Mais où se posaient les hirondelles avant l'invention du téléphone?

petites histoires en vol .....

30 août 2009

Cherche aventure sans ver pour passer l'hiver.

Tiens j'ai reçu le nouveau catalogue Ikea ; Billy se porte toujours bien. Tant mieux pour Billy.
Et puis j'ai lu ce matin que nos amis les bêtes avaient obtenu les noms de certains vilains petits canards, tant mieux pour eux, tant pis pour les autres.
J'ai pas envie de savoir.
Pas envie de savoir comment va le monde.

Une nouvelle année scolaire démarre ? Oui encore une, et puis quoi ? L'avenir semble-t-il plus intelligent et plus sûr en étudiant ?
Des projets de boulot ? Oui à en faire craquer les poches. Et puis quoi ?

Je ne sais pas.

Comme une sensation qu'un temps s'est arrêté là, avec les derniers rayons de chaleur.
Bientôt 2 ans qu'elle est partie et nous à ses côtés, tous serrés, on s'est promis, la vie.

Et puis quoi ? Plus rien.

J'ai plus rien à dire là-dessus, je crois.

Plus rien à dire de ce que je suis au fond, de comment marchent mes tripes, trop dit peut être, ou alors je ne sais plus dire.
Mais non, j'ai pas envie de savoir comment va le monde.

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Juste envie de garder, re-garder encore le bleu et le rose à la façon du nain qui se transforme en photographe.

J'ai eu la chance de passer encore une semaine avec ma copine dont le cœur bat du même côté que le mien, du côté de la case vide. On se disait que ça devenait terrible, mais qu'à force d'avoir eu mal, on devenait comme, presque bien installées dans nos solitudes. L'amour manque, c'est un euphémisme, mais on a fini par trouver des pièces confortables au pays du vide et on a le salon papotage souvent bien aéré.
Il y a toujours les gens heureux autour de nous pour nous rappeler que ça existe, mais il y a aussi quantité de gens malheureux qui s'accrochent toujours à cette idée de trouver l'autre et qui souffrent.
Nous, c'est comme si on avait cessé de chercher.

Forcément on nous dira que c'est quand on ne cherche plus qu'on trouve. C'est rigolo quand même comme théorème, non ?! Moi si je ne cherche pas mes lunettes, je suis sûre de ne pas les trouver.

Alors, quand enfin je les ai trouvées, je me jette corps et corps (ben oui, tout ça) dans le dernier livre d'un de mes auteurs fétiches, Cyzia Zÿké, "Oro & Co" (mais il fera peut être un 2nd tome, allé Cyzia, pour le plaisir !)
L'aventurier de mon cœur. Zÿké c'est un dingue, un vrai personnage de BD qui vit dans la vraie vie. Un chercheur d'or, un contrebandier, un jongleur de lois, un amoureux des femmes. Zÿké c'est lui :

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Il vit depuis ses 20 ans, à coup d'aventures, mais pas de l'aventure au GPS de compét' hein, non, de l'aventure en pirogue au ver macaque qui pique, plutôt. C'est bizarre mais quand j'avais lu Oro, Sahara et Parodie, je ne pensais pas qu'un jour ce gars cesserait d'écrire. Et puis je suis tombée complètement raide dingue de "Buffet campagnard" (bon courage pour le trouver en librairie parce qu'on trouve encore ses œuvres autobio, mais pour ses romans, c'est le parcours du combattant, faut l'aimer ou le quitter !) Du coup, ce type est devenu un auteur que j'ai cherché désespérément dans les rayons libraires depuis 20 ans. Et quand je cesse de le chercher, paf il sort un dernier livre, celui qui va boucler son aventure éditoriale comme il dit.

Alors tu vois bien que quand on cesse de chercher, on trouve ...

Oui mais là c'est exceptionnel, c'est Zÿké, bordel !

Bref, dans ce dernier livre, il raconte un peu comment il s'est mis à écrire et il raconte beaucoup l'organisation de son dernier grand projet, la ville de ses rêves, le lieu de tous les plaisirs, celui où les chercheurs d'or pourront claquer leur fric ... Avec pour emblème une statue de lui, majeur pointé vers le ciel, joint aux lèvres et chevauchant un âne à l'organe démesuré (un âne, quoi) parce que Zÿké dit que :

" ... mon étude des femmes, entreprise dés mon plus jeune âge, m'a amené à comprendre que le sexe du mâle était à leurs yeux le plus bel objet existant au monde et que mon bourricot est une sorte d'hommage à leur bon goût." Voilà, voilà.

J'ai senti la moiteur de la Guyane, grincé des dents avec le ver macaque qui gravite sous la peau, eu la nausée à la description de la vie des clandestins de la fôret. Et puis eu mal au ventre en lisant les aventures de notre Président de la République (qui offre un moteur à un gars pour le récompenser de son gros score aux municipales, sauf que le gars après, "il se fait quelques kilos d'or en louant le moteur présidentiel "aux clandés et n'écopera que de quelques mois de sursis et d'une amende) . Puis j'ai serré les fesses la nuit sur la pirogue, navigué entre garimpeiros et orpailleurs, dormi dans des carbets, bouffé des fayots, bu de la bière et fumé des joints en pagaille !

Alors oui il a ses détracteurs, mais moi je dois faire partie des sans-cervelle qui ne pigent rien à la vie et qui s'évadent encore en le lisant, mais j'aime autant Zÿké que Robinson Crusoé et je l'assume. Lire c'est, si possible dans une langue maîtrisée, riche et pas prise de tête, mais ça peut aussi être une forme orale ou argotique de littérature, comme j'ai aimé Pierric Bailly avec Polichinelle pour son rap'and'roll slamé par exemple. C'est peut être aussi le pendant d'un monde qui ne fait que promettre du vent non ? J'aime bien l'authenticité de ce mec là et j'aime bien les mauvais garçons qui semblent inaccessibles. C'était vraiment muito bom, même si ce n'est pas dans les palmarès des ventes de l'été.

Je suis sortie épuisée de cette aventure, mais épuisée parce qu'une fois dedans, je ne pouvais plus partir, fallait finir ! 48h à m'essouffler avec lui !

Et comment je dois aborder le quotidien maintenant que je suis rentrée hein ? Et surtout, comment je peux vivre avec l'idée que je ne lirai plus jamais de nouveau livre de Zÿké ???

C'est peut être bien pour ça le blues, en fait.

Alors je vais plonger ma tête et mon cœur dans l'aventure fantastique d'Estelle Nollet que les sites pros nous comparent déjà à du MacCarthy au féminin. Ma Tortue qui l'a lu en avant-première, n'entendait même plus quand je faisais couler le vin dans son verre tant elle était plongée dans sa lecture, c'est dire ! Alors je retourne dans le désert, plonger dans les textes hallucinants de la petite, qui officiait et pour ceux qui ne la connaissent pas encore.

J'ai comme un vent d'aventure qui me souffle dans la nuque là, serait-ce un signe ? Un signe que je dois passer à l'aventure donc !
Oui mais non, j'ai trop peur du ver macaque moi maintenant !

Et puis du son tiens, avec ces gens là, m'sieudames ! Karimouche pour vous servir et si d'aucuns veulent l'écouter avec moi, le même soir que Amazigh, le chanteur des Gnawa, ce sera le 16 octobre à Grenoble pour le Rocktambulle, et j'ouvre volontiers la porte de la maison, aux bons entendeurs ...

Et là tout de suite, celle qui me fait chavirer, va savoir pourquoi. Peut être juste parce que c'est beau, tout simplement.

 

                                    

Posté par feekabossee à 23:50 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 août 2009

Oz sans le magicien.

Des notes de piano fugaces m'envolent vers lui, vers le si lointain lui ...
Cette caresse musicale pour nous rapprocher un peu, je l'aime.
Comme j'ai aimé en une seule seconde le regard qu'il a posé sur moi. Je n'oublie jamais les premiers regards échangés, jamais.

Lent et douloureux automne de la vie qui arrivera bien assez tôt, je me souviendrai toujours, de ces feuilles mortes que nous n'avons pas ramassé à la pelle parce que nous avions à nous serrer fort dans les bras.
Histoire sans nom, mots-envies glissés derrière les paupières, caresse lointaine et soufflée comme un petit nuage glissant, surfant le ciel.

J'aimerais qu'un jour il m'emmène écouter les Gnossiennes dans des arènes ventées qui n'existeraient que pour l'occasion, laisser tomber ma tête aux yeux fermés sur son épaule d'homme sûr. Sentir la douceur de ses doigts quand ils se croisent sur les miens. Imaginer la chaleur de son corps après, au retour, quand dénudé, il frôlera mon ventre comme la première fois, tremblante et bouillante. Enlacer ses baisers avec ma langue pour envelopper la sienne. Et laisser aller mon sexe chaud contre le sien, grandit de désir...

Mince, alors, je me suis trompée d'introduction. C'était le début d'un vieux papier, mais je trouve que c'était joli, alors tant pis je ne recommence pas.

Vous vous souvenez sans doute, ces moments d'égarements que j'avais souvent par le passé (Je ne sais pas où est ma place sur la photo, pas de place parmi les autres, etc, etc ...) Et vous vous souvenez sans doute comment je les égarais au plus vite.

Sur ma moto.

Alors, quand j'ai senti monter le satané vent "gorge nouée" sur mes hauteurs, j'ai un peu larmoyé, et puis, je me suis dit que non, non je ne peux plus revivre encore et encore les mêmes questions. Cette "posture personnelle" qui me fait parfois imaginer que je suis un truc qui ne sert à rien sur cette terre, je ne veux pas la cultiver. Elle se fend d'une visite furtive par moment, bien moins que par le passé, mais elle tente toujours une intrusion, la garce.
Alors ce matin, armée de mon sourire endimanché et d'une envie de bouffer de la vie, c'est avec mon fidèle destrier que je suis (re)partie à ma rencontre. Deux tranches de pain grillé dans le sac à dos, une bouteille d'eau, l'appareil à photos, celui à musique, et en sortant la moto de chez moi, j'ai fait plouf-plouf, droite ou gauche ?
Je suis partie par la gauche, puisque de toutes façons, d'ici, toutes les routes mènent à une montagne, j'ai aujourd'hui emprunté celle de l'Oisans, direction l'altitude pour un peu de fraîcheur, et aussi pour voir les choses d'en haut. Ça repositionne toujours de regarder ce qui se passe autour en baissant les yeux, je trouve.
On passe notre temps à regarder vers le haut. A la danse on nous dit de lever le menton et de regarder haut. Dans la vie on nous dit de voir loin, d'avoir des ambitions. Dans le quotidien, pour affronter tous les coups bas, la seule issue c'est le regard haut, toujours redresser la tête. En moto, pour tenir l'équilibre, pas de secret, le regard doit porter loin, loin devant.
J'avais envie de courber le dos doucement, juste une journée, baisser les yeux, les reposer, ne plus penser à ce truc qui ne sert à rien. Mais bien pour m'enrichir de ce que je verrai en bas, tout en bas, alors je suis montée, sans savoir où j'allais, là-haut ...

D'abord traverser cette sinistre vallée de la romanche où chaque fois, devant cette maison glauque, je me repasse des scènes du film de Kassovitz, "les rivières pourpres". Vallée, austère et grise, qui ne provoque chez moi  qu'une envie, la traverser vite.

Et je suis arrivée là, avec un sourire, en me disant que ce serait vraiment bienvenu de croiser le magicien ...

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De ce tout petit coin de nature, joli et calme, j'ai parcouru l'échine de la montagne qui menait encore plus haut, un village nommé Villars Reculas. Alors comme j'aime bien les signes, je me suis dit que je devais continuer, histoire de na pas reculer, encore une fois. Et au détour d'une micro route, pas de celles où tu roules à 200 c'est clair, une de celles qui inspirent l'humilité au contraire, j'ai trouvé un banc, tout seul, comme ça, alors j'ai décidé de me poser un moment.

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On peut noter que je me gare maintenant, en côte et en terrain gravillonneux !

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voilà maintenant on peut plonger le regard, courber le dos, enfin, et respirer, avec le ventre, loin dedans, on est tout petit là au milieu ...

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Se dire que oui, on est parfois un truc qui sert à quelque chose, il sert à ressentir, et à essayer de transmettre ...

Bon, comme les nuages commençaient sérieusement à se transformer en vent de pluie, je me suis dit que me retrouver coincée dans la montagne avec l'orage, bof.

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jamais bien bon sur la montagne ce paquet de coton accroché là ! Mais pour une fois, je ne ramasserai pas les sacs d'eau, ils sont tombés quand la moto a été rangée.

Alors j'ai repris ma route, toute petite route, j'ai croisé quelques cyclistes, et deux randonneurs, mais le calme était de mise, jusqu'à ...

Jusqu'à ce que j'arrive dans un tout petit hameau, Huez. A la sortie de ce village si tu files à gauche tu montes à l'Alpe d'Huez, si tu repars à droite, tu rejoints Bourg d'Oisans. J'ai eu envie de revoir cet endroit où j'étais tant allée skier, plus jeune, mais que je n'avais pas revu depuis au moins 10 ans. Alors feu pour l'Alpe.

Feu, c'est vraiment ça !

Incroyable transition entre mes vertes prairies alpestres et ce col à crever si t'es en biclou. Serieusement ils sont fous les deux roues sans moteur de grimper ce col, ou alors ils se droguent, mais franchement, sans moteur, tu peines !

Bref, j'ai doublé plein, plein de biclous, mais j'ai commencé à me faire doubler aussi par des allumés en deux roues à moteur. Deux fois de suite des gars m'ont fait l'intérieur en posant le pied par terre (t'imagine ça dame de K ???) ... Là je me suis dit, tiens des kékés qui se prennent pour des supermotards, puis des bolides du genre R1, CBR, GEX. Des avions de chasse, donc. Et moi toujours dans mon trip je me (re)trouve, (re)centre, je roule tranquille, j'observe, je salue, j'arrête pas de saluer, j'en ai des crampes dans le poignet de saluer. Mais que font ils tous ici ? Concentration ? Course ?

Haaaaa ! Mais c'est quoi ce zouave couché au milieu de la route ?

*clic*

Ho, je viens de me faire prendre en photo !

Bon je continue, j'arrive à l'Alpe, le ciel est de plus en plus noir, et je commence à avoir mal aux fesses, à mes tendinites, au poignet, bref, je commence à être une vieille toute pourrie, alors hop, demi-tour, je rentre avant la pluie.

*clic*

Et encore une photo, mais là cette fois je m'arrête vers le gars en lui demandant pourquoi il me prend en photo, serait-il déjà amoureux ?

Ha ha ha, on rigole, mais non en fait et c'est ballot. Lui, il prend tout le monde en photo, et après tu vas acheter sur le net. Un peu comme les enfants à la plage avec le château-trou de sable qui sont pris en photo 50 fois par jour, sauf que là c'est dans des virages sur la route où on roule ! Et il prend tout le monde en photo, parce que ce n'est rien moins que le championnat de France Supermotard que je viens de louper, voilà, voilà ...

Alors comme finalement on n'est pas là pour pleurer, que je me sens généreuse avec vous, qu'en plus il n'y a pas foule en ce moment sur les ondes, que bientôt je serai en vacances, je fais cadeau des *clic*, mais je vous laisse me trouver, je ne vous dis rien ...

Sauf que, je n'ai pas de passager, ma moto à moi elle a 2 roues et pas 4, je ne pose pas le genou par terre parce que je n'ai pas envie de trouer mes jean's neufs, je ne me prends pas pour Chips, ni pour Johnny, c'est la page 19, et j'apparais 2 fois, une fois je monte, une fois je descend (et si j'ai deux doigts sur la poignée de frein, ce n'est pas que je suis lâche, c'est que je m'arrête vers le beau photographe, je préviens avant que des mauvaises langues viennent me dire un truc désobligent) ... Voilà, enjoy !

(Et je découvre ce matin, qu'il y en a d'autres, page 6, m'a shooté 3 fois le gars, je suis sûre qu'il était amoureux de ma chiotte en vrai, ha !)

ma_vie_sur_la_plan_te_terre

Et le fond sonore de ces derniers jours, je vous l'offre aussi, c'est Satie et ses gnossiennes.

Posté par feekabossee à 23:44 - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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