Mais où se posaient les hirondelles avant l'invention du téléphone?

petites histoires en vol .....

23 juin 2009

Profane ou sacré ? Les deux mon capitaine !

Frérot, vous avez compris, c'est mon héros hein. En plus c'est le seul de mon entourage a avoir osé faire bosser l'industrie motarde française, Voxan pour ne pas la citer.
Et quand frérot fait des bébés, il ne fait plus de moto.

Et voilà.

Nan, rassurez-vous, je vais en écrire un peu plus tout de même.
Donc, qui c'est qui hérite du super caxe quasi tout neuf de frérot quand il arrête la moto, hein ????
Hé bé oui.
Enfin, jusqu'à ce qu'il se décide à en refaire. Ce jour là je lui rends et je reprends le mien.
Mais alors, que je vous dise à propos de ce caxe bizarroïde. Avant, quand j'en croisais avec ce machin de robocop, je me disais justement qu'ils avaient l'air de buses. Maintenant je me dis, qu'en moins imposant ce serait carrément bien.
Figurez-vous que c'est pas de St léger le machin là, je veux dire, quand il est relevé. ça te fait un poids sur le crâne, malheureux ...
Bref, j'ai testé le caxe dimanche dernier (pas hier, celui d'avant, mais je suis super en retard dans l'écriture de mes mémoires là, je sais) lors de mon pèlerinage en Chartreuse (ne faites pas les innocents, vous savez bien que la Chartreuse, moi j'aime bien m'y rendre régulièrement).
Bon alors dimanche, 12H30, alors qu'il ne faisait presque pas chaud, 33 ou 34° à l'ombre (chui désolée pour l'aut' motard qui s'la pète en Guadeloupie, mais pas besoin d'aller si loin pour crever de chaud, pi moi en plus je rajoute du cuir, ha !) j'ai décidé de partir faire ma petite virée motardesque après une matinée ménageuse, et en Chartreuse pour aller prendre le frais et visiter un truc que je n'avais encore pas visité.
Me v'la partie avec mon super caxe de la mort qui tue ! Lui : Le modulable.

caxe_modulable

C'est le genre d'outil, il faut quand même bien les deux mains pour décliper les 2 pattes latérales et l'ouvrir comme sur la photo.
Bon une fois que c'est fait, tu réalises à quel point c'est vraiment génial de sentir l'air jusque sur toutes tes joues. Ben oui parce que le casque intégral, lui il t'aère les yeux, les pommettes et le nez, mais ni le menton, ni le cou, bref, il est intégral. Lui, il module l'intégralité, ok ?.
Alors quand tu te fais un bout de rocade (notre périph' à nous ici) tu rabaisses tout et dés que tu attaques les cols, tu l'ouvres pour sentir l'air montagneux. Fais gaffe, col ça veut dire grand virage, et qui dit grand virage dit aussi tiens bien le volant. Donc ouvre les écoutilles en grand avant les grands virages c'est quand même ce qu'il y a de plus malin.
Ouais sauf que ...
Ben sauf que quand tu roules dans le parc naturel de la Chartreuse, t'es en pleine nature donc et là c'est plein de grosses bestioles vilaines qui essaient de rouler plus vite que toi, mais en sens inverse et à grand coup d'ailes, les connes. Genre, un pauv' jeu video dans lequel tu vas à comme un dingue et tu bifurques au dernier moment, si tu te loupes, pas grave tu tombes du canap'. En vrai, dans la forêt où tu lâches pas ton guidon d'un œil et que tes mains sont bien occupées à débrayer, accélérer, freiner, débrayer, accélérer, le but c'est en prime de shooter les vilaines grosses bestioles (oui oui, je tue des insectes et je n'ai même pas honte !) avec le caxe. Hmmm. Alors  c'est là que tu te dis que le casque intégral c'est fichtre bien.
Je me suis fait laminer la face, parole de motarde ! Merci frérot !
Du coup je suis allée me reposer à l'église ... Oui, oui, oui, il fait frais dans ces endroits là.
Mais pas dans n'importe quelle église, une qui fait musée. Une dont ma copine au chocolat m'a dit un jour :

"Han, mais t'es encore pas allée là-bas toi ????? Alors vas-y, tu verras, tu vas adorer ..."

J'avais donc une lacune à combler et comme depuis quelque temps j'étais un peu en manque de ces balades mécanico-spirituelles, je suis donc arrivée à St Hugues en Chartreuse pour aller voir les œuvres du Sieur Arcabas.

Arcabas, ne pas confondre avec Bartabas (je dis ça parce que la première fois, moi  j'ai fait la confuse, alors bon...)

En vrai, quand j'ai poussé la porte de l'église, blouson collé de sueur, casque à la main, cheveux dégoulinants, et bouille rouge de chaleur, j'ai été tellement soufflée par l'ambiance que je me suis posée directement sur un prie Dieu (pas la mante religieuse hein, le banc, banane) pour observer le spectacle. Et c'est un vrai spectacle tant il y a de couleurs, de formes, et de différence radicale avec les icônes classiques.

J'ai lu quelque part que Arcabas c'est ce type hors norme qui a su remettre un peu de profane dans le sacré (ou quelque chose dans le genre, mais ça voulait dire ça) et je suis diablement d'accord.

J'ai même dit à ma copine de K que je trouvais ça sacré-ment couillu de coller ce genre de sculptures dans une église.

adam_arcabas3

Alors, hein ? Pas beau le crâne d'Adam, bronzé, dans le genre casque intégral pas du tout modulable  ?

Non mais sérieusement c'est unique en son genre cet art sacré contemporain. Les portes d'entrée cloutées comme nos vieux perfectos, c'est terrible. Et très honnêtement, je ne pensais pas que l'église accepterait d'entreposer en son sein autant de chefs d'œuvres, j'en reste bluffée. Cela dit, Arcabas à tout de même consacré 33 ans (encore un symbole ?) de sa vie à la réalisation de ce chantier. Rien que ça, fallait le noter.

ange_espi_gle

Ha et puis tiens, regarde, même les anges se déplacent sur deux roues ...

Musique sacrée ou musique sainte ? De la sacro-sainte bonne musique alors, là :

J'aurais bien mis le Stabat Mater, mais en cherchant le lien, je me suis faite détournée du droit chemin par des vilains garnements, écoute cette version du Kyrie, je kiffe grave comme dirait dame de K, mais c'est trop court, pfff ! Bon, en vrai je préfère la vraie version, mais on est dans le trip sacré-ment couillu non ?!

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11 juin 2009

Accorder en genre et en nombre

Parfois des images troublantes viennent bouleverser le quotidien.

Mon grand qui fêtera bientôt le cent soixante quatrième centimètre qui le mettra à ma hauteur (juste avant de me dépasser) avait en charge la surveillance de la voiture.
J'étais à la librairie, récupérer une commande et prendre au vol quelques nouveaux titres, et comme il est encore un peu handicapé avec son pied opéré, je lui ai proposé de servir de ticket horodateur, de garder la voiture et mon sac dont je n'avais pas besoin. Il a dit ok sans problème, comme toujours ...

Un quart d'heure plus tard, en ressortant je vois deux hommes discuter autour de la voiture et je me dis que merde, mon ticket vivant n'a pas suffit, va falloir défendre ma cause et expliquer pourquoi je n'ai pas pris la peine de payer le parking.
J'arrive à leur niveau, l'un d'eux s'éloignait et l'autre faisait un bien gentil sourire à mon gamin. Arrivée à sa hauteur le gars comprend que je suis la maman, et me dit de ne pas le gronder. Alors je regarde dans la voiture et je vois mon grand en train de refermer mon porte monnaie ...
Il ne dit rien, et le gars m'explique, qu'il est en train de faire la manche, mais qu'il n'a rien demandé au petit, que c'est le gamin qui lui a tendu les 2 euros.
Je vois bien qu'il ne raconte pas de salades, qu'il est mal à l'aise dans cette situation, alors je le rassure et je regarde mon grand.
C'est là que parfois des images troublantes viennent bouleverser le quotidien. Il y a deux jours, je l'ai vu serrer les dents pour ne pas pleurer à la clinique, et là, dans ses yeux, j'ai vu un litre de chagrin l'envahir, alors j'ai poliment salué le monsieur en lui promettant de ne pas gronder mon fils, mais bien au contraire, de le féliciter pour lui montrer combien je suis fière de son geste et j'ai démarré.
Au premier feu rouge j'ai tourné la tête et je l'ai regardé essuyer pudiquement ses yeux humides.

-C'est bien ce que tu as fait Valou, je suis fière de toi tu sais.
-Maman, il ne m'avait rien demandé tu sais. Il venait de demander à une grand-mère qui lui a dit non, ça m'a fait mal, alors j'ai cherché les 2 € que tu gardes toujours pour dépanner. Je voulais pas donner plus, et il m'avait rien demandé, il m'avait rien demandé.
-Ça va, ça va, t'inquiète pas, je suis fière de toi, pas du tout en colère, t'inquiète pas.

On a parlé tout le long du trajet de la générosité, de la différence, encore. Et j'ai l'impression, sans trop m'avancer, que les années pénibles qu'ils ont vécu à mes côtés, les ont fait grandir trop vite ...
Nous aussi on a frôlé la rue, nous aussi on a été aidés pour se loger, nous aussi on avait un revenu fixe mais pas assez pour survivre à trois dessus, comme le gars qu'on vient de laisser.
Et voir ce môme de pas encore 12 ans, avoir ce geste, moi ça me brise en deux, je me demande où est son innocence disparue !

SES_YEUX

Quand j'avais 12 ans, j'ai ouvert aussi le porte monnaie de ma mère, mais pour piquer des sous et aller acheter des clopes.
Quand j'avais 12 ans, je croisais une personne en train de faire la manche, une fois par an à tout casser, et on m'avait gentiment appris à me méfier, qu'il s'agissait de mauvaises personnes ou un truc dans le genre.
Quand j'avais 12 ans, je lisais des histoires d'enfances difficiles pour pleurer mais c'était de la fiction, loin de moi, ou bien caché.
Quand j'avais 12 ans je ne crois pas que je regardais les autres comme Lui, avec toute cette compassion.

Et finalement ma fierté je me demande si ce n'est pas plutôt de l'inquiétude dissimulée pour cette enfance aux raisonnements d'adultes.
Il est quand même rude ce monde qu'on leur offre, pas près de s'adoucir en prime. Alors quand on me dit qu'il faut leur préserver leur enfance, moi je dit oui d'accord, mais je fais comment ? Je leur cache les yeux ? Je leur bouche les oreilles ? Je ferme leurs cœurs ?

Parfois des images troublantes viennent bouleverser le quotidien, et je ne sais pas quoi en faire, alors on repart avec, en les rangeant chacun dans un tiroir de notre cœur, pas forcément le même, et on essaie de changer de sujet ... Et il me parle du dernier livre qu'il a aimé "Coffee" de Edgar Sekloka, et me demande si finalement je l'ai terminé le Emmanuel Carrère ou si je l'ai jeté comme c'était à prévoir ...

Alors ce soir je reprends son livre et je lis la quatrème de couv', ça dit :

"Mon père, avant c'était un numèro de magicien, le coup de la pièce qui sort de l'oreille. Après c'est devenu un numèro de compte. Et maintenant c'est un numèro de téléphone. Je suis un chiffre. Papa et maman sont ma racine carrée. Je suis leur numéro commun. Un, un, un : trois fois le même, je suis comme eux, sans personne."

A l'occasion, je le lirai celui-ci, mais là tout de suite j'ai "Le pont, un effondrement" de Vitaliano Trevisan  qui m'attend, alors je ne vais pas le faire attendre (pour une fois qu'un roman parle de moto).

Et puis comme je ne veux pas vous laisser sur une gorge nouée, je vous laisse avec ces deux là, je ne sais pas ce qu'ils se racontent, mais ils m'ont touchée dans leur intimité d'hommes ... qui partaient à la rencontre du nouveau petit bout de famille, couvé par la maman.

Tom___daddy

Je veux continuer de croire qu'on peut s'accorder en genre et en nombre ...

Et dans ce domaine, La Cherga, c'est pas mal, mélange de groove, jazzy, dub, electro, le tout mixé à la sauce balkanique, c'est tout cool.

Je vous prête le bonsoir les hirondelles.

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30 mai 2009

Page d'une thèqueuse qui n'est finalement pas partie à moto ce week end et qui a bien fait parce qu'il pleut !

Je me fais souvent prendre au piège des jeux de mots, ou des phrases jolies, mais le piège est quasiment toujours délicieux, alors je joue le jeu et je persiste à adorer être au prise au piège des jeux de mots.
Par exemple, récemment, deux gros coups de cœurs grâce aux titres qui m'ont séduite et aux intérieurs chatoyants qui m'ont confortée dans la séduction.

Le premier c'est "Du vent dans mes mollets", de Raphaële Moussafir et Mam'zelle Rouge. Bon en vrai c'est Raphaël qui avait écrit l'histoire de Rachel, 9 ans, mal entourée la pauvrette (parents ignobles, copine de merde, instit' humiliante, bref ... mal entourée c'est gentil) et qui se retrouve en séance psy une fois par semaine parce qu'un beau soir elle s'est mise à se coucher toute habillée et accompagnée de son cartable.
L'histoire dure et parfois éprouvante de l'enfance, mais croquée ici par Mamz'elle Roüge, qui a même un blog tout joli et qui nous rend cette lecture douce comme une pomme d'amour (va voir son blog, tu comprendras).
Je comprends que Raphaële se soit laissée piéger par le coup de gribouille de Mamz'elle Roüge, parce que je suis complètement sous le charme aussi. Les visages ronds, les regards expressifs, les couleurs franches, moi, ça, ça me cause et je peux te dire que dans la biblicoquète, elles n'ont pas fini de passer de mains en mains les filles qui ont fait Rachel, parole de thèqueuse !

[Et c'est en écrivant ces mots que je réalise une nouvelle fois à quel point on peut faire la pluie et le beau temps sur un bouquin, incroyable !]

Ha oui, j'ai oublié, "Du vent dans mes mollets" c'est une BD ou un roman graphique, au choix, après avoir été un roman et une pièce de théâtre il y a quelques années, mais c'est un petit bouquin à lire, à offrir pour tout ce que je viens de raconter. De ces petits livres d'artistes qui mêlent bons mots, jolis dessins et collages pour le plaisir de nos yeux.

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Du vent dans mes mollets. Raphaël Moussafir et Mam'zelle Roüge. Éd Intervista. 2009. 16,50 €

Dans la série petite perle au titre affriolant, voici "La patience des buffles sous la pluie" de David Thomas. Un premier opus du monsieur qui officiait dans le journalisme d'abord puis dans l'écriture de scénarii et le théâtre avant de se lancer dans un truc qu'il n'abandonnera j'espère JAMAIS, la littérature.
Sérieusement, tu l'imagines toi la patience des buffles sous la pluie ? Et pourquoi d'abord ? (Réponse p.74 du livre. Ben attend, si je veux pouvoir lire encore ce gars, et l'épouser aussi,  je dois faire sa pub et pas te livrer tous ces textes comme ça dis donc !)

Quand je vois un titre pareil, je plonge dedans, et c'est marrant mais souvent c'est jouissif.
Franchement ce David Thomas, il est vraiment fort, tant dans sa manipulation honteusement divine de la langue, écrite, parlée, susurrée, gerbée. Il fait comme il veut avec les mots, les structures grammaticales et les idées reçues, mais le fait si bien qu'on a tout de suite les images qui vont avec les mots, comme un petit haut qui va bien avec un petit bas...

"Quatorze fois

Tu me fais un petit bisou? On va se prendre un petit café? Je fume une petite clope (roooo on dit UN clope et pas une, tssst ! NDLaFéKa) et on y va. Si on se faisait un petit ciné ce soir? Ou alors on reste tranquilles avec un bon petit bouquin. Devant un petit feu... Tu sais ce qui me ferait plaisir pour les vacances? C'est un petit voyage en Italie. T'as vu mon petit haut? Je vais te faire une petite pipe. T'as un petit air bizarre...

En dix minutes, elle a trouvé le moyen de dire petit au moins quatorze fois. Quelque chose me dit que je ne vais rien vivre de grand avec cette fille."

Il écrit à la truelle ou envoie des grands coups de plume, j'aime. Beaucoup.

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La patience des buffles sous la pluie. David THOMAS. Éd. Bernard Pascuito, 2009. 16,95 €

Bruits.

Parfois quand elle n'est pas là, je ne pense pas à elle mais à tous les bruits que j'entends quand je suis avec elle. LE tiquitiquiti de la fourchette au fond du saladier quand elle fait la vinaigrette. Elle va tellement vite qu'il n'y a qu'elle pour faire un tiquitiquiti pareil. Le claquement de ses tongues contre ses pieds quand elle traverse la terrasse en été ou les petits clics que font ses bagues quand elle attrape son verre de wisky. On dit que les hommes sont visuels, mais moi, rien ne m'émeut plus que les sons qui vont avec une femme. Une femme pour moi, c'est des sons. Je me souviens d'une qui faisait toujours claquer ses ongles en joignant son pouce et son annulaire. Une autre, c'était les légères succions de sa langue quand elle dormait, une autre, c'était des gargouillis, quand elle avait faim elle était pire qu'un lavabo. Elle, ce qui la caractèrise ele plus, c'est le bruit de son sourire, elle salive tellement que quand elle sourit, sa bouche fait le bruit des bulles qui éclatent. J'aime bien ce bruit. Quand elle n'est pas là, je me le mets en boucle, ce bruit."

A la fin de cette historiette j'ai repensé à celui à qui j'ai dit un jour que je ne me souvenais plus de la couleur de sa voix ni du son de ses yeux. Son regard est si explicite que j'ai l'impression qu'il parle, et sa voix si envoûtante qu'elle pourrait être une couleur chaude. C'est marrant, mais c'est vrai qu'on est visuels. Je suis sûre que chacun retrouve un morceau de son vécu dans ces paraboles insolites et je me suis parfois demandée, pendant ma lecture, si cet homme n'était pas lui même un peu fouetté par les désillusions, parce que les thèmes abordés dans les 69 vues de la vie, nous sont tous connus,  de l'amour à la haine, en passant par la solitude, l'amitié et l'abandon, David Thomas les traite tour à tour légèrement, gravement ou avec désinvolture, comme quand on fait des pieds de nez. Sauf que lui, il a une aisance incroyable pour croquer ces scènes de vie.

En lisant ce livre, j'ai parfois eu l'impression d'épier les voisins, les amis, la famille, et parfois l'impression de m'épier moi !

Allez, réfléchis un peu, je suis sûre que l'histoire des bruits t'a fait penser à quelqu'un ou quelqu'une, raconte.

Sinon, dans les livres au titre insolite j'ai ça aussi en stock :

"La vie de Marie-Thérèse qui bifurqua quand sa passion pour le jazz prit une forme excessive." Michel Boujut (c'est un polar, je ne l'ai pas encore lu ...). Tu en connais d'autres toi ?

Du son pour finir ?

Juste envie de ré-écouter cette chanson qui me colle la chair de cocotte à chaque fois qu'elle arrive dans mes oreilles, "Le temps des gitans". Et à propos des Roms (Tu savais que ce mot est un endonyme?) il faut lire, ABSOLUMENT "mon amour, ma vie", de Claudie GALLAY, dur, triste, mais encore une fois, tellement bien écrit ... On balance avec le môme entre l'envie de croire encore à un demain possible et le désespoir obligé. A lire quand on n'est pas en mode déprime, sinon se plonger sans retenue dans le Tome 4 de "Aya de Yopougon" (pour ceux qui ont déjà savouré les 3 premiers et qui n'auraient encore pas lu le 4. Ce quatrième volet de la saga ivoirienne est une merveille de marrade !)

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24 mai 2009

Mon penthouse à moi.

Wo, wo, wo !

Tu rigoles, mais c'est par ce que tu ne sais pas tout, han !

Ouais ouais, j'te vois là, enfoncé dans ton moelleux fauteuil pendant que je suis obligée de désherber mes salades, feignasse va !

Bon faut quand même que je plante le décor, enfin, je crois.

Donc, il y a un peu plus d'un mois, j'ai déménagé pour la ... heu, ben pour la 19è fois en fait ! Et pour tout dire, j'en ai un peu ras le bol des cartons, mais comme la vie est trop bien faite, cette fois j'ai viré les cartons, par ce que, sauf si on me sort d'ici à coup de démonte-pneu, moi,  j'ai plus du tout l'intention de me déraciner. Et pour confirmer ça, je m'enracine à grand coup de plantations potagères.

Quand on m'a annoncé que j'étais retenue pour cet appart au milieu de 40 autres candidats, on m'a dit que c'était au 2nd sans ascenseur (De toute façon j'ai toujours été entre le 2 et le 5 sans ascenseur, alors bon, on perd 3 étages, c'est cool) mais le vrai délice a été quand ils m'ont dit que j'avais un jardin.
Dans ma tête de piaf, crois bien que je me suis imaginé un jardin sur une big terrasse, comme dans ce vieux film "green card" où j'avais complètement halluciné sur les plantations de la nana en haut d'une tour !
Vise un peu ... (bon ok, là c'est sans plantations, mais tu vois un peu la terrasse au sommet ????)

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Bon évidement, j'aurais fait quelques petites transformations, genre pelouse au sol pour glisser les orteils dedans le soir à la tombée de la nuit  (je ne sais jamais si on écrit "coucher de soleil" ou "couché de soleil" alors ce sera "tombée de la nuit" et voilà).

Bref, quand j'ai cru que j'allais avoir un vrai penthouse, j'ai commencé à avoir la banane scotchée au plafond des oreilles tellement j'étais contente. T'imagines ? Non, j'vois bien que non. Mais bon sang c'est pas compliqué pourtant, le soir à la tombée de la nuit donc, tu te mets dans la pelouse de ta super garden-terrasse pour admirer les étoiles qui s'accrochent au sommet des montagnes, un thé fumant dans une main et même pas un clope dans l'autre (que nenni, on a dit) et tu regardes pousser les fleurs et les tomates (des cœurs de bœuf, des roma et des steakchaispasquoi que mon voisin va inonder de bouillie bordelaise-manquait plus que les bordelais et leur bouillie dans mon jardin !- pour qu'elles tombent pas malades il a dit.)

Sauf que ...

Hé oui, fallait bien un "sauf que".

Sauf que, l'appart est bien au 2nd, mais le jardin lui, il est à une altitude on ne peut plus normale, à savoir ... En bas ! C'est tout de suite moins romantique, moins penthouse, je sais.

penthouse

Penthouse en face ma chambre (si si, regarde bien, on voit très bien le jardin en friche au sommet, par contre je ne peux pas mettre le son et c'est bien dommage mais sache que sur les coups de 4h' du mat je deviendrais bien chasseuse de piafs pourris moi !)

Mais je m'en fiche, je suis tellement contente de pouvoir gratter le globe, que même si j'avais dû faire de la spéléologie pour aller arroser, je l'aurais fait (ouais, enfin, peut être pas non plus).

Dés la première semaine, mon gentil nouveau voisin (on arrive tous au compte-goutte, et là on est 3, ça va, ça se gère) me dit que je dois planter les salades, c'est début mai, c'est maintenant !

En vrai ça fait ça :

"Ti li doit planter li salades, pi li patates aussi co ça ti li mange les patates friches qui si l'est tri bon. Pi ti li n'achète pas li outils, ji ti li prête".

Mon voisin, c'est simple, je l'adooooore. Arrivé du bled l'année où je suis née, il est une image locale, mais moi, ce que j'aime chez lui, c'est qu'il me fait toujours marrer même quand c'est pas l'heure. Genre vendredi soir, je rentre du boulot, 19H, sapée boulot (donc pas jardin) bagues aux doigts, petites chaussures vert-gazon, jupette à frou-frous, bref, vêtue façon boulot donc. Il me voit arriver, se jette sur sa pioche et entre dans mon jardin (oui on a tous les 2 le nôtre et normalement ça ferme à clé mais nous on ferme pas.) pour piocher les pommes de terre. Je lui demande de m'attendre que je voudrais me changer avant d'aller piétiner dans la terre. Il me dit :

"Mi nan, toi ti li reste là, ti li sais pas faire, les femmes li sait pas faire ça, moi ji li fait" Grrrrrr !

Bon je grogne 5 minutes pour le faire rire, et je me fais une place vers lui, pour lui montrer que je sais faire un peu (je suis quand même née dedans dis donc) mais que j'aime bien qu'il s'approprie (un peu) mon espace.

Au départ je voulais faire quelques salades, un pied de tomates, des aromatiques, et des petites fleurs, mais je n'ai pas eu le choix, et je l'ai écouté ... Maintenant il y a salades, tomates, courgettes, concombres, fraises, oseille, menthe, persil, oignons, et j'ai restreint !!! Vendredi il m'a dit:

"Là ti li va mettre li haricots " en me montrant une petite parcelle de terre vierge !

Cette fois j'ai dit "HA NON ! Pas des haricots !"

Mr Pierre (t'imagines bien que c'est pas son vrai prénom), il ne veut pas voir que j'ai un job à plein temps, 2 nains, une moto, et des tonnes de livres à lire, non, je crois qu'il ne veut pas voir, il a juste envie que j'ai un joli jardin comme le sien !

Il m'a dit autre chose qui m'a fait rire en grand. Quand je lui demandais si les enfants ne faisaient pas trop de bruit, puisqu'on est juste au-dessus de lui, il m'a répondu :

"Mi nan, pas li pitits, mi toi, oui. Ti li marche fort, ça fait comme si ti li marchais dans ma tête"

J'ai promis d'essayer de marcher sur la pointe des pieds désormais et il s'est bien marré, mais j'aime vachement l'idée que je marche dans la tête de quelqu'un de chouette, ouais vachement bien.

Tu vas bien me dire qu'il a déjà tout pouvoir sur moi, hein, mais j'essaierai à l'avenir de te prouver l'inverse, et à moi aussi je vais me prouver l'inverse !

Ce billet a été écrit il y a quelques jours, j'attendais d'avoir une ou deux photos  pour décorer.

Mais il m'est arrivé un truc de fou depuis, je me retrouve avec des haricots et des petits pois à planter, t'y crois toi ?!

Musique ? Ben là tout de suite, je suis complètement déconcentrée par les rugbymen qui ont (encooooore) gagné et qui chantent TRÈS fort ... l'histoire d'une pauv' fille qui s'appellerait Madeleine et pi qu'à pas d'chance parce qu'elle a les genoux cagneux, le vagin rouillé (c'est jouable ça ?) les chevilles tordues, la chatte qui pue ... bref.

J'aime bien la poésie du dimanche soir d'après victoire, au village ! (bon fais comme moi, croise les doigts bien serrés en espérant un match perdu un de ces jours !)

Sinon, en vraie musique, ça va bien ça pour bosser dans le garden par 35° à l'ombre !

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08 mai 2009

3 ans déjà !

Trois ans qu'on est là les copains, trois ans qu'on regarde passer les saisons, les Noëls, les étés, les uns et les autres, ça va, ça vient, de la vie, en quelque sorte.

Trois ans que ce muret m'a sauvé la vie justement, quand rien n'allait, que tout était sombre, que je passais mes jours et mes nuits sur ce pc, que je voulais dire mais pas tout raconter, sentir et ressentir les émotions virtuelles pour ne plus avoir mal en vrai. Trois ans et 250 billets. Trois ans que je raconte mes petites histoires en vol, mes amis, mes enfants, mes amours, mes passions.

Amour, passion ? A ce sujet, je me disais ...

C'est toujours étonnant comme on est attiré par tout ce qui nous échappe, parfois même par ce qui nous repousse, en tout état de cause par tout ce qui nous fascine. Dans la fascination il y a l'intouchable, le démesuré, le lointain, le mystère aussi. On est plongé dans le plaisir pur, dans les désirs souvent interdits. Mais y a t-il réellement plaisir quand le désir est autorisé. La sensation de ne plus jamais vivre ce plaisir intense est vraiment forte, à faire rompre le cœur, quand le plaisir est un désir transgressé.
Je crois que quand on n'est plus fasciné, il manque une dimension au sentiment d'amour. Enfin, on aime fade, tiède, amical, ça peut être une forme d'amour aussi, ou un choix, celui qui esquive la prise de risque, celui qui garanti la non-solitude.
Pourtant, en regardant un peu autour de moi, et surtout avec ces années de recul, durant lesquelles ma solitude a parfois été un poids, parfois un soulagement, je vois trop de gens seuls à deux.
Ces couples me font peur. Et je me dis qu'ils ont choisi la solitude à deux parce que c'est vrai qu'être seul n'est pas qu'un état de fait, de société, d'air du temps, c'est aussi tout un apprentissage.
C'est apprendre à placer l'oreiller sur l'épaule de telle sorte qu'il ressemble à une épaule d'homme, c'est essuyer soi-même ses larmes les jours de grande fatigue, c'est faire les courses autant que la vidange de la voiture, rassurer des enfants en répondant au courrier administratif, c'est se faire des compliments en se regardant dans le miroir avec cette nouvelle coupe de cheveux.
Bien sûr que j'aimais bien quand c'était mon chéri qui me félicitait sur ces cheveux courts qui donnent 10 ans de moins, mais il n'empêche que je sortais de chez le coiffeur en me disant "j'espère qu'il remarquera" alors que maintenant je me regarde dans les vitrines qui jouxtent celle du coiffeur et je me souris en me disant que j'ai drôlement bien fait, mais qu'aucun homme ne me dira si c'est bien ou pas.
Vraiment vivre seule ça ne s'apprend pas en 2 jours, mais quand on maîtrise un peu plus, n'est ce pas trop difficile de revenir en arrière ? N'est-on pas devenus trop fermés ? Je me questionne beaucoup à ce sujet en ce moment, parce que je sens que l'habitude d'être seule s'est bien ancrée dans ma vie. Parce que la vie va de mieux en mieux, que les années noires sont sans doute enfin derrière moi. Alors si je regarde derrière justement, ça me colle un vertige monstrueux mais je vois surtout une chose, je vois une nana seule sur ces chemins tellement boueux, elle tangue, elle vacille, avec juste deux petits bonshommes qui pendent au bout de ses bras fatigués.
Alors oui, forcément, depuis quelques semaines, un vrai retour à une vraie vie normale, dans un vrai chez moi, ça me donne des ailes, et souvent,  on me dit que la seule chose qui manque à ce joli petit cadre tout neuf, c'est un amoureux.
Si je me pose et que je réfléchis, je me demande si je saurais donner à un seul tout cet amour que j'ai stocké depuis si longtemps.

Doisneau02

Moi je crois que j'ai toujours aimé les hommes qui ne voulaient pas de moi. Ou alors qui auraient bien aimé, mais dans une autre vie, celle d'avant ou celle d'après, sauf que moi, c'est celle-là de vie que je veux vivre.

Est ce pour cette raison que depuis quelque temps déjà je ne vis plus l'amour palpable au quotidien, l'amour qui pourrait être une vraie histoire ?

ENVIE

Ou bien est ce par crainte de l'abandon qui se produit toujours, que je m'accroche jusqu'à sentir naître d'éventuels sentiments ?

Je ne sais pas mais en lisant chez Olivier ce soir, le commentaire d'un de ses lecteurs, Manu, j'ai pris une claque en pleine face, en lisant ces mots :

"Est-ce qu'au fond, dans l'admiration de l'autre, on ne rejette pas une partie de nous-même qu'on a du mal à assumer ? Est-ce que la passion, l'emportement, la souffrance, n'est pas une maladie du moi qui s'oppose au véritable amour, lumineux et serein ? C'est ce que je me dis parfois, quand je rêve de tomber amoureux pour déranger ma vie."

J'adore, j'adore, cette vision des choses, rêver de tomber amoureux pour déranger sa vie, après avoir tant tenté de la ranger justement, de l'organiser, de la faire tenir debout. La déranger ? Ha oui alors ! Voilà bien un concept qui me plait !

Et voilà, ce qui fait que depuis trois ans, malgré les vents et les sales tempêtes, je suis toujours là, pour ces petites perles qu'on découvre de blog en blog, pour ces lectures qui font du bien, qui font avancer, pour ces invisibles qui ne savent pas à quel point ils peuvent sauver des vies en déroute.

Voilà pourquoi je ne me séparerais sans doute jamais de mon muret, même si je lui suis moins fidèle depuis quelque temps, il sait que je reviens, toujours !

En lisant un truc sur René Char, je suis tombée sur cet aphorisme :

"Dans la boucle de l'hirondelle un orage s'informe, un jardin se construit" Quelle belle image !

Et une musique que j'écoute bien en ce moment, c'est on the cool, c'est DJ Shadow et c'est 9 minutes !

Bon week end, moi je file au pays du chocolat !

 

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26 avril 2009

Coucou, me revoilà !

Ouillouillouille !
Presque un mois d'absence et quand je reviens je prends un vent de panique, Canalblog est tout bizarre, vert et gris, pas disposé comme avant, à croire que lui aussi il a déménagé dans la campagne et que ce matin le ciel est tout gris !
Bon remarque, ça va, en 5 minutes je suis déjà rodée. A moins que ce ne soit la force des habitudes. L'adaptation rapide aux changements. Va savoir Charles ...
Alors, alors, comment ça va les lapins ?
En forme ?

Ici, écoutez ça va pas mal, je mesure chaque jour le plaisir d'avoir un vrai chez soi, de retrouver nos livres, fringues et diverses petites choses oubliées dans les cartons.
On a passé une année "parenthèse" dans un chez nous pas à nous et loin de nos écoles et boulot, pour tout un tas de raisons pas forcément rigolotes donc inutiles sur ce muret ...
L'important c'est aujourd'hui et mes loulous qui revivent, et qui revivent tellement bien que j'ai déjà plein de petits invités dans ma nouvelle cabane, que je me transforme en cuistot mais que j'adore ça !
(Quelqu'un peut me dire pourquoi des petits bonhommes en bleu jouent la marseillaise devant l'église ce matin ? C'est quoi le 26 avril ?, j'avoue ne pas être fortiche en date mais là, je sèche pour de vrai ...)

Bon quand même faudrait pas croire que tout est rose non plus !

P1030648

Par exemple ce matin, avec mon grand, on décide d'aller courir un peu (oui oui vas-y marre toi, t'as le droit, il y a 15 ans que je n'ai plus fait de truc aussi ballot !) laissant le nain et son pote sur leurs consoles, maudites consoles abrutissantes, bref. On part courir, et je me souviens même comment on fait dis donc !
Bref, entre deux apoplexies et trois arrêts cardiaques du genou, je suis en nage, mais j'admire ce paysage qui entoure notre chez nous, les chevaux à gauche, les vaches et moutons à droite, sans parler du chant infernal des crapaud qui crapahutent gaiement sur le dos des grenouilles, parce que c'est la saison [Tiens parait qu'ils vont mettre des panneaux "attention crapauds" bientôt, histoire de pas les écrabouiller. Oui ben, c'est un peu pas facile de ne pas les écrabouiller, par ce que tu vois la dernière fois que je suis revenue de chez frérot, de son trou du cul du monde là bas où vivent quelques 60 âmes humaines mais 3 fois plus d'animaux, je me suis retrouvée, de nuit, sur une route toute étrange. La nuit je ne vois pas très bien sur les routes où on n'a pas fait de peinture, et j'avais la musique bien fort, mais va savoir pourquoi, quand j'ai senti que le revêtement était tout moelleux, j'ai baissé le son (oui, ma vue marche souvent avec mon son, cherche pas, chui mal foutue ) et là, malheureux ...
J'ai compris que je roulais sur un tapis de crapauds, j'te jure que ça fait un effet boeuf ! Et alors,  si tu recules, tu les écrabouilles, si tu avances tu les écrabouilles, du coup panneau ou pas, faudra qu'on m'explique comment on fait pour pas les écrabouiller les bestioles hein ...]
Bref, on couraient donc, cheveux au vent, respirant le bon crottin tout frais des chevaux très beaux (ho, ça va, je peux aussi essayer d'être pouète !) quand soudain, un dame chapeautée sort de derrière un muret en disant " Attention ! N'ayez pas peur, elle est gentille ". Mais qui donc ?

  pitbull_2
Et que personne ne me dise que c'est joli ce truc ou je mords !

Le temps de se demander qui est gentille, un pit bull passe le mur tel un sauteur de haies et se plante devant moi. Pfiouuuuu la vache, mon cœur est presque hors de ma poitrine, et mon grand est scotché dans mon dos.
Je dis à la dame que ce n'est pas la peine de me dire de ne pas avoir peur, parce que trop tard, j'ai peur et le mieux est qu'elle rappelle son cabot et fissa !
Son malabar de mec sort de sa jolie guérite, et me dit d'arrêter mon cinéma (ma trouille en traduction campagnarde) que si il laisse leur chien errer sans laisse, c'est qu'il est gentil, qu'il faut cesser d'écouter les conneries des médias, et que si ça me plait pas ben j'ai qu'à aller courir en ville là où les chiens sont attachés (mon cul ouais !)
Je suis sidérée par tant de haine, moi qui respirais enfin le bonheur du retour à la vie paisible et rurale, la vraie, celle où j'aime vivre depuis quarante ans, ça me troue qu'un mec me parle comme ça ... On a quitté les pit bulls de notre logement parenthèse, et en arrivant là je ne pensais pas y être à nouveau confrontée.
La question est donc, mais pourquoi tant de passion pour cet animal de merde qui ressemble à rien ?
Oui cette fois ça me colle la colère et du coup la vulgaire attitude aussi. Qu'on m'explique ce qu'il y a de jouissif à avoir un chien dangereux et moche en prime.
D'où vient ce besoin d'apeurer son voisin, que ce soit en ville ou à la campagne d'ailleurs, je ne vois pas pourquoi l'obligation de muselière ne serait pas aussi officielle à la campagne.
Parce que moi aussi je suis gentille, jusqu'à ce que je m'énerve !

Je commence à me demander si cet animal sauvage n'est pas un substitut phallique pour frustrés de la petite quéquette tiens ! Ben ouais, on compense comme on peut !

Je me souviens quand j'ai vu pour la première fois Danny the dog, ce film que j'ai bien revu 3 ou 4 fois depuis, tant il me bouleverse, j'ai pensé à ces chiens que l'on dresse pour combattre, et pour tuer aussi, n'en déplaise aux amoureux du genre, moi ça me dégoutte. Il est loin le temps où Helen Keller avançait aidée de son pit bull, loin le temps où cet animal était si gentil qu'il était utilisé pour aider et sauver des vies.

Je retournerais bien lui offrir Julius Winsome à ce brave frustré, mais je crains que ce ne soit pas du meilleur effet. Dommage, le mec qui vit seul dans son bois du Main avec son pit bull Hobbes (marrant de se souvenir que le philosophe du même nom disait que "l'homme est un loup pour l'homme") en connait pourtant un rayon en terme de violence, j'ai refermé ce bouquin hier en me demandant simplement, où est la limite entre l'homme et l'animal ... Un livre à lire, sans hésiter, pour retrouver les théories de Hobbes en mode romancé, pour l'originalité du sujet, l'écriture qui ressemble aux paysages, aussi rude que tendre, pour la poésie qui sort de chaque description et pour Shakespeare aussi, bien sûr. Julius est entouré, dans son chalet du fond des bois, par 3282 livres que son père lui a laissé, par des fusils qui ont fait la guerre avec son grand-père, et par la solitude. Un livre qu'on lit en ralentissant page après page, pour se questionner, penser l'homme, et savourer. A lire donc (et à relire tant il regorge de sujets de reflexions comme je les aime). Mais surtout, surtout, éviter de croiser un possesseur de pit bull le lendemain matin ...

Bon je pense que j'aurai plein d'occasions de vous raconter ma nouvelle campagne les hirondelles, mais là j'ai un spectacle en direct et sous mes fenêtres, alors m'en voulez pas si je vous laisse.

Vous vous souvenez peut être l'été dernier, quand, accompagnée d'une tortue, on fantasmait un peu sur les cuissots des rugbymen s'entrainant derrière les haies d'un havre de paix, ben mon havre à moi, il est pile au dessus du bar qui fait office de QG à ces mêmes rugbymen, et aujourd'hui, vu le bruit qu'ils font, ils ont du gagner ... Ha la la vive la campagne et le sport, tiens ...

ps pour Oh!91 : Tu vois ce que t'as loupé à ne pas venir ????

ps 2 : Je suis super en retard pour annoncer une oeuvre collective et qui devrait être remboursée par la sécu tant elle est d'utilité publique ! Encore une idée de cette satanée Dame de K, mais il y a aussi tout plein de beau monde, comme La doc' Med'céline, ou Berthoise, Catherine, Coumarine, L'homme du moment, Pakita et Valombreuse, et votre serviteuse pour vous servitir évidement ! L'oeuvre s'appelle Bloguoquineries, et le titre à lui seul vous donne le ton ... Allez zou, c'est par là, et c'est pas chèr !

Et Florent Marchet qui raconte si bien le village ...En vidéo c'est encore plus flagrant !

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02 avril 2009

Déménagement, again !

"Je me demande bien par où commencer.

Je me demande où j'en suis.

Je me demande comment s'appellerait Paris si elle s'appelait autrement.

Je me demande si le célèbre magicien habitait le château d'Oz.

Je me demande pourquoi il l'a épousée.

Je me demande où vont les mouches les jours de grand vent.

Je me demande pourquoi tant de haine.

Je me demande si la gigolette est la femelle du gigolo.

Je me demande qui a été le plus nul au cours de ce match nul.

Je me demande qui, le premier, a installé une barrière autour d'un champ et planté un panneau : Proprièté Privée."

Etc, etc ...

Je me demande, Pierre Barachant. Atelier du Hanneton, 2005

Du coup, moi je me demande ce qui me fait sourire dans ce genre de considérations.

Je me demande comment on pourrait bien choper le SIDA si on n'utilise plus le préservatif.

Je me demande quel goût aurait le boeuf bourguignon, sans le bourguignon.

Je me demande si c'est pratique, des fesses ailées.

fesses_ail_es

Je me demande pourquoi on dit d'un œil qu'il est au beurre noir, alors que l'œil dans ce cas là est plutôt au vin, comme le coq, mais sans le coq.

Je me demande comment il sera. Le prochain.

Je me demande pourquoi mes ongles ont plusieurs couches, c'est super chiant quand la première se fend.

Je me demande toujours où se posaient les hirondelles avant.

Je me demande pourquoi la peau caramel est plus sucrée et plus douce que les autres, à moins qu'elle ne soit vraiment au caramel, faut voir.

Je me demande pourquoi je perd le pot d'échappement sur chaque voiture que je conduis.

Je me demande comment je serais en grande blonde à forte poitrine.

Je me demande si c'est pas bientôt fini ce bordel.

Je me demande ce que se dit l'homme à qui j'écris quand il prend la décision de ne pas répondre.

Et je me demande ce que se dit celui qui prend la décision inverse.

Je me demande pourquoi Safyu annule ce concert où je devais aller avec mon grand juste le jour où j'ai les places en poche.

Je me demande si vous serez toujours là après mon déménagement.

Je me demande comment sera ce nouveau "chez nous".

Je me demande si le gars qui a perdu ses skis devant moi, sur l'autoroute tout à l'heure avait bien toute sa tête.

Je me demande si vous allez aimer cette musique. Moi, j'adore. Et je me demande comment fait ce mec pour avoir autant de talent et de créativité en une seule personne. (Il faut regarder, et écouter tout, promis !) Je me demande si comme moi vous larmichez en écoutant et en visionnant celle-ci

Et sinon vous ?

Vous vous demandez quoi ?

Je vous laisse une dizaine de jours (je pars faire des cartons, puis défaire des cartons) j'en veux plein en rentrant des "je me demande ..." dac' ?!

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24 mars 2009

Aragon et reflet de soi.

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"Je suis plein du silence assourdissant d'aimer". Aragon.

Tiens, à propos de ma place sur la photo, cette maudite place que je chercherai ad eternam ...
Et si elle était là, au milieu du reflet, entre l'ombre et le soleil, entre la réalité et son reflet de l'autre côté. Entre la vie et le néant, l'envie et le manque. Si c'était juste là ?

J'ai répondu deux fois au téléphone aujourd'hui, l'un des appels était le père de mes enfants.

chaise_vide

"Il faut regarder le néant en face pour savoir en triompher." Le même Aragon

Ce reflet dans lequel toute la réalité a la tête en bas. Je suis un reflet. Un reflet de maman fatiguée, qui doute, hésite, chavire et bascule, à l'envers. Le reflet d'une fille qui ne sait plus si demain va être mieux ou pire. Le reflet de mes mots lourds et de mes silences qui en disent trop. Le reflet de cette fille que je connais trop bien désormais.

J'ai lu des mots aujourd'hui qui m'ont fait pleurer, dans Julius Winsome de Gerard Donovan :

"Je me contentais en effet d'attendre la fin de l'hiver. Existait-il ailleurs un autre endroit pour moi ? Aurais-je dû aller à l'université et qu'aurais-je fais de ma vie si j'avais fait des études ? Je ne m'étais jamais installé pour de bon, sans jamais partir, et je sais que j'aurais dû mieux utiliser mes aptitudes intellectuelles. Si je devais en une phrase résumer ma vie jusque là, je dirais qu'à un certain moment j'ai vécu dans un chalet durant cinquante et un ans."

La vie avec la tête en bas. La vie qui tourne et ne cesse d'être un reflet.

J'ai oublié de plier le linge ce soir. Encore un truc à faire à la va vite demain matin.

Oui c'est joli le reflet des choses quand on observe bien. Dans notre envers, là où l'on est finalement que le côté virtuel de nous même. Moi je vacille à l'envers. J'ai besoin de retrouver mon point d'équilibre.

Je me suis achetée un pot de verre avec une crème de coquelicot pour rendre la peau jolie et pour penser à autre chose, aussi.

J'entends des violons dans ma tête à l'envers, et des pianos au bout de mes orteils. Le doux pour apaiser le fort, l'aigu pour donner du relief au grave, ainsi va le reflet de cette Sarabande, encore et encore qui hésite entre m'aider à dormir et m'empêcher de rêver ...

J'ai mal à ma solitude du soir en ce moment, et puis à ma solitude du jour aussi, j'ai mal à ce grand qui ne sait plus quoi faire pour tenter d'améliorer l'ambiance, mal à ce petit qui reçoit nos peines. J'ai mal de n'avoir que deux bras, deux jambes et une seule tête pour un seul cœur un peu gros et las de tout ça.

Je ne fume plus depuis soixante dix jours et je l'écris en lettres grasses pour que cela semble encore plus long et fort, je n'ai pas envie de fumer, mais j'aimerais que les jours retrouvent la douceur d'avant ce traitement qui me détruit la tête.

Je crois qu'il est temps de ressortir la moto et d'aller chercher sur les routes ce que je ne trouve plus en moi,  dans mes livres, ni derrière cet écran, la sérénité de vivre.

reflet_soleil

Trio de reflets d'ailleurs sur lit de soleil et âtre en feu accompagné de sa Sarabande du soir.

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11 mars 2009

60 euros la minute, à vot' bon coeur m'sieurs dames.

Il m'a dit " Tu as 500 secondes à vivre et 500 euros, qu'en, fais-tu ? Et s'il te plait, illustre ton propos par la sixième photo de ton dernier album"

Bien.

Huit jours que je pense à ces 500 secondes, et c'est violent dans ma tête, incroyable ce que j'ai pu avoir comme images étranges en pensant à ça.
Mais la pire a été dimanche dans ma voiture en écoutant la Toccata, la nuit sur l'autoroute en revenant d'un doux moment chez frérot. La pluie affrontait la nuit comme une poule de luxe, sûre d'elle avec la hargne toute arrogante de celle qui va gagner. Et c'est là, derrière mes lunettes, que je me suis dit, pleurer la nuit quand il pleut déjà sur ton pare brise, c'est nul, parce que la buée que tu étales sur tes lunettes façon brouillard, c'est le meilleur moyen d'aller au tapis.

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Bon ben rien à voir, mais c'est la 6è photo de mon dernier album. Et oui depuis que j'ai découvert Kendell Geers, je regarde les barbelés autrement ... derrière ceux-ci j'y ai vu des empreintes, comme des traces de libèrté.

 

Avant d'arriver à la fabulette finale, j'avais imaginé d'autres choses, comme aller acheter des infinitifs en OIR à une vente aux enchères pour esseulés du Troisième Groupe, mais d'une part ils sont encore moins nombreux que ceux qui se termine en IR, et en plus, dans le lot, le plus cher, il dépassait les 500 euros, allègrement, c'était PLEUVOIR. Alors là, j'ai dit NON, je ne vais quand même pas faire un crédit du double pour 500 secondes de pluie, juste pour finir au réservoir à désespoir et risquez de vous entendre me dire que je suis complètement barrée !

J'avais bien sûr pensé aux nains, mais franchement si il me restait 500 secondes, je ne voudrais même pas qu'ils s'en doutent ne serait-ce qu'une demi-seconde.

Puis j'ai pensé aux heureux que je ferais en leur donnant simplement la somme. Sauf que ce n'est pas dans la règle du jeu de la vente aux enchères et qu'il va bien falloir que j'en fasse quelque chose de ces 500 euros qui me paieraient bien les réparations de ma boîte à roues dans l'immédiat mais à la vente ils ont dit "Que du fantasque, rien de réel !" en tapant fort sur le mouroir.
Mouroir, voilà le mot qu'il me fallait, pour moins de 500 euros je devais pouvoir négocier MOUROIR pour le moratoire de mon existence à secondes moins cinq cent.

"500 euros tu dis ? ok alors tu peux la prendre une demi-heure, mais pas plus hein"
"Nan, nan, juste pour l'essayer, voir si elle me va"

Et j'enfourche la belle, cette Triumph qui me fait rêver. Je sais que j'ai peu de temps, alors j'ai choisi cette concession des grands boulevards pour pouvoir ouvrir un peu la poignée sur la ligne droite.
500 secondes. 8 minutes environ, mettre le casque, fermer le blouson, enfiler les gants, enfourcher la belle. Qu'on est bien installé. Quel dommage. Feu vert, première, c'est parti. Elle répond vivement, quel pied. Seconde, trois, quatre, elle bondit la garce !
Je ne pensais pas que se savoir fini procurait cette jouissance ignoble, cette sensation de toute puissance.

Mais rien à faire, j'ai beau fixer le mur qui arrive, huit minutes ça va vite, trop vite ... J'peux pas.
Freinage d'urgence, cinq, quatre, trois, deux, point mort, béquille, vol du casque, s'allonger à côté d'elle, respirer encore cette gomme brûlée, la chaleur dégagée, s'enfouir le nez dans le camboui et regarder le ciel bleu une dernière fois. Sourire. Tiens, une hirondelle s'est égarée, on dirait que le printemps revient ...

Et donc La Toccata, parce que comme lui, je suis FAN de Bach, et qu'en plus je crois que c'est le moment où j'ai senti mes yeux me piquer pendant la projection de Harvey Milk, waouch, quel film mes amis !

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02 mars 2009

Moule à Fake.

Que je suis naïve ! Je n'avais jamais pensé au Fake !

Au milieu d'un dimanche après midi tout gris, j'ai lu une petite perle, 138 pages tantôt trash, tantôt touchantes. 138 pages où je me suis rappelée bien des moments vécus à l'identique, version fille.

Le gars Minghini, il est un peu plus jeune que votre hôtesse derrière cet écran présente, il a vécu comme tout le monde une rupture qui fait mal dans les tripes autant que dans le cœur, il a commencé à fouiller les sites de rencontres comme tout bon évincé de la génération pixels & Co.
Tu sais, ce moment où les amis ne suffisent plus, mais où l'on n'a pas envie d'en rencontrer de nouveaux.
Ces instants d'entre-deux, entre le moment où tu bois la tasse et celui où tu sens tes poumons s'aérer de nouveau, cet entre-deux où ça fait encore mal d'être vivant, mais pas assez mal pour être mort.

Giulio Minghini, parisien d'adoption et italien de naissance, vient d'avoir la folle idée de nous offrir le premier roman (à ma connaissance) sur les sites de rencontres.
Écrit à la manière de cette époque ; violence des rapports physiques, nuits chaudes mais sans petit déjeuner partagé, nuits de sexe sans amour, nuit de consommation pour se remplir les vides mais pas les cœurs, étreintes presque issues de la porn-attitude, désirs éhontés, passages à l'acte si faciles. Entre la connexion des pseudos sur le site et le premier bouton de corsage qui saute, il peut se passer quelques jours, mais parfois aussi, quelques heures. Ne rien connaître, ou le moins possible de cette autre solitude qui vient nous remplir quelques heures durant. La violence des mots autant que des émotions, c'est bien la réalité de ce marchandising des corps.

desire

           Regarde comme il est beau avec ses fleurs en instance celui-là, il attend ... (Chris Blaszcyk, "Desire" ...)

"Comptoir des solitudes électroniques. Des bateaux invisibles, venus de nulle part, déballent chaque jour des provisions de nouveaux inscrits, de nouveaux conscrits."

J'aime cette manière crue qu'il a de démontrer à quel point on s'enferme dans la solitude à force de chercher à la meubler. Cette ironie des prétextes qu'on peut trouver pour éviter une soirée avec des "vrais" amis. Ces nuits blanches qu'on additionne de café ou d'alcool pour tenir le choc des dialogues croisés avec plusieurs personnes à la fois, ne pas se tromper, ne pas mélanger les pseudos, bref, tenir le cap de l'aventure qui va nous ramener à la vie le cœur moins lourd.

"Je m'amuse à contempler les visages de toutes ces jeunes femmes épinglées tel des papillons sur mon écran. Il m'arrive de me demander si l'action d'ouvrir leur fiche - parfois plusieurs fois de suite - engendrée par une simple pression du doigt sur ma souris, ne correspond pas à un début de pénétration."

Au tout départ je trouvais étonnant tout cet étalage de nom d'auteurs, de livres passionnants, je me suis dit "ben dis donc, le gars là, il est drôlement savant -attend, la bibliothéqueuse va quand même te dire qu'elle ne connait pas le Crevel dont le narrateur traduit le livre, pourtant un gars du mouvement surréaliste, mais je vais rattraper ça bien vite- il cite Montherlant, Modiano, Barthes, Daniil Harms, Léautaud, etc ...

Mais en réalité, les sites de rencontres comme celui par lequel il démarre, pointscommuns.com font réellement l'étalage de cette culture acquise ou non, mais qui au moins accroche un internaute, vante des qualités réelles ou pas, place la fiche en tête de gondole du site et permet de démarrer le dialogue. Il parle de ce site comme le réseau des bobos (je comprend maintenant pourquoi je n'ai jamais été emballée par celui-ci tiens !). Alors forcément, lui, avec ses réferences, il doit détonner un peu dans ce joyeux bordel. (Mais ne jouons pas aux éffarouchés, nous connaissons tous l'existence de ces endroits où n'errent pas que les celibataires au coeur en bandoulière, mais un tout autre échantillon de la population qui ne se cache pas puisque j'ai croisé les fiches de deux papas que je vois régulièrement à la sortie de l'école et qui sont des papas mariés.)

Très vite il va découvrir un des vices, que je n'ai pas eu le temps de pratiquer, heureusement, sinon je ne serais jamais sortie de ma perte de confiance en moi, c'est le Fake (l'imposteur, celui qui prend un autre pseudo que celui sous lequel il a séduit, de sorte à pièger sa proie) un jeu où je pense qu'il faut être très fort, très habile, un jeu troublant. Et en lisant cette petite bombe, je me demande ce qu'il en est des blogs finalement. Serions nous trop naïfs au point de confier à des inconnus nos pires fantasmes ? Se pourrait-il que tel blogueur avec qui on a partagé une forte intimité ne se serve de cet atout un jour en jouant les Fake, juste pour le plaisir de la jouissance du piège ? Cette identité virtuelle qu'on croit anonyme ne nous expose t-elle pas encore plus que notre vie dans la mesure où l'on s'ouvre plus facilement ? Et si tout était déjà bien organisé ? hein ?

"Des coeurs et des sexes qu'on réchauffe au micro-ondes virtuel des sites de rencontres. Des "histoires Picard" en quelque sorte : des relations déjà préparées à la dégustation aussi rapide que prévisible, et sans valeur sentimentale importante."

Mr Minghini je te déteste de m'avoir secouée ainsi un dimanche après-midi tout gris !

J'ai cèssé ces sites il y a déjà un petit moment, quand, j'en ai eu marre de n'être qu'un jouet sexuel, ce que j'avais pourtant choisi d'être auparavant. C'est vrai, on ne craint rien quand on décide de jouer, on ne craint au moins pas de souffrir et de se retrouver encore le coeur en miettes ... Et puis comme le dit la quatrième de couv' "on n'est quand même pas là pour rigoler" mais au moins ailleurs on est libre de rêver.

Que j'aime le cynisme de la réalité comme tu le décris Giulio !

"Des nuits entières devant cet écran pour me défaire de moi et en finir avec un passé délabré. Avec ses icônes déjà lointaines"

A la fin du livre j'ai repensé à ces mots de Laura vers Jean dans Les nuits fauves (ce film qui me hante toujours) "Toute cette solitude que j'ai apprise de toi" et Jean un peu plus tard "Je ne suis pas dans la vie, c'est la vie qui est en moi". J'ai repensé à toute cette violence de l'amour, de la solitude dans l'amour qui m'a tant bouleversée alors que j'avais à peine 25 ans et que quelques mois plus tard mon compagnon allait me quitter pour des garçons ... Toute cette solitude qu'on apprend dans les bras inconnus pour ne pas avoir à se fabriquer de nouveaux bras connus. Toute cette solitude qu'on apprend à travers nos vies virtuelles mais qui nous rend riches de ça aussi.

Finalement, comme un palier nécessaire à l'oubli du chagrin, cette période sites de rencontres m'a aussi permis de voir qu'il y a un matin où l'amour nous manque et qu'on est guerri, donc prêt à souffrir à nouveau !

Une autre fois je vous parlerai de "Seul dans le noir" le dernier et fabuleux Paul Auster. De "La pluie avant qu'elle tombe" de Jonathan Coe qui m'a tenue en haleine jusqu'à la dernière minute. Des histoires de filiations, de rapport entre les générations, de très belles histoires.

Et une chanson qui me plait et qui colle complètement à l'air du temps de ce billet, Désolé !

Posté par feekabossee à 13:44 - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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