amour qui pourrait être une vraie histoire ?

ENVIE

Ou bien est ce par crainte de l'abandon qui se produit toujours, que je m'accroche jusqu'à sentir naître d'éventuels sentiments ?

Je ne sais pas mais en lisant chez Olivier ce soir, le commentaire d'un de ses lecteurs, Manu, j'ai pris une claque en pleine face, en lisant ces mots :

"Est-ce qu'au fond, dans l'admiration de l'autre, on ne rejette pas une partie de nous-même qu'on a du mal à assumer ? Est-ce que la passion, l'emportement, la souffrance, n'est pas une maladie du moi qui s'oppose au véritable amour, lumineux et serein ? C'est ce que je me dis parfois, quand je rêve de tomber amoureux pour déranger ma vie."

J'adore, j'adore, cette vision des choses, rêver de tomber amoureux pour déranger sa vie, après avoir tant tenté de la ranger justement, de l'organiser, de la faire tenir debout. La déranger ? Ha oui alors ! Voilà bien un concept qui me plait !

Et voilà, ce qui fait que depuis trois ans, malgré les vents et les sales tempêtes, je suis toujours là, pour ces petites perles qu'on découvre de blog en blog, pour ces lectures qui font du bien, qui font avancer, pour ces invisibles qui ne savent pas à quel point ils peuvent sauver des vies en déroute.

Voilà pourquoi je ne me séparerais sans doute jamais de mon muret, même si je lui suis moins fidèle depuis quelque temps, il sait que je reviens, toujours !

En lisant un truc sur René Char, je suis tombée sur cet aphorisme :

"Dans la boucle de l'hirondelle un orage s'informe, un jardin se construit" Quelle belle image !

Et une musique que j'écoute bien en ce moment, c'est on the cool, c'est DJ Shadow et c'est 9 minutes !

Bon week end, moi je file au pays du chocolat !

 

Posté par feekabossee à 07:58 - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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