Quand j'ai annoncé que peut être maman allait devoir s'absenter quelque temps pour enlever encore des merdouilles dans son corps mais que pour le moment on ne savait pas, que peut être pas, peut être oui, bref ... le plus petit a répondu que :
"zut alors, comment on va faire pour aller à l'école si t'es à l'hôpital, papa ne pourra pas nous emmener, il travaille."

[...]

J'ai eu un blanc, comme un coup de poing dans le ventre, puis du venin est sorti de ma bouche pour ponctuer son innocente réplique d'un pauvre " ..., LUI ! Il travaille, LUI ! "
Il n'a pas compris l'impact de sa réflexion, alors je lui ai expliqué, mais je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je lui ai expliqué que cela fait 6 ans que nous sommes séparés, que les rares fois où j'ai du lui demander d'intervenir en dehors du satané week end sur deux et hors de la moitié des vacances scolaires, soit ce sont ses parents qui ont bien joué leur rôle de grand-parents soit on s'est pris comme réponse :
"je ne peux pas, je travaille, moi."

Forcément quand on me connait un peu, on s'imagine bien que je rétorque facilement :
" évidement, moi je branle le singe, c'est bien connu"
Du coup, j'ai pris l'habitude de nous débrouiller toute seule.
Mais là, je me demande si c'est aussi un effet marketing sur la soi-disant déprime hivernale qu'on nous pousse tous à acheter, ou un effet du vieillissement de ma planète rêve et espoirs à moi, ou une vraie dégringolée de mes bras de maman , ou un décrochage du bulbe pour passer de mou à insignifiant.
Je ne sais pas, mais il y a 10 jours,  le mec au stéthoscope il a dit que l'hypotension n'engendrait pas le surmenage mais que le surmenage avait déclenché l'hypotension. Ha.

Nous y voilà, donc !

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Encore un terme à la mode après "déprime hivernale". Et si on parlait plutôt du poids de la solitude, de la société qui ne pousse pas les êtres à se rapprocher, du manque d'amour autant que du manque de lumière, du coût de la vie qui nous pousse à nous fermer dans nos chez nous, des salaires qui prennent 5 euros par an quand les loyers en prennent 30 ou 50, des pensions alimentaires qui ne suivent pas les besoins croissants des enfants (et ça, cherche pas à m'expliquer je ne comprends toujours pas comment personne ne remarque qu'entre 7et 14 ans le môme n'a pas les mêmes pieds/jambes/poils au menton/frais scolaires, sportifs, etc ...), de la douleur de vivre, parfois plus forte que de raison, mais pas à cause de l'hiver froid ou d'un abruti de politicien qui va nous expliquer comment se serrer la ceinture  quand il ne sait même pas combien coûte un livre de maths en 4è, mais juste à cause de ces situations inextricables et infernales qui ne nous laissent pas le temps d'envisager une autre forme de vie, une autre vie pour la moitié qui reste à faire ... Mais pourquoi parler de déprime quand est juste désabusé, écœuré, fatigué ?
Moi, je n'ai pas envie de faire partie de ces gens qui font dire aux stats qu'on vit plus vieux aujourd'hui, parce que si c'est vivre plus vieux à ce prix là, ça ne m'intéresse pas, vivre plus vieux, plus seul, plus misérable, plus loin de tous, plus usé et cancéreux que jamais ? Non merci.

Alors mon ordonnance ?
-Gérer le quotidien autrement pour se dégager du repos.
-Se faire aider.
-Impliquez votre ex-mari.
Ha oui, et aussi des trucs à base de magnésium, de fer et autres vitamines et surtout une mini pastille pour faire remonter la tension trop basse.

Alors oui, pour les trois premiers, j'ai bien rigolé (non parce que va pas croire que j'ai la déprime hein, j'ai juste plus de tension, nuance) parce que forcément, ça s'achète pas en pharmacie et puis même si c'était le cas, j'ai déjà la moitié de mon ordonnance pas remboursée, alors on va limiter encore un peu les frais hein. Donc pour les 3 premiers, j'ai rigolé et il m'a dit "oui bon d'accord, essayez de faire au mieux pour ralentir la cadence, cessez le sport pour l'instant (remarque vu les vertiges j'avais arrêté d'office cette semaine) et R-E-P-O-S-E-Z  vous !

Heureusement les nains sont des amours comme toujours, le petit commence à suivre les traces du grand frère et à faire des trucs sans qu'on lui demande, comme ranger la vaisselle, ou sortir la poubelle. Bon pour le moment sa vue n'est encore pas complètement développée, à 10 ans il ne voit pas toujours le bordel au pied de son lit, ni le linge qui s'étire sous ses yeux suppliant : "pliez moi, pliez moi, je suis sec !!!" mais ça va venir, je pense.

Et ça c'est le shoot du week end dans la boîte à musique magique du cousin chéri. Chuuuut, ferme les yeux, écoute et verse des larmes avec moi ...

je ne m'en lasse pas ... je voudrais juste que ça coule dans mes veines, en perf'

Allez hop, ho les cœurs, ça va aller, ça va aller, ça va aller, bientôt la retraite ! (ho ça va, j'rigole)

Remarque, comme dirait un mec que j'aime bien "ça aurait pu être pire, il aurait pu pleuvoir."