C'est doux, si doux sur ma peau tout ça.

Chaque fois que je vois ce regard qui me sourit et je n'ai plus aucune histoire. Ni passé, ni avenir, juste de l'intant tané, tainted love.

Les kilomètres de réflexion parcourus dans l'existence doivent un jour servir aussi à ça, ne plus penser à rien et juste regarder l'intant présent sans plus tenir compte d'aucune leçon, d'aucun apprentissage douloureux. Déconstruire scrupuleusement tout le haut du château de théorie qu'on a mis presque une demie vie à élaborer. On est à nouveau vierge de tout. On n'a peur de rien. On découvre la vie.

Cette sensation de n'avoir jamais rien appris, dure un instant, comme cet instant vide où l'on ne comprend pas le tour de magie qu'on s'était pourtant promis de suivre, très attentif, sans baisser un seul cil.

Un instant de magie qui fait de nous un être humble au cerveau preque mou, mais rassuré et confiant, sûr de la minute qui va suivre.

Celle où des lèvres chaudes et généreuses viennent écraser la bouche désireuse ...

Eternité quand tu nous tient...

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                                                un thé à la mosquée, sous les figuiers.

Je voudrais parfois mourir dans cette minute charnue. Juste pour le plaisir de conserver l'instant aussi simple et pur. Comme une Juliette des temps modernes. Oui je suis une indéniable romantique, n'en déplaise à Mme de K.

J'aime le croisement de nos bouches chaudes et humides, si tu savais... Tu sais. Evidement que tu sais.

J'aime autant les instants où tu me parles en me racontant des histoires qui me font rire que ceux où tu me regardes droit dans les yeux tandis que nos corps s'emmêlent pour le meilleur et sans le pire ...

Mon corps décalcomanié par les traces de chacune de tes respirations suffoque encore. Je sais où situer chacune de tes caresses dans mon album-souvenir. Elles sont là et là aussi, bien tatouées. Tu es la sensualité faite homme, c'en est presque indécent.

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Gardons encore au fond de nous, cette image de l'échange comme on garderait dans un coin de la mémoire, des notes de piano à rejouer quand les doigts se tordent d'envie, qu'on sait toujours jouer instinctivement, en fermant les yeux, ou pas.

Te souviens-tu la toute première fois ? On tremblait de peur, d'envie, de désir, de trac, d'émotion. Chaque fois que je m'approche de toi, c'est comme une première fois,  j'ai ce même trac qui me serre le ventre. Je me demande parfois si je n'aime pas autant cette sensation que toutes celles qui suivront. Je veux encore ressentir ces émotions qui tiennent en-vie. C'est comme si on écrivait un début d'histoire à chaque fois. Moi qui dit toujours que je n'aime que les débuts d'histoires, ceux d'avant les larmes, je suis comblée. Fais moi encore des débuts d'histoires sans date d'aller, ni date retour, sans queue ni tête, tout feu, sans flamme mais jusqu'à ce que la mort nous sépare...

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                                                     "Imparfaite, libre et heureuse"

J'ai dit à mon acolyte de balade manifestante que je voulais afficher ce maillot sur mon torse, comme pour m'en convaincre et puis finalement comme une belle endormie que je suis, je n'ai même pas eu le réflexe de l'acheter ... Imparfaite, libre et heureuse, on a dit.

Roméo et Juliette avec l'ami mélomane a été comme une bouffée d'air malgré des paupières un peu lourdes d'une nuit tellement légère et aérienne. J'aime bien le regard qu'il a porté sur cette existence qui ressemble finalement pas mal à la sienne, en plus fille, et en peut être moins docile.

De ces drôles de destins où seul compte l'amour, donné, reçu et même partagé parfois, le temps d'une petite vie de fin de semaine.

 

Les rues pavées et les rouleaux de moquette en bas des trottoirs n'ont plus de secret pour moi, ni les cornets de glace à la figue ou au caramel, sans parler du brunch et d'un pain perdu tout endimanché. Les couleurs chatoyantes des danseurs, la sieste sur un banc public, les ponts de la ville, les averses rigolotes, les belles boîtes aux couleurs des costumes, son regard lointain d'amoureux devant le beau violoncelle qui trônait là au centre de la toute petite chambre, ses mots à l'accent suave et ses éclats de rire, ses mots qui font du chaud, les miens qui tentent d'apaiser un peu, nos existences mélangées le temps de quarante-huit heures riches et vives, qu'on voudrait plus souvent partager.

Encore une histoire de regards croisés comme je les aime tant.

Quand je serai grande, je serai opticienne des amoureux déchus, pour leur rendre les regards troublants qu'ils auront perdus en route. Je veux voir encore et toujours des regards comme ceux que j'ai croisés tout le week end dernier.

Tu sais quoi Oh mon Oh ? J'ai trouvé notre Le Vau du quai d'Anjou, c'était pas n'importe qui en vrai, c'est pour ça qu'il se la jouait un peu, le gars qui nous a fait nous étouffer avec son "pfffiou, même pas transcendant pour un Le Vau". On lui doit tout de même quelques petites pépites d'architecture au présumé Le Vau !

Paris je t'aime et vous aussi, hommes de ma vie !

Et Lui aussi.