Mais où se posaient les hirondelles avant l'invention du téléphone?

petites histoires en vol .....

13 mai 2008

C'est l'heure !

Il était une fois ....
Oui ?

Non ?

Je vous raconte?
Oui j'ai envie de vous conter une histoire merveilleuse. Et dans merveilleuse, il y a merveilleux, alors pour rendre hommage à celle qui m'a fait Bang dans le cœur avec sa jolie lettre, on va faire un saut chez Wikipédia, d'accord ? Comme je n'ai pas le courage de vous faire un résumé, vous cliquez , tout y est, les fées, les anges, les démons, l'épopée, et l'approche un peu psychanalytique du conte que je vous épargnerai ici.

Donc, il était une fois, une fille qui parlait souvent de ses rêves, New York, Paris, la moto, les hortensias bleus la vie jolie ... Mais elle en était tellement dingue de ses petites histoires en vol que des âmes bienveillantes mettaient sur son chemin plein de petits cailloux, pour qu'elle se retrouve toujours, au milieu des gros pavés déposés par les esprits malveillants. Et grâce à ces petits cailloux, elle retrouvait toujours sa route. De New York elle est rentrée chargée d'énergie salutaire, de Paris elle est revenue remplie de  joie de vivre, mais elle était tellement emplie de toutes ces belles images qu'elle n'a pas pris garde à vérifier que les petits cailloux parsemaient toujours son chemin, et tout à coup, elle ne voit plus rien que des gros rochers disgracieux, froids et lourds à déplacer.

C'est difficile quand on est une fille, de retrouver sa route. Si, si, tu sais bien, les filles et le sens de l'orientation, parfois c'est coton !
Et puis un matin, elle se réveille dans les bras de deux nains joyeux, qui se sont souvenus que le 9 mai 1968, ça chauffait sur les barrières, et que les pavés c'est fait pour être jetés par-delà nos barrières. Alors ils crient eux aussi, mais des mots d'un autre registre , qui lui font du bien dans ses oreilles pas encore bien réceptives. Ils crieront encore un peu en voyant trôner sur la table du salon, les magnifiques hortensias bleus qui font rêver maman.
Comme un chemin de petits cailloux qui se dessine à nouveau, elle se sent bien, elle se sent mieux.

Et elle découvre dans une enveloppe des Zinzins, la lettre d'un ange gardien, qui d'abord la fait hurler de rire, et finit par lui couper le souffle, pour enfin la faire pleurer. Sous la plume de son Fafou, c'est tout son clan qui l'envoie dans le rêve une fois de plus, en rangeant soigneusement sur le bas côté les petits cailloux qui risqueraient de la faire glisser. C'est un rêve lointain et coriace qui va voir le jour bientôt, très bientôt sur un ruban tout noir, sous une visière de trac mélangée d'envie puissante, sur une vraie moto ( oui Kundun, l'heure est arrivée, les garçons me font enfourcher la belle et je promets d'avoir une pensée vers toi aussi ), dans une vraie combinaison rouge et noire, pleine de coquilles, avec des vrais humains qui ont le muscle vital démesurément développé. Comme je suis heureuse, si vous saviez ( tellement heureuse que Elle est devenue Je, tiens ! bon on s'en fout, Elle/Je est heureuse, et c'est ça qui compte.)

fille_circuit_NB

Et c'est pas joli ça hein ? Ouais non, c'est pas moi mais bon quand même !

Mes loulous me font l'honneur de m'emmener faire mes premiers tours de piste sur le circuit de mon choix, je ne pouvais rêver être mieux entourée. Mon Fab comme instructeur, mon Taz comme prêteur de moto, ma blonde et ma brune comme umbrellas girls porteuses de clopes et de bouteilles d'eau.

Alors pour finir, 40 ans, ça a quand même un petit côté merveilleux ! J'ai la tête dans les nuages et j'y suis bien. J'ai de la chance d'être entourée comme je le suis dans ma petite vie, comme sur ce muret, j'ai vraiment de la chance parce que si on ne choisit pas sa famille, on choisit ses amis, et là, on a une vraie ressemblance! On est tout le temps à l'affût d'un sourire, d'un petit remontage de pente, d'une fenêtre de soleil qu'on peut ouvrir pour les uns ou les autres, et là je dois dire que je sens bien l'énergie revenir !

Des mercis d'humilité transpirent sous ce clavier, c'est peut être une manière détournée de vous faire une promesse, celle d'allez mieux, toujours mieux, je crois que je vous le dois bien.

free music

Et des pensées douces à vous tous qui m'avez si gentiment adressé des lettres manuscrites et remplies de trésors , des mails, des messages textotés, des mots parlophonés, et des attentions bloguesques. Des pensées douces aussi à celle qui m'a adressé un sublime message via le parlophone de mon Fafou. Des mercis au sourire, mes hirondelles, et des bisous excités ( rien de salace, juste l'odeur de la gomme brûlée qui chatouille déjà mes naseaux 15 jours avant, c'est bien ça Loulou ? 15 jours avant hein ? J'ai bien compris ?!!! Ha mais oui, 15 jours ...waouuu j'en rêve déjà la nuit au point que dans mon dernier sommeil j'ai failli tomber du lit tellement je penchais, j'étais complètement en sueur, un truc de dingue ! Putain 15 jours quand même, ça être vite là, la la la hi ouuuuuu...)

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02 mai 2008

Le muret a la parole.

Walkman vissé sur les oreilles, je pédale dans le sous-bois qui longe le torrent encore boueux, la fonte des neiges a démarré son étonnante salissure il y a peu. Je pédale à en perdre haleine, et  je rêve qu'il me demande en mariage, qu'il me demande un petit bout de nous que je chérirais de toute ma passion ...

Je marche dans les rues de cette nouvelle ville que je ne connais pas, cet anonymat que je transpire par tous les pores de ma peau frisson me va bien .

Je fuis, je fuis sa fuite, je traque, je prend, on me prend, je construis des envies, j'envie, je vis, et enfin, je revis.
J'ai vingt ans et toute la vie devant moi.

Je ne rêve plus d'enfants qui courent dans la maison, mais de voyages au long cours, d'espaces immenses qui m'aspirent, de désert,  de rencontres improbables, de nouvel amour, plus vrai, moins fort, moins passionnel. Je rêve d'une librairie atypique, un peu bistrot, un peu dépôt-vente, un peu capharnaüm, où les causeries qui accompagnent la tombée de la nuit s'habillent de tous les mots des autres, de tous ces mots qui ne sont pas les miens.
Je rêve dans le ciel, ces petites ailes au loin qui me rappellent les hirondelles de mes 10 ans, et je me jette du haut de cette montagne pour sentir cette sensation du vol, haut, très haut, le village est minuscule en dessous, on est bien en haut à voler son rêve d'hirondelle ... j'ai 20 ans et je vole.
Je m'accroche de toutes mes ailes à l'énergie de mes 20 ans, parce que je sais qu'un jour ce temps aura doublé. Un jour j'aurai 40 ans, un mari doux et tendre, des enfants de l'amour qui me diront que je suis la plus merveilleuse des mamans, un petite maison douillette,  perchée sur une falaise et entourée d'hortensias bleus, ou alors enfouie dans les bois.  Que j'aurai pardonné à mes parents,  et que je serai une femme épanouie et heureuse dans mes deux fois vingt ans...

Ce matin au réveil, mon grand me dit " Comment tu fais pour être si belle, m'man ?"
" J'aime comme tu me mens, mais ne le fais quand même pas trop souvent. "
" C'est vrai m'man, je trouve que t'es belle pour une maman de ton âge... A quoi tu penses ?" Assis sur le bord de mon lit, il me tend une tasse de café fumant.
Je prends sa main doucement, et réalise qu'il y a longtemps qu'on ne s'est pas tenus par la main tous les deux, empêchés par la pudeur de ses presque 11 ans.
"Je pense à mes 20 ans, chéri, à ce jour où j'ai rêvé qu'un matin, un enfant, mon enfant me dirait ces mots-là."
"Tu sais, t'as pas encore quarante ans ...

Oui je sais, mais bientôt la pendule sonnera ce milieu de vie que j'avais rêvé si différent.
J'ai rêvé d'un mari, j'ai eu un mari.
J'ai rêvé d'une belle robe blanche, j'ai eu une belle robe blanche qui a fait briller ma peau nacrée quelques heures durant.
J'ai rêvé d'une maison, j'ai eu un hôtel.
J'ai rêvé de trois petits garçons, j'en ai eu deux infalsifiables.
J'ai rêvé de pardonner à mes parents, j'ai pardonné beaucoup mais pas assez pour en être libérée, et je n'ai pas acquis leur amour.
J'ai rêvé de voler encore, et j'ai plongé souvent, mais comme la plongée, ce n'est pas mon truc, je suis toujours remontée respirer l'air pur.
J'ai rêvé voir le monde, j'ai vu New York, New York USA !
J'ai rêvé m'allonger sur une moto sportive, je dévore le bitume sur une plus facile.
J'ai rêvé d'écrire un livre, j'ai un blog.
J'ai rêvé de rire tout le temps, et je pleure autant que je ris.

Je me suis dit ce matin, que l'heure était venue de faire de nouveaux rêves pour les 20 prochaines années, histoire de passer ce cap du mieux possible. Et même si les 20 dernières m'ont appris que les rêves ne servent qu'à avancer et pas forcément à être réalisés, ils ont au moins le mérite d'avoir construit ces envies qui font de moi ce que je suis. Un bout de femme à ressort, qui fait des plongeons et revient de toutes ses forces sur le bord de la berge, par ce que rester dans l'eau trop longtemps ça ramollit la peau !

attente

Alors comment je rêve mes 60 ans ?
Et bien, dans une petite maison accrochée à une falaise avec un amoureux qui taille les hortensias bleus, ou alors dans une cabane au fond des bois avec un amoureux qui vient avec moi aux champignons. Mais petite la cabane, parce que je ne découvre toujours pas la fibre du ménage en moi, et à mon âge je crois bien que c'est foutu !
Je rêve que ma vue ne baisse pas plus, pour pouvoir lire jusqu'au bout, ceux que je n'aurais pas eu le temps de lire avant, que mes articulations gardent longtemps leur élasticité pour pouvoir enfourcher ma belle et faire des virées avec les zinzins, d'façon on a dit qu'un jour on les ferait ces virées avec tous nos enfants et tous nos petits enfants, et que même ce jour là on ne serait pas en BMW ! Et qu'en rentrant à la maison de retraite où on serait tous ensemble, on ferait des blagues aux autres, on leur piquerait leur dentier, ou on leur ferait des croche-déambulateur, mais juste pour de la rire !
Je rêve que mes enfants ne connaissent jamais le désespoir de la vie, mais qu'ils fassent d'elle ce qu'elle leur dicte, qu'ils restent ces humanistes en devenir.
Je rêve toujours d'amour, qu'il me fasse jouir sans entrave, même si il a désormais un autre visage que celui de l'illusion, il ne cessera de couler dans mes veines.

Merde je me fais peur toute seule, c'est quoi toute cette sagesse là d'un coup ?
Allez la Fée, un peu de  rébellion, bordel ! T'es quand même un bébé de mai 68 !
C'est que j'ai un héritage à protéger moi, faudrait voir à pas trop déconner, un héritage d'utopiste, et alors, c'est un héritage quand même. Laissez moi encore gratter sous les pavés, je sais bien qu'il n'y a pas la plage, mais faites au moins semblant, que je rêve encore ...

(J'adore, et puis y'en a des ceusses qui m'ont dit récement d'arrêter radio-suicide, alors pour le coup, je vous invite vraiment à écouter la petite Marie, elle a un côté Renaud en jupon des temps modernes tout frais, tout coquin, et écoutez aussi celle du curé ! )

Merci à celui qui m'a inspiré ce billet il y a quelques semaines, il se reconnaîtra, et enfin bientôt on parlera d'autre chose.
et puis ....
"Principiis Obsta et Finem Respice" m'a glissé Ovide à l'oreille ! Et j'vous préviens j'ai jamais fait de latin, mais celle-là je l'aime bien, j'en parlerai peut être un de ces jours ... (ça veut dire : Résister aux commencements et envisager la fin, hein Madame que j'ai bon là ?)

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22 avril 2008

Un baptême entre Vercors et Oisans.

Le Vercors avait comme un parfum de nouveauté samedi. Comme une saison qui voudrait bien démarrer, mais n'en trouvait pas l'occasion jusque là.
Quelques passages en sous-bois, un peu humides, de toute cette pluie qui va bientôt cesser de tomber.
Et puis comme un moment de respiration intense, on est bien, tête déployée vers le vent, à regarder les siens, ceux-là même qui font la vie jolie, chaque fois qu'elle décide d'être moche.
On sent dans les jambes, les fourmis de l'impatience, de l'envie, du besoin vital de sortir de la torpeur hivernale.
On sent la poignée, bien serrée dans la main, on voit les bras d'une Tortudinette s'enrouler à la taille d'un Fafou pour fendre l'air encore un peu frais de la montagne.
Alors on laisse ce qui nous sert de boîte à brasser le noir, là bas, en-bas, dans la vallée, et on regarde juste tout ce décor, ce décor qu'on n'avait pas encore retrouvé depuis ... Depuis Elle.
Dame verdure a encore un peu de peine à laisser percer ses bourgeons engourdis, mais on la sent impatiente elle aussi, elle distille quelques verts encore sombres ça et là, mais bientôt elle nous offrira des verts tendres et touffus.

On profite d'une pause au soleil, trois filles et un garçon, pour expliquer les montagnes, ce qu'on aime ici, ce bitume qu'on a épousé, qui nous rend au centuple les sensations qu'on vient lui voler, pour les partager encore et toujours ... Et on change de versant, laissant le Vercors aux moteux printaniers pour s'égarer vers d'autres contrées, plus aériennes, plus coulées, plus vierges aussi .

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On sent le vent de l'Oisans parcourir nos échines, et les yeux brillent toujours devant ces lacs qui semblent si petits vus d'en haut.
On se balade, accrochés entre un massif et l'autre, c'est juste bon. Les jambes serrées de notre Tortue dans les premiers lacets, se détendent doucement, si bien que parfois j'ai l'impression qu'elle est une plume dans mon dos, on est comme des hirondelles, là, loin du muret. Alors on respire encore ce vent de la rencontre, entre neige des hauteurs et pépites de brillance des lacs qui cherchent leur bleu printanier.
Et puis on rentre dans la vallée, fourbus de ces kilomètres nouveaux, pour être accueillis chaleureusement par les gardiens du muret, venus de loin aussi pour passer la soirée.
C'est beaucoup de premières pour une tortue expatriée, mais je crois voir dans ses yeux et sur son sourire qu'on partage la même émotion, le même plaisir, être là, tous ensemble.
Alors dans tout ce rose que la vie veut bien nous octroyer pour un moment, on va encore partager, du orange de fin de journée, du rouge de début de soirée, du transparent qui pique la langue au milieu de la nuit, pour fêter Taz', et pour finir dans une brume de plumes qui tanguent autour des têtes pleines. On embrasse une CarrieB et un Mr Carrie qui reprennent courageusement la route, et au petit matin, on partage une drôle de boisson qui pique avec un Kundun, une envolée de bras serrés avec une Pema, et de la douceur de filles pour un réveil de Fab', avant de repartir vers ces quais de gare qui nous enlèvent toujours trop vite ceux qu'on garderait bien encore un peu, tout près de nous ...

Quelques notes de musique dans mes papilles auditives me font fermer les yeux, et j'ai dans le creux de mes paupières alourdies, les visières relevées, dans lesquelles se dessinent ces intemporels clins d'œil et ces éternels sourires qui font tellement mes petits bonheurs volés, mes petites histoires en vol...


Et Asa pour la douceur, encore.

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15 avril 2008

Correspondance.

En retombant, au gré de mes fouineries, sur un titre oublié depuis bien longtemps, je me suis souvenue que j'avais adoré " Lettres à Théo", la correspondance de Vincent et Théo Van Gogh qui a durée presque 20 ans. Cela semble tellement improbable aujourd'hui, une telle relation épistolaire ...

Et je me suis souvenue aussi, à quel point mon cœur battait fort quand je voyais arriver dans ma boîte à lettres, ces enveloppes toutes fines, presque transparentes qui laissaient voir l'écriture fraternelle, bordées de petits traits rouges et bleus, et ornées de timbres à l'effigie d'un autre pays. Ces lettres que mon frère m'envoyait depuis ce pays en guerre, dans lesquelles il rassurait la sœur, dans lesquelles il lui intimait l'ordre de ne pas trop écouter les médias. Il racontait les maisons détruites, les enfants sur les bords des routes qui faisaient de grands signes souriants dans l'attente d'un simple bruit de klaxon, mais il racontait aussi le bleu turquoise de la mer, les côtes vierges et belles, la beauté qui semblait avoir été celle de ce pays rasé.

J'aimais lire et relire ses lettres, je l'imaginais, tantôt triste, tantôt battant, et j'ai pu comprendre combien notre grand-mère aimait les lettres de son homme pendant les 7 années qui les ont séparés. Elle imaginait sûrement, elle aussi.

Entretenir la correspondance avec ses proches, c'est se donner le temps de se poser, de penser ses mots, ses phrases, de mettre dans chaque virgule, la mélodie que l'on veut faire entendre, dans chaque point, la vibration que l'on ressent au moment où l'on calligraphie. On se donne juste le temps d'être avec l'autre, de penser vraiment à l'autre, c'est de l'énergie insufflée, mais c'est aussi de l'énergie retrouvée.

Cette communication écrite, si personnelle, pas à l'affût d'un feu rouge, ou d'un voisin de strapontin qui fait trop de bruit, a depuis toujours, ma préférence. Et puis dans les lettres que l'on grave, au stylo ou aux pixels, il y a toute l'émotion des mots offerts, qui resteront, qui pourront être parcourus ou lus tranquillement. C'est peut être pour cette raison qu'écrire m'est plus facile que parlophoner. Parce que l'émotion qui vient du bout des doigts est toujours plus mesurée que celle qui sort de ma bouche.

Nan_c_est_pas_moi__

Les tuyaux sonores m'encombrent souvent, même si je les trouve bien pratiques, je leur préfère de loin, la lettre. La lettre manuscrite que j'ai regrettée un temps, pour mes échanges avec ma grand-mère, ou ma vieille tante visionnaire, je l'ai remplacée, bien plus tard, par la lettre virtuelle, et j'ai découvert que finalement, de toutes ces missives qui restaient avant sans réponses, j'ai aujourd'hui de vrais correspondants. A croire que l'ordinateur à permis aussi à certains de découvrir le plaisir d'écrire.

Des milliers de courriels dans cette machine, bien rangés, se trouvent tout contre leurs réponses, et c'est ce qui me manque quand je relis ma correspondance avec ma grand-mère, mes envois. Elle me racontait sa vie de femme, ses souvenirs de petite fille, de maman, et je l'imaginais bien, lunettes sur le bout du nez, assise devant la grande table, réfléchissant à son conte et glissant dans ses feuilles soigneusement pliées, le billet de cinquante francs "pour tes petites dépenses", je lui racontais ma vie d'amoureuse, mes rêves, mes envies, et j'aurais aimé retrouver mes lettres après son départ, pour les enrubanner contre les siennes, je me souviens juste que je signais toujours "ta petite fille qui t'aime" ... Et je garde bien plus de souvenirs de notre correspondance que de nos appels ou de nos rencontres toujours trop rapides, et puis elle écrivait si bien...

J'ai pensé à tout cela, le week end dernier, quand, avec CarrieB on s'est délectées des lettres de Irène Curie à sa mère, et les lettres de Marie à sa fille. J'ai souvent cette impression qu'on couche plus de sentiments sur le papier que quand on se parle, on est moins pudiques, plus profonds. Mais pourquoi ?

Pourquoi n'est-on pas capables de se dire des mots écrits ? Est-ce la proximité d'un regard, l'éventualité d'une larme, la peur du long silence d'avant l'expression dé-bouchée ? La sensation de ne pas avoir le temps de tout dire ? ...

Quand on s'écrit, on peut se répondre à l'infini, alors que dans l'échange verbal, on change vite de sujet pour les aborder tous, on prend moins le temps, peut être pour moins le perdre ...

Et puis les derniers mots d'une lettre, ces baisers qu'on se donne, qu'on se vole, qu'on prend au vol, ces dernières tâches d'encre sur la feuille, ces derniers pixels sur le blanc de l'écran, sont comme des petits trésors, qu'on va pouvoir savourer longtemps, qui ne se referment pas sur le bip-bip fringant d'un parlophone.

Kafka, lui, dit que " les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route ". Sans doute qu'il ne recevait pas de vrais baisers, ou qu'il en envoyait de faux, parce que moi, je les reçois bien, tous les baisers écrits !

Allez, un baiser envolé ?

free music

Et là un petit coup de Bob, parce que je suis trop, trop contente, demain c'est soirée "Ben alors qu'est ce t'es devenue toi ?" " Ben et toi ? raconte tout !". Je retrouve enfin, mes potes rastas de mon époque Montpell', et on faisait le calcul tout à l'heure... 15 ans se sont écoulés, depuis ce soir de mai où j'ai eu ma spéciale dédicace en plein concert, c'était l'époque où les Gnawa Diffusion et ceux que je retrouve demain, faisaient la scène isèroise ! Je suis trop, trop contente ...! Yeah ! ( Et dire que tout ça vient d'un mail ...encore la correspondance à l'honneur tu vois !)

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08 avril 2008

Les filles sont des pissoteuses !

Le parisien est un animal étrange. Oui, msieu' dames, le parisien est un animal sans vessie.

Je n'ai jamais vu une ville où les toilettes se faisaient si rares, c'est impressionnant !

Soit elles sont en réparation, soit elles sont payantes, soit y'en a pas ! A New York, on rentrait dans un Starbucks pour faire pipi, ben là même au Starbucks, y'a pas de toilettes ! Tu te pisses dessus ou tu crèves de soif (ben oui, moi je marche, j'ai soif, j'ai soif, je bois, je bois, je fais pipi, normal donc!), c'est au choix, voilà ! Mais le pompon c'est quand même dans la gare qui fait dans le jaune et bleu, les unes en panne, les autres avec ticket de métro, et celles du bistrot où tu laisses un oeil pour un thé et un café, payantes ! Trop fort ! Et en plus tu te fais engueuler parce que ton billet est trop gros (attends c'est pas un billet de 100 non plus, je suis pas ministre moi !), que le serveur il te dit sans te regarder :

"Je suis même pas obligé de le prendre, j'ai pas à faire la monnaie moi madame, si tout le monde fait comme vous j'ai qu'à balader le tiroir-caisse avec moi, ou alors je ferme et j'arrête de servir comme ça je suis tranquille, pi là on parle pour rien dire " 

"Heuuuu ben oui c'est une idée ça tiens, ferme donc !". Demande à Titouns si tu me crois pas, elle se marrait de voir ma bouille ahurie de "régionale" devant ce fabuleux exposé ...

De toute façon, cette gare, depuis l'arrivée, elle avait décidé de me faire des misères ! Des tours et des contours pour en sortir et trouver enfin le métropolitain! Punaise heureusement qu'on ne passait pas le week-end là-bas, sinon je me pendais aux faux cocotiers !

Bon bref, 15 ans que je n'avais pas remis les pieds à la capitale, me fallait une vraie bonne raison pour oser m'engouffrer dans cette ville où on ne fait pas pipi !

Le truc, c'est que dés que tu es sorti de cette fichue gare, ça va vite, mais viiiiiite ! Demande à Carrie si tu me crois pas, elle nous avait organisé un programme de folie, avec des filles qui font trop rire dans une mini-salle, comme si c'était juste pour nous, et que je me suis poilée à me faire pipi dessus pendant tout le spectacle ! Et puis après elle nous a emmenées dîner dans le noir, mais noir tout noir, comme quand tu vois rien donc, que tu dois pas planter la fourchette dans l'oeil du voisin parce que c'est pas bien, ni tripoter le voisin, qui se trouve être une voisine et qui fait sa Castafiore parce que tu l'as touché ( Carrie, je t'avais dit que ça se fait pas de toucher les gens comme ça !) et que là, ben tu vas pas faire pipi, parce que t'es dans le noir, alors trouver les toilettes ben t'oublies et t'attends la fin du service ! Que après tu déambules dans les rues jusqu'à très tard dans la nuit, d'une part parce que c'est drôle de se perdre, et ensuite parce que t'es bien avec ta copine, et que la bouteille à deux, elle est bien passée.

Bon après tu vas voir les fesses de Éros (la vache, quel cul !)  ou les seins de La Vénus qui sont quand même parfaits, faut le dire hein ! Mais moi, franchement, j'ai fondu devant "Psyché ranimée par le baiser de l'Amour" Ho ! C'est trop joli, sensuel, lisse, beau... demande à Madame si tu me crois pas, elle en a parlé ('tin je viens de me taper les archives et je ne retrouve pas, pourtant je suis sûre que t'en as parlé une fois !) Bon bref, un pipi s'impose, et zy va encore un casse tête chinois, faire pipi au Louvre, ça s'fait pas ! Pas plus que dans la coure parce que c'est plein de photographes et que je n'ai pas envie de voir mes fesses sur la toile quand même ! Heureusement la Bibliothèque Nationale, elle, est dotée de cette fioriture ! Ha ! fallait aller dans une biblicoquète pour trouver une telle oeuvre d'art !

MarieCurieExpoBib

Et tiens, piqué à la bibli, à lire et relire ...

Bon je passe sur le RER un samedi en fin de journée, avec bagages et pieds usés hein, et sur le fait que forcément en bonnes provinciales, nous on le prend sur le quai en face notre RER, ha  ! Je suppose que t'as une idée du truc ! Je passe aussi sur la star croisée dans la rue, sur la conduite des motards qui m'a fait halluciner, et sur cette drôle d'habitude de traverser quand le piéton est rouge ! P'tin mais moi je deviendrais hystérique si je devais piloter un véhicule là-bas, et je suis sûre que j'écraserais au moins 3 piétons par jour !

Je ne passerai pas en revanche sur le "Marathon de Paris" que nous on fait faire Madame et Monsieur de K, sans qui nous ne nous serions pas mis toutes ces belles images dans les yeux ! Et vas y des jardins, et vas y des jolies petites rues, des cathédrales, des ponts, et même un micro-téléphérique plus communément appelé "funiculaire", des ruelles pavées et grimpantes, des magasins trop chelous, genre Sexodrome (oui tu sais comme un vélodrome mais où tu fais pas du vélo quoi ! Un boulodrome où tu joues pas aux boules, encore que ...) et tout ça au rythme de la chanson française revisitée des années 20 à nos jours et demande à Pepina si tu me crois pas !

Pauvre Monsieur de K, perdu tout seul au milieu de toutes ces pipelettes, je crois qu'il faudra quand même penser à lui décerner un prix, celui d'homme le plus patient de la planète !

Bon là, en vrai, j'ai les pieds brûlés, des courbatures de coureuse de fond, j'ai retrouvé la joie de faire pipi partout, mais j'ai les yeux et le coeur bien remplis par tout ce que j'ai vu, partagé, aimé, moins aimé comme cette fichue gare où il est toujours trop tôt pour se dire au revoir, et qui tire les larmes vers le bas ...

Il me fallait vraiment une bonne raison pour remettre les pieds à la capitale après 15 ans, et c'en était une, de sacrée bonne raison !

free music

Et je vous colle la chanson que j'ai eu dans la tête pendant deux jours, parce qu'il n'y a pas de raison que je sois la seule à fredonner ça 48heures !!!

Un sourire et un bisou aussi à Mr CarrieB qui a été plus que présent dans mes pensées, merci Barnabé !

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02 avril 2008

Job d'appoint ?

Dans ma boîte à confidences électroniques, j'ai trouvé une drôle de lettre aujourd'hui ... Nan, pas la tienne, ni la tienne, encore moins la tienne, nan ... un truc encore plus fou !

Alors et en tout premier lieu, je dois prévenir que je suis un peu fautive. Depuis quelque temps, je parcours (comme beaucoup d'autres sans doute) les sites qui proposent un deuxième job !

Et oui, c'est la vie hein, quand tu t'en sors pas avec un seul, ben t'en cherches un autre. Mais je suis sélective parce que sortir le soir après une première journée pour aller re-faire la barmaid, c'est NON ! Et puis aller bosser le soir pour payer une baby-sitteuse, c'est pas bien malin, d'autant que les baby-sitteuses je m'en méfie un peu depuis que la dernière en date s'est barrée avec le monsieur qui me servait de mari ! Tu me diras, comme ça j'ai plus de mari, ça fait un problème de moins, mais quand même. Donc, job du soir : Vas te faire voir !

Avec des données pareilles, il reste les week end (et encore, un sur deux siouplait) ou alors le PC. Bon, vu comme le mien rame depuis deux semaines, pas gagné cette affaire ! Mais je ne désespère pas, et je cherche...

Quand soudain, une gentille madame, m'adresse un courrier fort alléchant !

Trying_to_conquer_her_ith_e_mails__Radu_Bucur

"Nous manquons de vendeuses dans votre secteur, et vous pourriez le développer, et créer votre propre équipe !"

Vendeuse ? pffff ! Déjà fait dans une autre vie, et à part des bouquins, vendre c'est pas trop mon truc en vérité, je suis nulle en baratin (même si je n'ai pas ma langue dans ma poche) et pire encore en brisage de coucougnettes (qui se baladent tranquillou dans les rayons à l'affût de la babouche qui sera la bonne) alors on oublie.

Sauf que ...

Là, c'est différent ! Et j'ai un petit sourire qui se dessine en cliquant sur le lien que la dame joint à son courrier. Et je vois déjà l'équipe se monter, Fab' et Taz en testeurs et ma pomme en superviseur des travaux finis, ben tiens ! ... Oui mais non, c'est spécial fille le concept.

Et je me revois, petite fille, dans le salon, au milieu d'une dizaine de dames, mère et ses copines, qui écoutent sagement et observent les démonstrations de Miss Tupperware ! Miss Tupp' connaît super bien ses produits, elle fait des démos d'enfer, et vend un maximum de boîtes qui s'encastrent, s'empilent et tout et tout ! Les filles, mère et ses copines donc, ont des jolis petits fou-rires coincés entre filles bien élevées ! Elles font des Ho et des Ha, devant la variété des couleurs, bleu chiotte, vert pissou, jaune paillasson, orange délavé, Ho, Ha, comme c'est beauuuuu ! Sans parler du cadeau en fin de séance ... Hooooo, Haaaa !

Mouais, bon, c'est bien tout ça, mais quand je vois que dans mon placard il y a encore des Tupp' de cette période, je me dis, que c'est pas le bon plan les trucs qui durent, qui durent ! Ou alors il faut avoir un fichier client(e) éééééénorme !

En revanche les couleurs sont plus fun, les encastrements on l'air sympa, les matières varient, et la valise de démo bien achalandée, mais je ne vais pas pouvoir faire ce deuxième job dans les environs, ça se marie pas bien avec la théqueuse que je suis (déjà que je suis toute rose de gêne quand un lecteur, qui plonge les yeux sur les bouquins devant mon pici me dit " Je vois que vous avez des lectures saines ", ben quoi ! J'étais juste en train de recouvrir Le journal d'une femme adultère et Les lamentations du prépuce, mais essayez vous, d'expliquer ça au gars en face !) et pas trop envie que les lecteurs me regardent tout bizarre non plus ...

Et puis surtout, au regard de mes souvenirs de petite fille devant la représentante des Tupp', je ne m'imagine pas devant une dizaine de minettes, en pleine démo de sex-toys hein, même pour le cadeau final !

free music

Daniel Darc, parce que j'aime bien, et cette version là ... encore des souvenirs tiens, mais vieux, vieux, vieux !

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26 mars 2008

Entre dispense et coeur d'artichaut.

Après la spirale, on va redescendre un peu, j'ai envie de léger ...

Alors ce soir, à table, le grand explique à son petit frère la vanne de Coluche sur les pauvres. Ben oui, ce soir c'était artichaut au menu (m'énerve ce mot, je ne sais jamais si c'est un T ou un D à la fin !)

Nain number 2 : Ben moi je comprends pas pourquoi on dit que c'est le plat du pauvre, y'a plein de feuilles à la fin, j'vois pas le rapport avec le pauvre qui n'a rien dans son assiette.

Nain number 1 (super pédago) : T'es relou ! C'est pourtant simple. Si t'es riche t'as plein de truc dans l'assiette quand tu te mets à table et plus rien à la fin. Ben là regarde, t'avais juste un truc dans ton assiette au début, et là à la fin ben tu te crois riche paske t'as mille feuilles !

Nain number 2 : Bouhhhh ! Ban nan, c'est pas un mille feuilles, c'est un artichaut, hein maman ?!

Ils me fatiguent parfois, mais qu'est ce que je ferais moi sans leurs réflexions existentielles qui alimentent les miennes ? Ce serait moins drôle de manger ce maudit machin a mille feuilles sans mes fous-rires cachés.

Un peu comme cet après-midi. Pendant que le grand footais (ouais encore pfff) je décide d'aller acheter des pompes à mon pitchou, et, errant dans les rayons, j'entends au micro :

"Le petit Machin attend sa maman à la caisse" ... Nooooooon, il m'a pas fait ça le con ?!

"Mamaaaaan ! Ben je suis venu tout de suite à la caisse quand je t'ai plus vu, j'veux pas qu'on m'viole moi !"(avec sa douce voix de baryton) 

Ouèèèè (Joues un peu roses et sourire crispé devant 25 personnes qui me matent bizarrement) ! Juste parce que hier je leur expliquais (encore) le danger de parler à des grandes personnes qu'on ne connaît pas, les risques, tout ça ... ! Bref, il a retenu la leçon on dirait ! Et moi je suis encore passée pour une mère venue d'ailleurs !

Et puis pendant que le grand est autorisé à regarder la première mi-temps (oui ben là, maintenant, je n'ai plus le choix, et ce qui me fait peur c'est que dans deux ou trois ans, j'aurai droit à la totalité du match, et dans 4 ou 5 ans, les potes et la bière aussi pffff, tu vois bien, je fais pas exprès de penser au temps qui passe, mais tout me le signifie tout le temps !)

P1020533

                               Je suis bien sur le bord du terrain de foot, la preuve...

Le petit lui est plongé dans son bouquin ...

"Maman, c'est quoi une dispense ?"

"C'est quelque chose qui t'autorise à ne pas faire, une dispense de gym si t'as mal au pied, une dispense de yaourt aux fruits à la cantine parce que ça te fait vomir, une dispense de courrier parce que t'as plus envie d'écrire ... "

"Quoi ?"

"Nan rien, ne retiens que les deux premières parce qu'elles sont justifiées, pour la dernière je me suis égarée dans mes pensées, laisse tomber. Bon t'as compris la dispense ? "

"Mouais, c'est un truc que tu veux pas faire, alors maman elle fait un mot d'excuse. "

" T'es un vrai garçon toi, mais tu sais, maman, elle ne sera pas toujours derrière toi pour te fournir des dispenses, un jour tu devras trouver tes excuses, tes raisons, tout seul, et sans mentir, et là ... tu seras un homme mon fils ! "

Comment ça je lui mets la pression ? Mais non ! Je veux juste qu'il comprenne que faire des choix, c'est aussi s'engager personnellement et se tenir à ce qu'on dit, ne pas compter sur une excuse à deux sous que je lui trouverais toujours de toute façon, parce que je suis comme ça, hélas !

Et puis tiens, c'est marrant, aujourd'hui on a survolé le muret en cherchant :

                                              " trouducul.com"  ...

                                                 Oui, présente !

free music

Et puis rien à voir, mais ...La musique, c'est pour le souvenir, il y a un an aujourd'hui ...voilà.

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18 mars 2008

Autopsie d'un mot.

C'est joli une spirale non ?

Moi ça me fait penser au merveilleux Phare des Baleines, cet escalier qui compte 257 marches, ce colimaçon qui m'a embarqué avec ma Nin' tout en haut de la spirale, pour sentir le même vent souffler dans nos cheveux.

C'est aussi un joli dessin, naturellement incrusté dans toute forme de carapace.

C'est encore, une courbe qui s'enroule à l'infini autour d'un point, et qui à force de s'enrouler sur ce point, s'en écarte.

spirale1

Mais quand on la dessine la spirale c'est aussi une ligne qui vrille, comme un ressort, qu'on ne sait jamais où arrêter ni pourquoi, sauf peut être pour ne pas dessiner sur la table quand on a rempli la feuille. C'est cette forme géométrique, cette courbe qui donne le vertige, fait tourner la tête et qu'on doit quitter des yeux quelque temps pour retrouver une vision claire.

Dans la vie des nuls en maths, comme moi, la spirale s'installe parfois dans la couleur choisie façon sophrologie (tu sais, en sophro, tu dois choisir une couleur, un lieu, et tu dois faire monter une spirale depuis les pieds jusqu'au crâne, en pensée, ou en virtuel, prend le mot que tu préfères mais pour moi c'est pareil !), et d'autres fois dans une couleur qui s'impose d'elle-même, et c'est là que ça devient dur à gérer. Ben oui, tu choisis rose, et c'est noir qui s'incruste derrière les paupières closes. Alors là, on ne se récite pas 50 poésies, on comprend vite que la spirale est plus forte que nous, et que pour en sortir il va encore falloir du temps, et revoilà la notion d'infini !

J'aime bien moi quand la couleur est celle que j'espérais, comme ce week-end dans ma spirale hivernale plutôt sombre, je me suis laissée entraîner vers des horizons plus colorés, plus chatoyants, dont Pema et CarrieB ont le secret, des mots chauds pour colorer les envies de sortir du gris souris. Des mots croustillants comme le bon pain de l'ami Kundun, mais ses mots à pleurer aussi tant ils trouvent pile la bonne place sur la ligne infernale. Et puis sur la courbe dessinée je me suis aussi laissée happer par le point de générosité qui croisait le point d'humour de Mr B : "Je vais ouvrir un blog rien que pour trouver un Prince Charmant à la Fée."

Depuis quelques heures je me dis que finalement, monde virtuel, monde réel, c'est pareil. Un jour une spirale qui te garde bien au chaud dans une ligne parfaitement dessinée et sur la page d'après une spirale toute cabossée qui t'aspire vers le bas. Si parmi vous, quelqu'un maîtrise l'équation pour ne plus jamais reproduire la spirale de la tristesse, je me plante tout le temps dans mon dessin, je fais se croiser le point de la complicité avec le point de l'absence, ça peut pas marcher, je suis prête à prendre un cours de maths (oui Madame !). Bon, ils ont bien essayé les copains du we, mais je crois que j'ai besoin de cours de perfectionnement là. T'es prête Madame ? C'est bientôt ton tour ...

Et puis ... parce que ses mots, où il me parlait de spirale, m'ont inspirés ce billet, j'avais envie de les placarder ici, juste ici ...pour pouvoir les relire de temps à autre, et me souvenir combien il a raison sur la puissance du verbe. On peut tout écrire si on veut mais il faut parfois se méfier des mots qu'on spiralise dans ces lieux sans lieux ...Christian Bobin dit que " Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit. C'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour." 

"Ne baisse pas les bras. Tes mots ce we m'ont été d'une violence, sur le fait que tu abandonnais toute idée de "servir" encore un jour. Ils étaient peut-être en partie une carapace pour cacher ta douleur, mais tu es bien placée pour connaître la puissance du verbe, sa puissance créatrice mais aussi parfois destructrice, limitative. Et les dégâts qu'ils peuvent faire sur l'estime de soi sont bien plus grands et dramatiques qu'on le pense...."

Je ne sais pas dire, je ne sais qu'écrire pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour.

                                         et puis la valse d'Amélie parce que j'avais envie d'écouter Tiersen ce soir                                     

free music

Posté par feekabossee à 22:35 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 mars 2008

Ballon versus crottes de chiens !

Comme il faisait beau ( bon c'était la semaine dernière hein, parce que là il neige tout mouillé !) en sortant du boulot, avec les nains on décide d'aller faire un foot dans le parc, en bas du Palais de la Fée, enfin... on ?! Eux surtout, faut pas déconner non plus, je vais pas me mettre au foot, chui une fille moi !

Bref, le grand n'avait pas fait 3 dribbles, que Zip...le pingouin ! Dans la mouise ! Enfin, une crotte de chien sur le ballon en vrai ! Et le "p'tit con" ne trouve rien de mieux que de le prendre à deux mains ! Déjà première brassée, et démonstration de l'utilisation de la terre quand on n'a ni eau ni savon. Séance péda-nature-et-découvertes ! ("Péda", c'est le mot du moment ici, un certain Fafa de Sans Nicolas -si, si c'est son vrai nom, ça s'invente pas, surtout quand tu sais qui il est- a coincé ce joli mot "pédagogie" dans le gel de sa coiffure pour être sûr de ne pas l'oublier, et du coup, il bégaie de la péda en veux-tu, de la péda t'en prendras, à toutes les virgules manquantes de son péda-discours !)

-Bon, j'peux lire oui ?

-Mamaaaaaan, ouiiiin, je viens de tomber dans une crotte de chien !

-Et ouaiiiiiis, bien dedans en plus, bravo !

Alors je décide de faire un tour du parc. Incredible ! Un vrai champ de mines ! Mais quoi ? Y'a une épidémie de gastro chez les labraniches et autres canidors montagnards ou bien ?

Bon, je grogne dans ma barbe, oui madame, dans ma barbe ! Et moufte pas, c'est pas pédagogique devant les petits !

Une heure se passe, entre un ballon merdique (déjà orange avec des bandes bleues, des O et des M, c'est fun, mais alors, tout plein de caca, c'est top fun !) et deux nains, déguisés en sortie de chiottes, j'adore !

Avant de repartir, on fait un passage aux jeux pour enfants (en même temps dans les parcs, je n'ai pas souvent vu de jeux pour adultes, à part des buissons et pas toujours ardents...) Et là, tranquille, une poufdingue à bascule, qui devait être en retard pour refaire sa couleur, le rouge a viré au rose, ou alors j'ai mal vu, déboule avec ses deux canidés, museaux froissés, façon sortie de sèche-linge (vas-y, lis donc cette dernière partie à haute voix, que je rigole!). Je suis pourtant nulle en marque de chiens, mais ceux-ci je les reconnais bien. Tranquille, elle les tient devant le portail qui mène aux jeux et les regarde faire leurs besoins (balaises les besoins, au passage). Et elle s'en va dans l'autre sens comme ça, toujours aussi tranquille, ni vu ni connu, j't'embrouille.

Bon, je bouillonne un peu dans mon intérieur à moi, mais je la ferme, je ramasse ma progéniture et on entame un parcours digne du plateau ( pour les novices, le plateau c'est l'épreuve de slalom, ralenti, arrêt d'urgence, évitement, etc ... du permis moto) pour rejoindre notre chaume sweat chaume.

Mince, c'est ballot, le hasard fait que je croise la poufdingue à bascule.

Je me dis ... Pédagogue, la Fée, pédagogue.

De mon plus joli sourire (si si, je peux, même en serrant les dents, ça rend bien !) je l'accoste gentiment (mais peut être un peu ironique je l'admets)

-Bonjour, je crois qu'on se connaît...

-????? (pas de réponse au bonjour, ça n'a pas l'air d'être le style de la dame)

-Si si, vous habitez dans le coin.

-Ouais et pi ?

-Ben nan rien, juste bonjour.

-......

-Enfin ... si, un truc. C'est cool, maintenant que je vois que ça ne vous dérange pas, on va pouvoir venir faire des belles crottes en bas de chez vous, ça va être du plus bel effet.

-?!?!?! *$!*ù$ (mais tout ça c'est dans ses yeux, parce qu'avec sa bouche, elle a du mal)

-Oui, ça changera du spectacle devant les jeux pour enfants, non ?

-Oui ben on voit que t'habites pas la commune toi, tu sais ce qu'il nous coûte en entretien ce parc ? On paie assez d'impôts pour ça, merde ! Pi d'façon, c'est public, alors on fait tout comme on veut. (attend, attend, elle a trouvé le bouton marche pour la parole, alors je la laisse s'exprimer, normal hein, péda, péda on a dit !) Pi qu'est ce t'as contre mes chiens, tu vas pas tarder à me dire qu'ils sont pas tenus en laisse en plus, ben j'm'en tape, y'a pas d'panneau, t'as qu'à écrire pour demander de mettre un panneau interdit de chier dans le parc, et pi voilà.

Bon après, elle a dit plein d'autres trucs vachement intérèssants, comme "rien à foutre", "j't'emmerde", tout ça ..., mais pour la deuxième réplique je n'avais pas besoin qu'elle justifie plus, ça sentait bien assez fort autour des nains.

Mais moi,  j'avais bloqué sur le panneau interdit, et je rêvais au panneau en question ...

   

it_s_not_allowed_by_Ruud_Albers

Et puis je me demandais si on avait réellement besoin qu'on nous signale absolument tout, tout le temps ....

Gazzzz

(photo trouvée sur un blog mais oublié de noter lequel, pardon à son maître !)

-Mais je n'ai rien contre les chiens, j'ai juste une canine et une molaire contre les maîtres qui ne sont pas capables de s'en occuper, et tout ça devant le beau panneau là, sous ton nez, là .... Moi ce qui me dépasse tu vois, c'est que tu aies besoin qu'on te colle des panneaux partout pour te dire ce que tu dois faire, ou pas, tu crois pas qu'on en a déjà assez des interdits, non ? Tu peux pas penser par toi-même que peut être c'est gonflant pour les autres, non ???? ..... Non, tu peux pas, ça se voit, laisse tomber.

-Ouais c'est ça, casse toi ...****..... !

Haaaaaaannnnn, j'le crois pas, elle me traite !

-Maman, t'as entendu ? Ha ha ha !

-Quoi donc trésor ?

-Ha ha ha ! Comme Le Président, elle t'as dit comme le Président, sauf qu'elle l'a dit en fille ! Ha ha ha !

-Oui mais t'es pas obligé de répèter non plus, ni de te marrer ! Et d'abord on dit "féminin" et pas "en fille" ! 

J'ai vraiment du mal avec la pédagogie moi !

free music

                                     Massive Attack pour la BO de mon film culte Dany the Dog, oui je sais je suis super drôle en ce moment, j'aurais pu mettre "Given the Dog a Bone" aussi . Oui, mais nan ...

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07 mars 2008

Mes Lits, Mes Lots... part II

Poser mes gants anti bruits sur mes oreilles. Pousser le volume au plus loin sur la machine. Laisser glisser ma tête en arrière sur le fauteuil qui m'enlace. Fermer les yeux ...

Larmichettes de douceur sur ma bouille anesthésiée. Pile ce qu'il me fallait ... Comme une décharge de bon, de beau. Retour vers une musique qui m'apaise toujours. Vers ce type de voix chaude, pureté de femme engagée. Mélodie à résonnance immédiate, effet pulseur sur mes ecchymoses, calme instantané du coeur qui bouillonne, harmonie d'un tout, on dirait que le soleil fait des clins d'oeil derrière la fenêtre glacée.

C'est juste ... Divin. Cette fille est ... je ne sais pas trouver les bons mots, je suis juste envoûtée, et j'aime ça.

Alors ... partage, cadeau, c'est comme vous voulez ...

Elle s'appelle ASA, et transporte avec elle l'histoire d'une culture, l'histoire de son Histoire. Un vrai parallèle avec ma lecture du moment Twelve bar blues. Etonnant.

Marrant de la rencontrer sur Myspace alors que je viens juste d'y retrouver mon vieux pote N'Guess, qui m'avait fait la surprise d' une spéciale dédicace le soir de mes 25 ans dans une salle de concert pleine à craquer, suivie d'un " Happy birthday Fée " entonné par toute la salle ... (frissons)

Y'a pas de hasard !

Posté par feekabossee à 23:20 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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