Mais où se posaient les hirondelles avant l'invention du téléphone?

09 mai 2020

La vie au ralenti.

 

 

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Tu t'étais déjà demandé toi ce qui aurait changé dans ta vie si on t'avait un jour forcé à rester enfermé chez toi ? 

Moi ? Jamais !

Par contre depuis exactement je ne sais même plus combien de jours, je me demande justement ce que ça change ...

En vrai ?

J'aime être chez moi ! Et ça change pas beaucoup beaucoup mais quand même... Je vais essayer de développer un peu. 

J'aime la solitude, être au calme pour penser, lire, travailler, cuisiner, écouter Bach ou juste rêver en regardant pousser mes fleurs.

J'aime que les abeilles m'ennivrent de leur valse folle, des millions de bruits d'ailes dans le vent les élèvent au rang des plus belles du moment. 

J'aime ne pas avoir à me presser, à courir, à aller travailler, puis rentrer faire des courses, des repas, envisager le WE, ciné-resto ? Balade en montagne pour profiter de ces 2 jours grassement mérités. 

Mais à la fin du WE ? Quoi ? T'es contente la Fée ? Oui et non, j'ai fait des choses que je voulais faire, mais je n'ai pas eu le temps d'appeler les copines, pas eu le temps de faire les vitres que je voulais déjà faire depuis au moins 5 WE, pas eu le temps d'écrire 3 mots sur cette lettre que je me suis promis de lui envoyer depuis le 1er janvier, pas eu le temps ...

Alors quoi ? Bien sur, on a tous besoin de travailler, pour plein de raisons, la 1ere est économique. Il y a longtemps que j'ai fini de rêver d'un monde sans travail mais avec ressources hein. Oui je pense aujourd'hui que c'est vraiment la 1ere raison qui fait que je travaille depuis que j'ai 18 ans. (Tiens ça fait donc exactement 34 ans aujourd'hui que je travaille ! wahou ! même moi ça me fait bizarre d'écrire ça aujourd'hui, quand tout dans ma vie s'est soudainement ralenti ...)

La deuxième raison est personnelle, tant il est vrai que j'ai toujours aimé ce que j'ai fait, pas un de mes nombreux jobs ne m'a ennuyée. J'ai toujours trouvé une sérénité dans l'action de travailler. Une sérénité oui, parce que j'avais l'impression que c'était de là que je pouvais tenir mon équilibre. Cet équilibre qui semble parfois fragile. Aller travailler quand on est mal dans sa tête par exemple, c'est violent, il faut se pousser dans le décollage de la journée, ça peut être troublant en plein milileu d'une réunion à laquelle on n'est présent que physiquement, déroutant quand on vient en aide à quelqu'un qui semble encore plus mal en point et qui finalment à sa façon nous aura aussi sauvé. C'est ça pour moi le point d'équilibre. Etre utile, être vivant, être secoué, être curieux et avancer sur le fil de la journée dans cet état. Un jour après l'autre on va mieux, le travail nous aide à aller mieux, à être dans la vie. C'est cette raison que je pensais la plus importante jusqu'à maintenant. 

Je dis jusqu'à maintenant par ce que j'ai découvert avec une émotion essentielle qu'en me retrouvant confinée chez moi, je n'avais pas tant besoin que ça de faire "groupe", d'aller dans un lieu précis pour faire "groupe". Au contraire, je me demande aujourd'hui comment je vais gèrer ce retour au groupe, à l'open space, aux êtres si différents avec qui il faut faire 35 h/semaine ...

Les premiers jours, j'avais comme une colère en moi, je l'ai analysé en comprenant que je ne trouvais pas le sens de mon travail sur un ordinateur du matin au soir. Et aussi parce que j'avais peur des 14 jours à venir (ceux du temps de l'incubation) peur de refaire une crise de tétanie, revivre le traumatisme le plus violent de mon existence à généré des angoisses folles (cette crise il y a 5 ans maintenant, liée au rattage de l'opération de la thyroïde, a modifié mon organisme pour le transformer en corps malade chronique, porteuse d'une maladie rire, dite OSCAR -fallait le vouloir- carencée en calcium à vie, avec mise en danger de certains organes vitaux, bref). Quand j'ai pu enfin apaiser cette âme inquiète, j'ai senti mon corps se détendre aussi et enfin trouver le sens à apporter à mes actions professionnelles. Tout a été question d'enchainements. Tout le temps. 

 

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Alors j'ai enchainé mon job en télétravail et des tâches devenues non prioritaires au fil des années,  mes lectures à la traine depuis trop longtemps, le concerts en live, les documentaires qui font voyager depuis le canapé, les apéros avec les proches et les copines, le truc qu'on a jamais le temps de faire en temps normal ! J'ai enchainé avec le tri des boites mails et ça en terme de geste écolo, ça m'a rendue super fière de moi ! C'est con hein, c'est le truc que je fais à la va-vite chaque fois que je suis en congé mais rarement aussi serieusement. J'ai enchainé le tri dans chauqe placard de l'appartement, dans chaque pièce, rien n'a été épargné, avec l'aide de mes 2 gars aussi. J'ai enchainé les épisodes de Dr House depuis le début jusqu'à la fin avec mes nains plus du tout nains et plutôt barbus.

J'ai aussi pas mal enchainé les temps de repos sur le balcon à juste profiter de l'instant présent, sans question, sans horaire, sans remarque et ça ... ça tu vois ça n'a pas de prix je trouve ! Je suis pleine de gratitude envers ce temps qui nous a été violement imposé mais que j'ai adopté en 2 semaines, sans gros efforts. Je suis peline de gratitude par ce que je sais ma chance, après des années de si grande précarité matérielle et affective, je me sais aujourd'hui sereine, materiellement et affectivement et ça change tout. 

Si nous avions du vivre ces 2 mois il y a 10 ou 12 ans otu aurait été bien plsu dramatique. C'est peut être pour ça aussi que je me sens apaisée face à ce confinement et si bien enfermée chez moi ! 

Mes seules frustrations viennent du fait que je n'ai pas pu marcher en forêt ou en montagne depuis 2 mois, que je n'ai pas vu ma petite famille et que peut être je ne pourrais pas aller voir les copines en fin d'été, mais il faut le reconnaitre, ce sont de piètres frustrations en regard de ces enfants qui vivent le maltraitance, à ces conjointes ou conjoints qui se font violenter en silence, à ces familles sans abris ni revenus, à ces humains en pleine fuite de leur propre pays pour des raisons qui ont tout du virus mais qui sévissent depuis tant d'années ...

Je crois que je suis toujours une humaniste au fond de moi, mais une humaniste de plus en plus méfiante. Les comportements humains m'effraient de plus en plus, mais je sais aujourd'hui que je ne peux rien y faire, que je peux faire à mon tout petit niveau mais que jamais je ne changerais rien au monde des hommes tel qu'il est et c'est terrifiant. Un jour je finirai isolée dans une cabane dans les arbres loin de tout ...  

En attendant ce jour,  crois bien que je suis aujourd'hui prête pour la retraite ! 

Musicalement j'ai écouté pas mal Bach, ces dernières semaines, mais aussi pas mal de bluegrass, je te laisse là avec une balade en guitare sur les bords du Mississipi, en un autre temps, une autre problématique ...

 

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05 mars 2017

T'as vu ? Je suis re-re là !

De retour d'un beau week end parisien comme je les aime, j'ai encore la tête qui flotte entre les odeurs des roses à l'Institut du monde arabe (faut se dépecher un peu je crois que la fin est prévue pour le 25 septembre).

Une belle traversée de l'Orient toujours au fil de l'eau. Cette eau qui nous façonne, nous voit arriver et quitter ce monde. Quand on sort de cette expo, on se demande pourquoi nous ne sommes pas plus protecteur avec notre bien si commun, l'eau ... 

Je me suis laissée porter par le bruit de l'eau qui coule, le souffle du vent et le chant des oiseaux en pleine journée parisienne, c'est bon !

Et puis ces yeux, enfin en face de moi, depuis si longtemps rêvés, espérés, attendus.

Le temps passe et se lasse, de nos distances, de nos silences.

Contents de se croiser, timides, légèrement indifférents, that's all folks les gens !

[et encore du temps qui a filé entre le brouillon de septembre et ce jour de mars 2017 où je repasse ici ...]

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Du temps qui a filé et le souvenir de ses yeux là, presque disparu, comme le son de sa voix ...

L'avantage de vieillir en traversant des zones de turbulences, c'est qu'on apprend à laisser en route des émotions, des envies, des besoins, des amours. On apprend à vivre avec soi-même, à cultiver son propre état de grâce. A savoir qui on est et ce qu'on attend de soi, sans attendre des autres.

Cet amour-là, je l'ai toujours considèré comme une romance (je l'appelais "ma non-histoire" quand il m'arrivait d'en parler). Comme une de ces histoires que l'on croise dans les livres d'Annie Ernaux, celles où l'abnégation et la patience sont le fer de lance de la prose. Et en même temps, c'est comme un moteur, ça permet de tenir le cap dans les épreuves. Comme une petite branche au-dessus de la tête à laquelle on s'accroche vaille que vaille ...

Et puis, un jour, on regarde la branche avec un sourire et on la laisse tanguer au-dessus de la tête, sans plus chercher à l'attraper. C'est ainsi. Pourquoi à un moment précis, après toutes ces années ? Pourquoi si facilement ? A quoi ça tient tout ça ?

Qu'importe. L'essentiel c'est ce que cette non-histoire a eu de beau, de partagé, de capital et d'essentiel avant de rendre son dernier souffle, presque 10 ans après. Les pourquoi(s), parfois, il faut juste les laisser où ils sont, sans réponses. L'immediateté des raisonnements a cessé aussi de me convaincre. J'aime aujourd'hui ne plus tout comprendre, ne plus tout savoir. C'est comme si j'avais appris à vivre une autre vie, dans une autre peau, avec d'autres envies.

Est-ce que l'approche de la cinquantaine nous apaise vraiment ? En tous les cas ma grand-mère chérie me disait bien qu'il fallait profiter de sa jeunesse pour avoir des convictions, des engagements, de la passion, parce qu'en vieillissant on devient plus sage et plus apaisé, moins aveuglé aussi.

On dirait bien qu'il y avait du vrai dans son propos.

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Allez pour un dimanche matin, c'est pas si mal, je vais aller préparer le diner comme on dit en Suisse. Parce que même si les nains ne sont plus du tout des nains, ils mangent toujours bien ! A bientôt les hirondelles !

Je vous laisse en musique, ne changeons pas la ligne éditoriale de ce muret ...

 

Boots Of Spanish Leather (Bob Dylan) - The Lumineers

Posté par feekabossee à 13:45 - Commentaires [6] - Permalien [#]

24 août 2016

Et si on envisageait un retour ?

 

 

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Et si je tentais un furtif retour, comme ça, juste pour voir si je sais encore aligner 3 phrases ?

Et si je me prenais à rêver que revenir à l'écriture me redonnerait un peu de ce temps précieux, que jadis j'employais ici à conter l'existence ?

Mais d'abord, comment on revient là après 4 ans d'absence, 4 ans d'une vie à la fois différente et finalement tellement la même ? De quoi on parle ? Comment est-ce qu'on trouve encore du sens dans les choses qu'on veut poser là ?

Je ne sais pas, mais j'ai quand même envie d'essayer ça !

Et puis il y a un signe qui ne trompe pas : le mot de passe ! 

Oui oui premier essai, essai transformé, direct, j'arrive sur la bonne page ! C'est un signe non ? 

Allez on va tenter, tenter de retrouver la ligne éditoriale de ce blog, des images, des musiques, des tranches de vies. Ca durera le temps que ça durera mais au moins j'ai remis un pied sur le muret et je vous jure que ça fait un drôle d'effet !

Salut les hirondelles (ou enfin, ce qu'il en reste !)

Forest Pooky - I have been Kidnapped By Aliens and They Cut my Hair

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10 juin 2012

Alors c'est ainsi que va la vie ?

Il est parti. Papa.

Il s'en est allé il y a 3 semaines déjà et la vie s'étire bizarrement depuis ce jour.

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En alternant grandes vagues de larmes et petites ondes de choc, le train-train reprend ses rails. Penser à protèger le dos fragile, penser à laisser ce grand faire de son orientation à venir le choix de sa vie, il veut faire du social, quelle surprise !

Et si j'avais été une autre, crois-tu qu'il veuille être banquier ?

Quoiqu'il en soit j'ai vu le sourire sur ce visage quand j'ai dit ok, lâche la seconde classique, pars trouver vers un autre enseignement ce que tu cherches mon fils, mon amour.

Pourquoi Papa n'a-t-il pas pu nous dire de tels mots, nous ses petits, malheureux ?

Pourquoi aime-t-on si fort un père qui nous fait passer après tout le reste de ses occupations, sinon en se disant qu'à la dernière minute il nous lâchera un de ces "je t'aime ma fille" ou "je t'aime mon fils" qui font tenir debouts les êtres humains ?

On parle beaucoup avec mon frère de ces émotions qui nous ont taraudés toute la vie jusqu'à ce 21 mai dernier. On parle beaucoup et on se dit des belles choses que nos parents ne nous avaient pourtant pas enseignées.

On a fait quelques allers et retours vers lui ces derniers mois, mine de rien, ne pas dire qu'on venait plus pour souffrir moins, pour profiter de lui encore une dernière fois. Faire le tour des vignes avec sa descendance, parler sport ou politique, ne pas s'afficher gauchiste même si au fond il avait bien compris ces dernières années que sa fille avait lâché cette ligne là aussi. Se retenir de lui rendre le paquet de clopes abandonné il y a 14 mois à l'annonce du cancer en lui disant que de toutes les façons, ça ne changerait plus rien ... Au contraire, le féliciter encore pour cet arrêt brutal du tabac, l'encourager à retourner subir cette putain de chimio de merde qui aura définitivement tout détruit de lui !

Aujourd'hui je sais que si on doit m'annoncer un cancer déjà bien installé, je refuserai cette chimie, et je l'écris ici pour m'en souvenir, comme j'ai pu écrire il y a 4 ans que je voulais m'arrêter de fumer !

Combien de guérisons réelles pour tous ces départs douloureux dans la souffrance physique et morale de celui qui s'éteint mais aussi de ceux qui tiennent fort sa main, impuissants et tristes ? Combien ?

Ne me parlez plus jamais de ce poison maudit, plus jamais !

Il a eu mal, il est devenu triste et malheureux parce qu'il avait mal mais qu'il croyait à la guérison, il n'a jamais perdu la tête, sauf à la fin quelques soirs où la colère l'emportait, il voulait rentrer dans sa maison, il m'engueulait pour que je l'emmène, mais c'était bien sûr impossible. Enfin, aujourd'hui, je me demande si ça n'aurait pas apaisé son chagrin de le faire rentrer pour les dernières heures, avant le coma, je ne sais pas et je ne saurai jamais, alors je vais essayer de ne plus jamais penser à ça, mais tu me connais, ça va être de la haute voltige dans ma tête de piaf.

Quand je l'ai quitté le dimanche après avoir passé 3 jours à lui dire tout bas mon amour mais aussi toute la peine qu'il m'a fait si souvent en refusant de me tendre la main, je lui ai dit tout ce qui faisait le sel de notre vie de famille éclatée, éclaboussée, reconstruite, bancale et si fragile aujourd'hui. Je lui ai dit tout ce que je n'avais jamais eu le droit de lui dire avant, dans l'intimité de cette chambre blanche avec vue sur un petit lac.

D'ailleurs c'est marrant, on dit toujours "un départ, une arrivée" et bien là pendant une semaine, sous sa fenêtre, depuis son fauteuil, il voyait une maman cygne couver ses petits, et un papa cygne mordre tout ce qui tentait d'approcher. Quand je suis partie le dimanche soir pour sauter dans mon train, la maman a enfin changé de place et 3 petits machins grisâtres se sont ébroués ... Je suis partie, triste mais souriante et je lui ai dit "à tout à l'heure", la phrase que mon frère avait mise en place lors de ses nombreux voyages, quand nous ne savions jamais si nous allions le revoir, il détestait les adieux et nous avions pour ordre de se dire " Ad't'à l'heure !".

J'ai quitté la chambre en lui disant "A d't'à l'heure" mais en disant à ma belle-mère que j'étais sûre qu'il attendait mon frère.

Le lendemain matin, mon frère m'a appelée en me disant que finalement il montait le voir. Il l'avait vu une semaine auparavant et ils avaient passé de jolis moments alors on tentait de protèger son fils des images un peu pourries de la fin pas bien jolie, malgré tout il a choisi de monter, en dernière minute, comme ça, le lundi matin. Quand il m'a dit ça, je lui ai dit que j'étais certaine que papa l'attendait, qu'il n'attendait plus que lui ...

Il l'a embrassé, lui a pris la main et lui a juste dit "ça va papa, tu peux y aller maintenant", il était à peine rentré à la maison que l'hôpital annonçait la nouvelle ...

Comment déjà, ma phrase fétiche ? "Pas de hasard, que des rendez-vous" ? Oui voilà, une fois encore !

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(sans doute la dernière fois que j'ai valsé avec lui)

Alors oui je m'attache à des signes, mais oui putain j'en ai tellement besoin ! J'étais si sûre qu'il attendait cette dernière visite pour lâcher prise.

Je ne vais pas fort, mais je vais bien quand même, c'est étonnant. On déménage pour le centre de la ville toute étouffante et toute polluée que j'ai mis tant d'années à aimer mais vers laquelle j'ai tant envie d'aller aujourd'hui, on déménage dans 3 semaines pour le centre de Grenoble, le début de la vraie liberté pour chacun de nous 3, le début de ma nouvelle vie de femme aussi j'en suis sûre. J'ai vécu en 6 mois l'abandon de 2 hommes que j'aimais, l'un par sa mort, l'autre par son silence révélateur, alors tu ne crois quand même pas que je ne vais pas me lâcher sur la vie dans les mois à venir non ?!

A moi la vie de citadine !

Je vais aller encartonner et ensuite voter, à gauche bien entendu !

 

 Je te laisse avec la musique de son dernier voyage, choisie par son fils ... il s'appelait Jean-Pierre et il avait 66 ans, c'était mon drôle de père pas toujours attentif, mais c'était mon père et je l'aimais fort bordel de merde !

 

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02 avril 2012

"La vie est un sport individuel"

Tu connais mes théories à la con qui me font dire à la mode Eluard, qu'il n'y a pas de hasard mais que des rendez-vous ?

Oui, bien sûr depuis le temps.

He bien là tu vois, les rendez-vous que j'ai pris soin de manquer constamment ont fini par plomber mon dos d'une douleur monotone que je trouve un tantinet longue à dégager ! Mais comme "la vie est un sport individuel "(lu dans le dernier Jean-Paul Dubois -j'adore-), j'ai du louper aussi quelques heures d'entrainement et mal retomber la dernière fois parce que dis donc, elle est chère la note !

Tellement douloureux depuis 2 mois, qu'à part un voyage en urgence vers ma Bourgogne natale et un voyage à Paris prévu depuis des mois, je ne fais plus rien, je ne vais même plus travailler. Ha si, j'ai visité les urgences de Grenoble par un dimanche matin de grand froid, et franchement mes voisins de brancards avinés et sanguinolents m'ont convaincue de ne vraiment plus rien faire, pendant un temps, au moins.

Oui je sais, j'aurais pu reprendre ce blog bien plus tôt, sauf que pour raconter que aîe, putain que ça fait mal, j'avais juste pas envie.

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Deverser ma colère contre cette pute de maladie qui transforme un jeune papa en veil homme triste et condamné, pas envie non plus.

Pleurer ma douleur de voir celui que j'aime en secret depuis bien longtemps, m'ignorer si facilement parce que l'appel de la jeunesse lui va mieux qu'une quadra solo souffrante ? Pas envie non plus.

Alors pourquoi aujourd'hui je reviens là ?

Parce qu'aujourd'hui j'ai un corps difficile et cassé que je tente d'oublier plusieurs heures par jour, un coeur en sursis d'amour, d'amour paternel qui s'en va au gré des seringues dans son bras, d'amour de l'homme qui ignore et qui m'a laissée un peu égarée un jour sur le bord d'un trottoir du canal St Martin. Parce que je ne peux pluss faire mon jardin oxygène, que je ne monterais sans doute plus sur une moto et que du coup mes sources de ressources s'étiolent.

L'écriture a souvent été mon amie autant que mon ennemie, elle m'a permis de dire des choses que j'ai parfois regretté, mais bien d'autres que j'ai aimé raconter et surtout elle m'a souvent ouvert la porte du bol d'air.

Alors pour tout ça je suis là aujourd'hui.

Au milieu de tout mon chaos émotionnel, je fais ma veille documentaire pré-électorale et j'ai peur pour la suite du dos du monde. T'as pas l'impression qu'il a le dos qui flanche Mr le Monde ? Moi, si !

Mais alors comment se fait-il qu'au milieu des larmes de douleurs physiques ou morales, j'arrive encore à voler en grand éclat de rire ? En espoir surfait de voir ce monde aller mieux et nos vies éclater de joie soudaine ?

Tu crois toi, que la nature profondément optimiste dont mes parents m'ont fait cadeau au point de départ me suivra jusqu'au point d'arrivée ?

Moi je crois, oui !

Voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide m'a toujours paru naturel, même dans les pires moments. Se dire que demain ne peut qu'être plus doux même après avoir hurlé l'inverse et même si ça n'empêche pas les coups de blues, c'est comme une religion. Je sais pleurer, je sais rire, je sais me plaindre, je sais écouter mais je sais par dessus tout qu'il faut pouvoir accepter tous les coups de la vie pour s'en faire une alliée. Ne pas lui résister au risque d'empirer les événements. Les prendre de plein fouet, pour les faire glisser le long d'une colonne épuisée, et les sentir, glisser ... Et du coup découvrir avec plaisir, tous les trucs à domicile, les courses, l'esthéticienne, les soins, etc ... C'est con hein, mais parfois, s'attacher au tout juste basique insctinct de survie c'est reposant.

Moi je crois juste que sans cette nature profondément optimiste dont mes parents m'ont fait cadeau au point de départ, je n'approcherais pas des 44 printemps avec l'idée que la prochaine moitié sera la plus douce.

Je lis ça et là, des états d'âme de quadras, qui de sa peau flasque, qui de son capiton relou, qui de sa lèvre botoxée-ratée, et je ne me reconnais pas dans ma génération, pourtant je ne suis pas non plus de celles qui vont dire que la quarantaine c'est le plus bel âge parce que ça, c'est juste n'importe quoi, ça sert uniquement à servir des revues de filles qui ont besoin d'être rassurées, ou alors ça parle de filles bien loties, bien épaulées, qui n'ont pas à se flinguer le dos en faisant le ménage, mais en vrai, on vous ment les copines, on vous ment, la quarantaine c'est tout moisi, mais faut vivre avec et au mieux, pas aller contre, surtout pas !

Alors ça doit être pour ça que ma co-loc a 28 ans et la joie de vivre en bandoulière. Tu me crois si je te dis qu'on est nées le même jour à 15 ans d'intervalle ? Que du coup je vois bien, dans le petit bout de ma lorgnette, comment je rebondissais sur la vie il y a 15 ans en arrière et comment tout cela a bien changé.

 

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Quand je les regarde faire depuis la fenêtre de ma maison-geôle, je les envie, j'envie le fait de pouvoir avoir mal aux muscles dans quelques heures, de pouvoir gratter ce globe en mal d'amour lui aussi (à moins que tout ceci ne soit que projections fortuites ?).
J'envie le chevauchement de la moto qui va suivre, les heures légères à respirer l'air sous la visière ... Nostalgie.

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Et moi aussi j'ai ce brin de nostalgie dont tu parles Oh! et ta définition me plait. "La nostalgie est douce, aigre, souvent utile parce que riche de sens. Mais elle n'est pas une ligne de conduite."

Non je n'en ferai pas non plus une ligne de conduite, mais j'aime qu'elle me rappelle des moments heureux.

Tout comme parler de mon enfance ou de mon adolescence avec mes garçons, leur raconter avec hônneteté les heures joyeuses autant que les autres, auprès de mon père. Profiter qu'il soit toujours là et encore inconscient de la gravité de la maladie que le tabac à généré chez lui ...

Je n'ai jamais autant parlé de lui à la maison, sans doute par réflexe, par instinct de protection des bons souvenirs. Il restera de nombreuses années pour penser encore les autres. Pour le moment, place aux heures gagnées, place au temps qui reste précieux puisque compté.

Je vais tenter de réparer au plus vite ce dos trop chargé en allant me faire soigner, bichonner, masser, perfuser, avant de pouvoir reprendre la route pour aller le voir, le câliner un peu, lui parler encore et encore.

Ensuite je rentrerai, retrouver mon job-passion qui se transforme en job tout court avec le départ de ma binôme de choc vers une biblicoquète qui lui offrira plus de possibilités d'évoluer que la nôtre, hélas. Je vais devoir apprendre à faire avec une nouvelle tête, après presque 6 ans d'une collaboration hors paire avec ma copine et j'ai pas envie de voir celle qui va la remplacer sur le siège à côté, mais alors pas envie !

Tu te demandais encore pourquoi mon dos avait lâché ?

Je suis sûre que maintenant tu sais.

On reparlera peut être de papa, sûrement même, quand je serai à l'hosto, j'aurai sans doute le temps de raconter un peu l'homme qui a tenté de façonner nos vie à son idée et qui avait presque réussi jusqu'à ce que sa fille décide d'avoir ses propres incompréhensions, son propre parcours ...

Allez hop, baume au coeur, écoute moi ça :

 

 

 

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29 octobre 2011

Un samedi soir sur terre.

 

"On écrit pour être aimé, on est lu sans pouvoir l'être ; c'est sans doute cette distance qui constitue l'écrivain"

Roland Barthes avait décidé que pour lui la littérature serait "esquive" ...

**********

 

T'as vu comme j'esquive bien ? Ben voilà, c'est ça être écrivain !

Sinon, je me disais que j'allais finir par faire de cet endroit mon post-it géant. Le big tableau où je pourrais laisser tous les trucs que je ne veux pas oublier, que je veux partager, archiver, imiter, oublier aussi ...

Tu veux savoir comment ça va dans ma tête de piaf ?

ça va, ça va.

Queuté un concours.

Entrée en période vapeur-vapeur et c'est super chiant si tu veux tout savoir.

Trouvé moyen d'oublier d'acheter la place du concert que je dois voir dans bientôt avec le couz'.

Découvert ce soir par hasard (mais il n'y a pourtant pas de hasard, alors ?) que Marlon Roudette (ex Mattafix, s'embarquait en solo, et j'aime vachement bien en vrai.)

 

 

Coupé les cheveux, courts, courts, courts façon Jeanne D'arc et c'est juste génial ! Tiens regarde, je suis allée chez le coiffeur avec cette image. Et je suis revenue avec cette "presque" tête là (je crois qu'elle est un tout petit peu plus vieille que moi, la fille de la photo) :

 Se met à aimer soudainement la crème de marrons, et ça, ben c'ets juste n'importe quoi.

A des grosses envies de rouler, mais n'a toujours pas de moto.

A découvert cet endroit de folie lors de sa dernière formation et a compris qu'avec la seule volonté d'un homme, la politique de la ville pouvait juste tout changer (en tous les cas beaucoup de choses!)