"La vie est un sport individuel"
Tu connais mes théories à la con qui me font dire à la mode Eluard, qu'il n'y a pas de hasard mais que des rendez-vous ?
Oui, bien sûr depuis le temps.
He bien là tu vois, les rendez-vous que j'ai pris soin de manquer constamment ont fini par plomber mon dos d'une douleur monotone que je trouve un tantinet longue à dégager ! Mais comme "la vie est un sport individuel "(lu dans le dernier Jean-Paul Dubois -j'adore-), j'ai du louper aussi quelques heures d'entrainement et mal retomber la dernière fois parce que dis donc, elle est chère la note !
Tellement douloureux depuis 2 mois, qu'à part un voyage en urgence vers ma Bourgogne natale et un voyage à Paris prévu depuis des mois, je ne fais plus rien, je ne vais même plus travailler. Ha si, j'ai visité les urgences de Grenoble par un dimanche matin de grand froid, et franchement mes voisins de brancards avinés et sanguinolents m'ont convaincue de ne vraiment plus rien faire, pendant un temps, au moins.
Oui je sais, j'aurais pu reprendre ce blog bien plus tôt, sauf que pour raconter que aîe, putain que ça fait mal, j'avais juste pas envie.
Deverser ma colère contre cette pute de maladie qui transforme un jeune papa en veil homme triste et condamné, pas envie non plus.
Pleurer ma douleur de voir celui que j'aime en secret depuis bien longtemps, m'ignorer si facilement parce que l'appel de la jeunesse lui va mieux qu'une quadra solo souffrante ? Pas envie non plus.
Alors pourquoi aujourd'hui je reviens là ?
Parce qu'aujourd'hui j'ai un corps difficile et cassé que je tente d'oublier plusieurs heures par jour, un coeur en sursis d'amour, d'amour paternel qui s'en va au gré des seringues dans son bras, d'amour de l'homme qui ignore et qui m'a laissée un peu égarée un jour sur le bord d'un trottoir du canal St Martin. Parce que je ne peux pluss faire mon jardin oxygène, que je ne monterais sans doute plus sur une moto et que du coup mes sources de ressources s'étiolent.
L'écriture a souvent été mon amie autant que mon ennemie, elle m'a permis de dire des choses que j'ai parfois regretté, mais bien d'autres que j'ai aimé raconter et surtout elle m'a souvent ouvert la porte du bol d'air.
Alors pour tout ça je suis là aujourd'hui.
Au milieu de tout mon chaos émotionnel, je fais ma veille documentaire pré-électorale et j'ai peur pour la suite du dos du monde. T'as pas l'impression qu'il a le dos qui flanche Mr le Monde ? Moi, si !
Mais alors comment se fait-il qu'au milieu des larmes de douleurs physiques ou morales, j'arrive encore à voler en grand éclat de rire ? En espoir surfait de voir ce monde aller mieux et nos vies éclater de joie soudaine ?
Tu crois toi, que la nature profondément optimiste dont mes parents m'ont fait cadeau au point de départ me suivra jusqu'au point d'arrivée ?
Moi je crois, oui !
Voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide m'a toujours paru naturel, même dans les pires moments. Se dire que demain ne peut qu'être plus doux même après avoir hurlé l'inverse et même si ça n'empêche pas les coups de blues, c'est comme une religion. Je sais pleurer, je sais rire, je sais me plaindre, je sais écouter mais je sais par dessus tout qu'il faut pouvoir accepter tous les coups de la vie pour s'en faire une alliée. Ne pas lui résister au risque d'empirer les événements. Les prendre de plein fouet, pour les faire glisser le long d'une colonne épuisée, et les sentir, glisser ... Et du coup découvrir avec plaisir, tous les trucs à domicile, les courses, l'esthéticienne, les soins, etc ... C'est con hein, mais parfois, s'attacher au tout juste basique insctinct de survie c'est reposant.
Moi je crois juste que sans cette nature profondément optimiste dont mes parents m'ont fait cadeau au point de départ, je n'approcherais pas des 44 printemps avec l'idée que la prochaine moitié sera la plus douce.
Je lis ça et là, des états d'âme de quadras, qui de sa peau flasque, qui de son capiton relou, qui de sa lèvre botoxée-ratée, et je ne me reconnais pas dans ma génération, pourtant je ne suis pas non plus de celles qui vont dire que la quarantaine c'est le plus bel âge parce que ça, c'est juste n'importe quoi, ça sert uniquement à servir des revues de filles qui ont besoin d'être rassurées, ou alors ça parle de filles bien loties, bien épaulées, qui n'ont pas à se flinguer le dos en faisant le ménage, mais en vrai, on vous ment les copines, on vous ment, la quarantaine c'est tout moisi, mais faut vivre avec et au mieux, pas aller contre, surtout pas !
Alors ça doit être pour ça que ma co-loc a 28 ans et la joie de vivre en bandoulière. Tu me crois si je te dis qu'on est nées le même jour à 15 ans d'intervalle ? Que du coup je vois bien, dans le petit bout de ma lorgnette, comment je rebondissais sur la vie il y a 15 ans en arrière et comment tout cela a bien changé.
Quand je les regarde faire depuis la fenêtre de ma maison-geôle, je les envie, j'envie le fait de pouvoir avoir mal aux muscles dans quelques heures, de pouvoir gratter ce globe en mal d'amour lui aussi (à moins que tout ceci ne soit que projections fortuites ?).
J'envie le chevauchement de la moto qui va suivre, les heures légères à respirer l'air sous la visière ... Nostalgie.
Et moi aussi j'ai ce brin de nostalgie dont tu parles Oh! et ta définition me plait. "La nostalgie est douce, aigre, souvent utile parce que riche de sens. Mais elle n'est pas une ligne de conduite."
Non je n'en ferai pas non plus une ligne de conduite, mais j'aime qu'elle me rappelle des moments heureux.
Tout comme parler de mon enfance ou de mon adolescence avec mes garçons, leur raconter avec hônneteté les heures joyeuses autant que les autres, auprès de mon père. Profiter qu'il soit toujours là et encore inconscient de la gravité de la maladie que le tabac à généré chez lui ...
Je n'ai jamais autant parlé de lui à la maison, sans doute par réflexe, par instinct de protection des bons souvenirs. Il restera de nombreuses années pour penser encore les autres. Pour le moment, place aux heures gagnées, place au temps qui reste précieux puisque compté.
Je vais tenter de réparer au plus vite ce dos trop chargé en allant me faire soigner, bichonner, masser, perfuser, avant de pouvoir reprendre la route pour aller le voir, le câliner un peu, lui parler encore et encore.
Ensuite je rentrerai, retrouver mon job-passion qui se transforme en job tout court avec le départ de ma binôme de choc vers une biblicoquète qui lui offrira plus de possibilités d'évoluer que la nôtre, hélas. Je vais devoir apprendre à faire avec une nouvelle tête, après presque 6 ans d'une collaboration hors paire avec ma copine et j'ai pas envie de voir celle qui va la remplacer sur le siège à côté, mais alors pas envie !
Tu te demandais encore pourquoi mon dos avait lâché ?
Je suis sûre que maintenant tu sais.
On reparlera peut être de papa, sûrement même, quand je serai à l'hosto, j'aurai sans doute le temps de raconter un peu l'homme qui a tenté de façonner nos vie à son idée et qui avait presque réussi jusqu'à ce que sa fille décide d'avoir ses propres incompréhensions, son propre parcours ...
Allez hop, baume au coeur, écoute moi ça :
Un samedi soir sur terre.
"On écrit pour être aimé, on est lu sans pouvoir l'être ; c'est sans doute cette distance qui constitue l'écrivain"
Roland Barthes avait décidé que pour lui la littérature serait "esquive" ...
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T'as vu comme j'esquive bien ? Ben voilà, c'est ça être écrivain !
Sinon, je me disais que j'allais finir par faire de cet endroit mon post-it géant. Le big tableau où je pourrais laisser tous les trucs que je ne veux pas oublier, que je veux partager, archiver, imiter, oublier aussi ...
Tu veux savoir comment ça va dans ma tête de piaf ?
ça va, ça va.
Queuté un concours.
Entrée en période vapeur-vapeur et c'est super chiant si tu veux tout savoir.
Trouvé moyen d'oublier d'acheter la place du concert que je dois voir dans bientôt avec le couz'.
Découvert ce soir par hasard (mais il n'y a pourtant pas de hasard, alors ?) que Marlon Roudette (ex Mattafix, s'embarquait en solo, et j'aime vachement bien en vrai.)
Coupé les cheveux, courts, courts, courts façon Jeanne D'arc et c'est juste génial ! Tiens regarde, je suis allée chez le coiffeur avec cette image. Et je suis revenue avec cette "presque" tête là (je crois qu'elle est un tout petit peu plus vieille que moi, la fille de la photo) :
Se met à aimer soudainement la crème de marrons, et ça, ben c'ets juste n'importe quoi.
A des grosses envies de rouler, mais n'a toujours pas de moto.
A découvert cet endroit de folie lors de sa dernière formation et a compris qu'avec la seule volonté d'un homme, la politique de la ville pouvait juste tout changer (en tous les cas beaucoup de choses!)
La médiathèque de Vénissieux représente ce qu'on pouvait imaginer de plus intelligent en matière de culture pour tous, à mon avis. La culture au coin de la rue, au coeur de la cité, comme sortie de terre pour mieux ouvrir ses portes au nord comme au sud !
La volonté d'un homme (et de toute une équipe, forcément) de faire des Minguettes (te souviens-tu toi qui es loin d'ici, de cette année 1981 qui a initié la "marche des beurs" ?) un lieu où les générations se retrouvent autour de la culture, moi j'ai trouvé ça énorme en 2011 !
Voir des femmes entre 50 et 70 ans venir à la big médiathèque pour participer à des ateliers d'alphabétisation sur ordinateur (c'est à priori le seul endroit en France où cela se pratique) alors même que dans leur pays d'origine elles n'avaient pas été scolarisées, je me dit qu'on touche là, le coeur des choses auxquelles je crois : L'instruction, l'accès à la culture, à l'information comme moyen de s'émanciper, de s'informer, de savoir, et du coup de dire et d'exprimer, ben voilà, on y est hein ! Devenir un citoyen c'est simplement ça, se voir octroyer le droit de s'informer et d'apprendre pour mieux se défendre !
Alors oui, je trouve que c'est une double victoire, celle de l'instruction de TOUS mais aussi et du coup, celle de l'insertion sociale qui permet à ces femmes trop souvent cloîtrées dans leurs tours de sortir et de se retrouver là où les maris lisent le journal, où les petits suivent la lecture-mise-en-scène d'un album, où les jeunes tchatent sur facebook ou visionnent des vidéos sur youtube, où les étudiants ont aussi leur espace de travail, bref, mission accomplie il y a 10 ans déjà et belle réussite je trouve.
Comme quoi la politique peut aussi génèrer des jolis projets même si c'est malheureusement beaucoup plus rare.
Et je voulais aussi noter pour m'en souvenir mais aussi pour partager, cette phrase de notre formateur Mamadou, qui nous expliquait leur technique pour désamorcer un litige (perte ou dégradation d'un ouvrage), noter le litige dans un coin, y revenir une prochaine fois avec l'usager et en dehors du public, pour éviter toute "crise-passion"!
(enfin ça s'est ce qui s'est inscrit dans mon cerveau, en fait il parlait de crispation)
J'ai trouvé ça bien joli.
Et puis cesse de râler que je n'écris pas assez, parce que je te ferais dire que j'en fais un par mois de billet, en ce moment alors hein ... J'vais pas y aller trop fort non plus, je ne voudrais pas abimer ma pédalette !
Bonne nuit les petits ...
Il m'élève.
En parlant avec mon grand il y a quelques jours, j'ai réalisé qu'il était parfois plus mature que moi.
Il y a d'abord eu ce moment de clash avec son frère, beaucoup plus foufou, qui oublie tout, est souvent maladroit, dans les nuages, ou avec les potes, et que je grondais un soir parcequ'il avait ENCORE oublié d'aller rendre un papier à la vie scolaire. Celui-ci qui est un clown, quand il voit que je monte le ton, il se transforme en Simon's cat pour me faire rire et ça marche 12 fois sur 10, y compris cette fois-là. Sauf que là, dés qu'il a eu le dos tournée, son frangin m'a fait la morale ! Oui, oui, la morale.
"M'man mais si tu crois que ça va rentrer dans sa tête en te marrant, tu te gourres ! Il y a un temps pour être sérieux et un temps pour rire, toi tu rigoles trop !"
Et v'lan. Ca c'était pour la première phase morale du fils à sa reum', est ensuite arrivée la seconde.
Je lui disais que dans mes envies à assouvir un jour, en plus d'aller fouler le désert, je rêvais de retourner à NY et pourquoi pas avec un amoureux pour le côté romantique de l'escapade, que j'avais envie de faire réparer mon argentique pour recommencer à faire des beaux clichés, (d'ailleurs j'en profitais pour lui dire que je me l'étais offert après un été de boulot quand j'avais 16 ans.) mais que par dessus tout, j'aimerais m'offrir un truc pour faire du vrai bon son, que j'en ai marre du son de mes minis-enceintes de pc, de la chaine toute pourrite, etc ...
Il m'écoute, comme toujours et me répond : "He ben dis, ça va toi, les goûts de luxe ?!"
Je n'en suis pas revenue qu'il me dise un truc pareil, parce que franchement, si rêver d'aller dans le désert, avoir une bonne chaîne hi-fi et refaire de vraies belles photos, c'est avoir des goûts de luxe, je me demande bien ce que rêver de possèder une maison ou une montre très chic peut représenter à ses yeux.
Alors oui, on va me dire qu'on les élève comme on aime, qu'ils sont à l'image de la vie qu'on leur propose, bref, qu'on a les enfants qui nous ressemblent. N'empêche, ça fait drôlement réflechir, je trouve.
Moi j'ai peur qu'il confonde "rêve" et "ambition", "envie" et "frustration".
Quand je lui ai demandé si il n'avait pas de rêve du même genre, visiter un pays, s'offrir quelque chose qui lui fait envie, se payer du matos pour écouter sa musique, il m'a dit que non, soit parce qu'il a déjà ce dont il a besoin, soit parce qu'il est trop jeune pour rêver voyage ou autre grosse dépense ...
(t'as vu ? On a même des ailes amovibles at home ? On est disco à paillettes nous, hein !)
Alors, connaissant l'animal, passionné de métissage culturel, de musique ou plutôt de rap, d'histoire, incollable sur une carte du monde, je m'étonne qu'il ne manifeste pas encore ce désir de voyage. Je crois en fait, au fond, tout au fond de moi, que cette vie qu'ils vivent à travers moi, la maman solo, ne les épargne pas, loin de là.
On me dira que c'est très bien, que cela fait d'eux des enfants responsables, qui connaissent la veleur des choses, moi je dis que pas forcément et qu'en plus, à 14 ans on est censé rêver en grand !
S'il ne rêve pas maintenant, quand le fera-t-il ?
Ca me fait peur de penser à lui en format adulte, j'aimerais tellement qu'ils puissent faire de leurs vies ce que je ne suis pas en mesure de leur offrir aujourd'hui.
Oui je sais là encore, ce que certains me diront, que mes nains sont heureux, ne me reprochent rien, ne manquent pas d'amour et l'essentiel est là, mais il n'empêche, je ne suis pas la maman que je rêvais d'être quand j'avais 14 ans, parce que moi, à 14 ans, des rêves, j'en avais plein les poches ... Et je me voyais en maman vraiment différente.
Je rêvais aux garçons qui chevauchaient des mobylettes, je rêvais d'être hôtesse de l'air ou prof de gym, je rêvais baba-cool-yéyé-Ardèche-poterie en écoutant Barclay James Harvest, je rêvais à l'amour toujours avec un grand A mais aussi un Grand M, grand O, grand U, grand R. Je rêvais que j'aurais au moins 3 enfants qu'on vivrait tous heureux en famille, dans une grande maison, qu'on voyagerait tous ensemble, mais jamais je ne rêvais que peut être tout ça serait différent, jamais. Lui, il ne vit pas l'amour comme un truc tragique mais comme un jeu d'ado où souffrir n'est pas dans les règles ; il ne rêve pas demain parce qu'il dit qu'aujourd'hui suffit bien. Que demain on n'en sait rien.
Quand je dis qu'il est plus mature que moi par moment et que c'est l'heure pour moi de reconstruire une vie de femme amoureuse en plus de maman, je crois même que ça va devenir urgent...

Et pendant ce temps, le monde continue de marcher sur la tête, un certain DSK, à peine rentré au pays après avoir fait l'actu pendant des semaines, nous fait un cours d'économie sur la grande chaine, comme si de rien, c'est magique tout ça.
Et pendant ce temps, le monde se casse allègrement la gueule, on va connaitre la guerre civile dans peu de temps, parait-il ...
Et pendant ce temps, je lis le dernier opus de Pedrosa "Portugal" et je savoure, je me délecte, ce type a un truc, c'est obligé, pour nous faire partager ainsi, ses émotions. D'ailleurs dans le domaine des très bonnes BD à ne pas louper, le dernier Chabouté of course, le dernier Bilal aussi (enfin, l'avant-dernier puisqu'un autre vient juste de sortir) même si ces deux là ne font pas l'unanimité, j'avoue que ma fidèlité souffre parfois d'aveuglement. Tu peux aussi te lover dans "Polina", le dernier Bastien Vives dont je n'avais pas du tout aimé "le goût du chlore" ou alors le très étonnant et non moins passionnant "le chanteur sans nom" qui m'a permis de découvrir l'histoire de ce chanteur qui a réellement existé. La prochaine fois je te parle de mes derniers coups de coeur en littérature blanche ou même grise, et à l'occasion on parlera aussi de littérature blanche ou de littérature grise, qui n'ont, au demeurant, rien à voir avec la couleur de peau de leurs auteurs (j'te f'rais dire).
Et pendant ce temps, je suis toujours habitée par le dernier film que j'ai vu au ciné, il y a 15 jours, qui s'appelle "Un jour" et qui m'a juste laissée le cul par-terre. Du coup, je me lance dans le roman, d'habitude quand j'aime un livre, je n'aime pas trop voir l'adaptation cinématographique, mais pour une fois, je vais la jouer à l'envers.
Un jeune homme, une jeune femme, sur une décennie, des non-dits, de l'amitié-amour qui se tourne autour, de la vie qui prend son temps, des rendez-vous manqués, des réussis, bref, une superbe romance comme je les aime, où on pleure tout ce qu'il nous est permis de pleurer dans une salle de ciné en train de se rallumer et où on termine comme il faut dans sa voiture.
Alors côté décibels, on va se mettre un peu de ça tiens :
Gerard Manset, non, c'est pas tout jeune, mais nous non plus chéri, nous non plus ...
[...]
Aujourd'hui j'ai cassé la voiture.
Enfin, j'ai cassé tout le devant et surtout l'arrière de celle que j'ai encastrée.
C'était une voiture auto-école, on roulait tous tranquillement, je ne l'ai pas vu s'arrêter. Voilà.
C'est la vie, parait-il. (Mon dieu que je déteste cette expression !)
La ville est vide en ce moment, à peu près autant que moi, alors je roule le nez au vent, en observant tout autour, en scrutant tous les signes de vie, des changements de décor, des nouvelles façades, de celles qui m'inspirent pour y vivre (oui j'ai envie de quitter la campagne et ses vaches pour aller respirer le bruit et m'imprègner de la pollution de la ville) (Je sais, en général on fait le chemin inverse, mais moi je fais mon chemin inverse à moi). Bastille en haut, au loin, tout au bout du cours, semble écrasée sous le nuage vaporeux de la chaleur, les vitrines aux rideaux baissés sommeillent encore en fin de matinée, les hommes en terrasse palabrent au ralenti. Comme des restes de vie, posés à l'ombre en attendant la rentrée.
J'étais donc sur les grands boulevards, je roulais à la cool, me faisant même la réflexion que c'est bien de ne pas être préssée pour une fois, d'être derrière une auto-école, on ne dépasse tellement pas la limitation de vitesse que tous les feux s'en extasient et restent vert. Voilà, je me disais justement ça en regardant une jolie façade d'immeuble et paf, elle a eu un feu rouge l'élève conductrice et quand je l'ai vu j'étais déjà rangée dans le coffre de sa voiture.
Alors donc, j'ai cassé la voiture.
Et puis quoi ?
Rien. On est là, vivant malgré tout, malgré le choc, malgré les conséquences, malgré tout, dans un monde aux abois, où tout va de travers, où on s'accroche aux espoirs de vies heureuses ou à une voiture pas trop cabossée, à ses propres envies ou à celles des autres, mais où on s'accroche tellement qu'on en a souvent le tourni, où il nous arrive même de croire à des choses étonnantes, comme à ce voeu que j'ai formulé en caressant le pied de St Pierre dans une église de St Germain des Prés, accompagnée de mon Oliv'.
(Jane Evelyne Atwood, Massachussetts, 1983)
Je crois que j'ai envie de dire des choses ici, comme avant quand j'étais une parfaite inconnue sur ce muret, comme avant, quand je prenais toute la place sur la pierre chaude, histoire de me regonfler et de respirer plus facilement, pour redemarrer. Mais avant, j'étais juste une blogueuse parmi les autres, aujourd'hui je connais la plupart des gens qui se sont arrêtés papoter ici, refaire le monde, rire, pleurer, partager mes joies et mes peines, bref, ce n'est plus pareil. Je sais que je n'ai plus la même liberté d'expression, ici.
Le week end dernier, je croisais des blogueurs des premières heures et nous évoquions ce sujet. Oliv' me dit que ça commence à faire long, mai pour un dernier billet ... Oui je sais, pour moi aussi ça commencait à faire long, depuis mai ...
La douleur c'est un truc insidieux dont on a parfois besoin pour se frotter au mur de sa propre réalité.
[...]
Et puis j'ai vu l'expo de Jane Evelyne Atwood. Je l'avais noté dans mon petit carnet "to do in Paris" puis oublié, dans le même carnet, au milieu de tant d'autres notes.
J'avais les larmes faciles mais je me suis dit que relativiser était souvent utile chez moi, que c'était un moteur même, alors quand Estelle m'a reparlé de cette expo en me disant que ce n'était peut être pas le bon moment, j'ai dit, tant pis, quitte à être secouée autant que ce soit pour des raisons qui sont hors de moi. Elle m'avait prévenue.
Je sais bien que je cours après un idéal de vie sans doute pas fait pour moi, mais je sais aussi que je suis celle-ci, celle qui court après quelque chose justement, celle qui croit, encore, toujours, inlassablement, à l'amour. Alors quand le doute m'envahit, quand je penche vers mon côté sombre plus que de raison et que je sens que ça gronde en dedans, il y a toujours sur ma route un élément qui me détourne de ma propre peine pour m'imprégner de celle des autres. Jane Atwood a eu raison de mes émotions tendues, et je me suis même surprise à bloquer des sanglots dans le fond de ma gorge en serrant fort mes poings dans les poches de mon pantalon, puis à essuyer discrètement des larmes sur mes joues.
Jane Atwood aime l'humain, c'est indéniable dans son travail de maître d'oeuvre photographe. Elle orchestre avec tant de force, les éléments comme la tragèdie de vie de ces enfants aveugles, celle de ces femmes dans les pénitenciers ou encore de ces enfants-femmes-hommes à qui il manque tout ou partie des membres parce qu'ils ont mis les pieds au mauvais endroit, mais à qui il reste le sourire, bordel, le sourire ; les anti-éléments de vie comme les barreaux des prisons, les murs d'un institut pour aveugle ou même cette mine antipersonnel installée dans une vitrine et qui m'a donné la nausée. Elle orchestre avec tant de force ces éléments et ces anti-éléments qu'il arrive un instant dans l'observation de l'image, où l'on oublie le contexte pour ne plus voir que le regard ou l'expression du visage photographié. Toute cette intimité créee par la photographe fait de son travail un véritable étonnement. Les images sont parfois choquantes, mais pas de sensation de voyeurisme ni de grand reportage, non, au contraire, je crois que parfois j'ai eu mal parce que j'ai ressenti le lien crée entre elle et ceux qu'elle a figés sur papier photo. La brisure après le passage qui dénonce autant qu'il montre, le lien encore et toujours, la brisure a du être terrible.
Alors oui, une fois dehors, tout est sorti par mes yeux, en jets confus et obstinés mais je ne saurais que trop vous conseiller cette expo qui se trouve à la Maison Européenne de la Photographie à Paris ( je viens de lire l'article en mettant le lien, alors vraiment, ceux de vous qui ont l'opportunité, allez-y le 8 septembre à 18h, Jane Atwood, présente et accompagne son expo en personne.)
Et juste en sortant sur le trottoir, il y avait ça, comme pour narguer ...
Où il était donc discretement question ce soir, de retour au blog pansement, d'intimité, de lien, de souffrance, de partage, d'échange, de rencontre, de tendresse, d'ivresse, de rires aussi, d'égarement, de travail sur soi, de soupe hongroise, de corps à corps, de bento japonais, de douces caresses, de champagne lettré, de cadenas amoureux, de philosophie aussi, de baisers délicieux, de bière au bord d'un canal de larmes et d'encouragement au retour de la plume sur ce muret qui soigne et où finalement, les mots trahissent toujours un peu la même émotion : ma fleur de peau ... Mais pourquoi vouloir être autre chose quand je ne sais être que ça ?
J'ai envie de tenter l'experience et de faire comme si j'étais seule ici, comme avant, comme il y a 5 ans. Alors à toi qui passes et qui peut être me connais, imagine un instant l'inverse, imagine qu'on ne se connait pas, et que tu découvres, prends ces mots couchés sans te demander ce qui ne tourne pas rond chez l'auteure, prends les comme tu veux, en pleine face, de côté bifurqué, en glissé sur l'échine, mais prends les si tu veux, c'est cadeau ...
Et je te demande aussi de te plonger dans son deuxième roman sorti hier en librairie et qui est un petit bijou comme elle (je ferai sans doute un billet, un peu plus tard).
Regarde pourquoi je l'aime, pour deux ou trois petites choses comme ça :
"Les transitions dans la vie, ça n'existe pas, c'est juste un joli mot pour "perte de temps""
"A cet instant précis, il se dit qu'il suivrait jusqu'au bout du monde, non pas la personne avec qui il aimerait vivre, mais celle auprès de qui ça ne le dérangerait pas de crever."
Voilà, deux ou trois petites choses d'elle que j'aime.
Et puis du Craig Armstrong pour essayer de dormir doux.
Craig Armstrong - Leaving Paris
Pour un thé à la mosquée.
C'est doux, si doux sur ma peau tout ça.
Chaque fois que je vois ce regard qui me sourit et je n'ai plus aucune histoire. Ni passé, ni avenir, juste de l'intant tané, tainted love.
Les kilomètres de réflexion parcourus dans l'existence doivent un jour servir aussi à ça, ne plus penser à rien et juste regarder l'intant présent sans plus tenir compte d'aucune leçon, d'aucun apprentissage douloureux. Déconstruire scrupuleusement tout le haut du château de théorie qu'on a mis presque une demie vie à élaborer. On est à nouveau vierge de tout. On n'a peur de rien. On découvre la vie.
Cette sensation de n'avoir jamais rien appris, dure un instant, comme cet instant vide où l'on ne comprend pas le tour de magie qu'on s'était pourtant promis de suivre, très attentif, sans baisser un seul cil.
Un instant de magie qui fait de nous un être humble au cerveau preque mou, mais rassuré et confiant, sûr de la minute qui va suivre.
Celle où des lèvres chaudes et généreuses viennent écraser la bouche désireuse ...
Eternité quand tu nous tient...

un thé à la mosquée, sous les figuiers.
Je voudrais parfois mourir dans cette minute charnue. Juste pour le plaisir de conserver l'instant aussi simple et pur. Comme une Juliette des temps modernes. Oui je suis une indéniable romantique, n'en déplaise à Mme de K.
J'aime le croisement de nos bouches chaudes et humides, si tu savais... Tu sais. Evidement que tu sais.
J'aime autant les instants où tu me parles en me racontant des histoires qui me font rire que ceux où tu me regardes droit dans les yeux tandis que nos corps s'emmêlent pour le meilleur et sans le pire ...
Mon corps décalcomanié par les traces de chacune de tes respirations suffoque encore. Je sais où situer chacune de tes caresses dans mon album-souvenir. Elles sont là et là aussi, bien tatouées. Tu es la sensualité faite homme, c'en est presque indécent.

Gardons encore au fond de nous, cette image de l'échange comme on garderait dans un coin de la mémoire, des notes de piano à rejouer quand les doigts se tordent d'envie, qu'on sait toujours jouer instinctivement, en fermant les yeux, ou pas.
Te souviens-tu la toute première fois ? On tremblait de peur, d'envie, de désir, de trac, d'émotion. Chaque fois que je m'approche de toi, c'est comme une première fois, j'ai ce même trac qui me serre le ventre. Je me demande parfois si je n'aime pas autant cette sensation que toutes celles qui suivront. Je veux encore ressentir ces émotions qui tiennent en-vie. C'est comme si on écrivait un début d'histoire à chaque fois. Moi qui dit toujours que je n'aime que les débuts d'histoires, ceux d'avant les larmes, je suis comblée. Fais moi encore des débuts d'histoires sans date d'aller, ni date retour, sans queue ni tête, tout feu, sans flamme mais jusqu'à ce que la mort nous sépare...

"Imparfaite, libre et heureuse"
J'ai dit à mon acolyte de balade manifestante que je voulais afficher ce maillot sur mon torse, comme pour m'en convaincre et puis finalement comme une belle endormie que je suis, je n'ai même pas eu le réflexe de l'acheter ... Imparfaite, libre et heureuse, on a dit.
Roméo et Juliette avec l'ami mélomane a été comme une bouffée d'air malgré des paupières un peu lourdes d'une nuit tellement légère et aérienne. J'aime bien le regard qu'il a porté sur cette existence qui ressemble finalement pas mal à la sienne, en plus fille, et en peut être moins docile.
De ces drôles de destins où seul compte l'amour, donné, reçu et même partagé parfois, le temps d'une petite vie de fin de semaine.
Les rues pavées et les rouleaux de moquette en bas des trottoirs n'ont plus de secret pour moi, ni les cornets de glace à la figue ou au caramel, sans parler du brunch et d'un pain perdu tout endimanché. Les couleurs chatoyantes des danseurs, la sieste sur un banc public, les ponts de la ville, les averses rigolotes, les belles boîtes aux couleurs des costumes, son regard lointain d'amoureux devant le beau violoncelle qui trônait là au centre de la toute petite chambre, ses mots à l'accent suave et ses éclats de rire, ses mots qui font du chaud, les miens qui tentent d'apaiser un peu, nos existences mélangées le temps de quarante-huit heures riches et vives, qu'on voudrait plus souvent partager.
Encore une histoire de regards croisés comme je les aime tant.
Quand je serai grande, je serai opticienne des amoureux déchus, pour leur rendre les regards troublants qu'ils auront perdus en route. Je veux voir encore et toujours des regards comme ceux que j'ai croisés tout le week end dernier.
Tu sais quoi Oh mon Oh ? J'ai trouvé notre Le Vau du quai d'Anjou, c'était pas n'importe qui en vrai, c'est pour ça qu'il se la jouait un peu, le gars qui nous a fait nous étouffer avec son "pfffiou, même pas transcendant pour un Le Vau". On lui doit tout de même quelques petites pépites d'architecture au présumé Le Vau !
Paris je t'aime et vous aussi, hommes de ma vie !
Black Swann kiffe Roméo
L'autre jour je suis rentrée du ciné complètement bouleversée et anéantie par le film. Mais pour aller le voir, faut aimer la danse, franchement. Les Odette et Odile aussi. Le blanc et le noir, autant. Et puis le ballet classique, obligé. Je dis ça, parce que j'ai entendu des gens se plaindre et dire que si le ciné n'était pas si cher ils seraient partis avant la fin.
Ils ne devaient pas aimer la danse. Quel dommage !
Bon, les autres on s'en fout un peu en même temps ; Moi, sur la route du retour, dans ma voiture, je me suis mise à battre des bras comme si j'avais des ailes, façon cygne et à chanter mal et très fort, l'air de Tchaïkovski (na na ni na naaa, na na, na na, na na na ni na naaaa ...)

Dire que bientôt, avec mon Roméo parisien (enfin presque) je vais faire ma Juliette (Hé bé tiens, en mettant le lien je vois qu'on s'en prend pour 3 bonnes heures, chouette chouette, chouette !)
Tiens et puisqu'on est là, j'avais vu cette petite là en septembre chez l'ami Nagui, et là paf, je la croise again on the web. Vraiment elle me plait la blondinette à la voix de fumeuse.
Ha oui et puis aussi, l'énergie revient par ici, revient si bien que j'ai eu envie d'aller marcher dans la forêt. Alors dimanche, armée de mes supers oreillettes qui font le son impeccable et de mon appareil photo qui sonne parfois des messages écrits, je suis partie à l'assaut de la montagne. Dans mon sac à dos je n'ai pas manqué d'ajouter mon livre en cours, mon carnet de notes et mon stylo.
Mon erreur a été de partir confiante et sans eau.
Je me suis perdue les copains, oui, oui, perdue.
J'étais partie pour une petite balade de 30 minutes, je suis revenue lèssivée après 2 heures et environ 12 bornes !
Je ne me suis pas rendue compte sur le moment que je venais de passer 3 semaines à pas de tension, pas de sport, pas d'énergie. Hé bé, promis les jours suivants ont été monstrueux, les bras, les pecs (ha oui parce qu' à force de croiser des retraités au taquet avec leurs bâtons de walking nordic, je me suis dit que les miens seraient moins onéreux mais que moi aussi j'allais crâner un peu et avancer super vite, mais dis donc !)
Ha pour marcher vite, on marche vite avec les deux bâtons, mais alors c'est sans imaginer à quel point le corps agit par mimétisme et devient un corps en bois dés le lendemain. Tiens c'est simple, je n'osais même pas aller me coucher de peur d'avoir encore plus mal le lendemain ...
Putain d'hiver, vieillir devient vraiment trop nul !




Ha tension !
Quand j'ai annoncé que peut être maman allait devoir s'absenter quelque temps pour enlever encore des merdouilles dans son corps mais que pour le moment on ne savait pas, que peut être pas, peut être oui, bref ... le plus petit a répondu que :
"zut alors, comment on va faire pour aller à l'école si t'es à l'hôpital, papa ne pourra pas nous emmener, il travaille."
[...]
J'ai eu un blanc, comme un coup de poing dans le ventre, puis du venin est sorti de ma bouche pour ponctuer son innocente réplique d'un pauvre " ..., LUI ! Il travaille, LUI ! "
Il n'a pas compris l'impact de sa réflexion, alors je lui ai expliqué, mais je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je lui ai expliqué que cela fait 6 ans que nous sommes séparés, que les rares fois où j'ai du lui demander d'intervenir en dehors du satané week end sur deux et hors de la moitié des vacances scolaires, soit ce sont ses parents qui ont bien joué leur rôle de grand-parents soit on s'est pris comme réponse :
"je ne peux pas, je travaille, moi."
Forcément quand on me connait un peu, on s'imagine bien que je rétorque facilement :
" évidement, moi je branle le singe, c'est bien connu"
Du coup, j'ai pris l'habitude de nous débrouiller toute seule.
Mais là, je me demande si c'est aussi un effet marketing sur la soi-disant déprime hivernale qu'on nous pousse tous à acheter, ou un effet du vieillissement de ma planète rêve et espoirs à moi, ou une vraie dégringolée de mes bras de maman , ou un décrochage du bulbe pour passer de mou à insignifiant.
Je ne sais pas, mais il y a 10 jours, le mec au stéthoscope il a dit que l'hypotension n'engendrait pas le surmenage mais que le surmenage avait déclenché l'hypotension. Ha.
Nous y voilà, donc !

Encore un terme à la mode après "déprime hivernale". Et si on parlait plutôt du poids de la solitude, de la société qui ne pousse pas les êtres à se rapprocher, du manque d'amour autant que du manque de lumière, du coût de la vie qui nous pousse à nous fermer dans nos chez nous, des salaires qui prennent 5 euros par an quand les loyers en prennent 30 ou 50, des pensions alimentaires qui ne suivent pas les besoins croissants des enfants (et ça, cherche pas à m'expliquer je ne comprends toujours pas comment personne ne remarque qu'entre 7et 14 ans le môme n'a pas les mêmes pieds/jambes/poils au menton/frais scolaires, sportifs, etc ...), de la douleur de vivre, parfois plus forte que de raison, mais pas à cause de l'hiver froid ou d'un abruti de politicien qui va nous expliquer comment se serrer la ceinture quand il ne sait même pas combien coûte un livre de maths en 4è, mais juste à cause de ces situations inextricables et infernales qui ne nous laissent pas le temps d'envisager une autre forme de vie, une autre vie pour la moitié qui reste à faire ... Mais pourquoi parler de déprime quand est juste désabusé, écœuré, fatigué ?
Moi, je n'ai pas envie de faire partie de ces gens qui font dire aux stats qu'on vit plus vieux aujourd'hui, parce que si c'est vivre plus vieux à ce prix là, ça ne m'intéresse pas, vivre plus vieux, plus seul, plus misérable, plus loin de tous, plus usé et cancéreux que jamais ? Non merci.
Alors mon ordonnance ?
-Gérer le quotidien autrement pour se dégager du repos.
-Se faire aider.
-Impliquez votre ex-mari.
Ha oui, et aussi des trucs à base de magnésium, de fer et autres vitamines et surtout une mini pastille pour faire remonter la tension trop basse.
Alors oui, pour les trois premiers, j'ai bien rigolé (non parce que va pas croire que j'ai la déprime hein, j'ai juste plus de tension, nuance) parce que forcément, ça s'achète pas en pharmacie et puis même si c'était le cas, j'ai déjà la moitié de mon ordonnance pas remboursée, alors on va limiter encore un peu les frais hein. Donc pour les 3 premiers, j'ai rigolé et il m'a dit "oui bon d'accord, essayez de faire au mieux pour ralentir la cadence, cessez le sport pour l'instant (remarque vu les vertiges j'avais arrêté d'office cette semaine) et R-E-P-O-S-E-Z vous !
Heureusement les nains sont des amours comme toujours, le petit commence à suivre les traces du grand frère et à faire des trucs sans qu'on lui demande, comme ranger la vaisselle, ou sortir la poubelle. Bon pour le moment sa vue n'est encore pas complètement développée, à 10 ans il ne voit pas toujours le bordel au pied de son lit, ni le linge qui s'étire sous ses yeux suppliant : "pliez moi, pliez moi, je suis sec !!!" mais ça va venir, je pense.
Et ça c'est le shoot du week end dans la boîte à musique magique du cousin chéri. Chuuuut, ferme les yeux, écoute et verse des larmes avec moi ...
je ne m'en lasse pas ... je voudrais juste que ça coule dans mes veines, en perf'
Allez hop, ho les cœurs, ça va aller, ça va aller, ça va aller, bientôt la retraite ! (ho ça va, j'rigole)
Remarque, comme dirait un mec que j'aime bien "ça aurait pu être pire, il aurait pu pleuvoir."
S'accorder en genre et en nombre.
Tu sais, je passe peut être moins de temps sur le muret, mais je me pose toujours autant de questions, sinon plus (tiens du coup je me dis que si je passais plus de temps ici, je me questionnerais peut être moins, non ?) Bref.
Alors mes questions du moment, enfin MA question du moment c'est :
"Dis Monsieur, c'est à partir de quelle différence d'âge avec l'amant qu'on est cougar ?" (d'ailleurs cougar ou MILF c'est kif-kif)
Non parce que là, quand je raconte des trucs vite fait, des épisodes aussi rapides dans ma vie que dans l'expérience même (pardon jeune homme) à mes copines, elles me disent :
"Waaaa la cougar !"

Mais en vrai dans le regard poli de certaines copines, je n'arrive pas à voir si c'est de l'envie (genre "Ho la salope, moi aussi je veux vivre l'expérience du jeunot") ou du dépit (genre "pfff regarde un peu où elle en est arrivée la pauvre" ).
Alors comme je viens me questionner ici pour arrêter de me questionner en dedans de ma tête, je suppose que tu vas me donner ton avis, mais sois sympa, ne me dis que ce que j'ai envie d'entendre d'accord ?
Bon soyons clair, au départ, j'avais dit "non mais ça va pas dans ta tête à toi, t'as pas école demain ?"
Et puis à l'arrivée, non, il n'avait pas école le bougre.
Bref, on n'est pas là non plus pour raconter nos histoires de fesses.
Ah si ? J'en étais sûre !
Alors pour me guérir de la cougarite aiguë j'ai décidé de fréquenter des vieux (enfin, un vieux), qui t'emmène au resto, au chaud, qui te flatte, te fait de la séduction une entrée chic et goûteuse, de la drague légère un plat résistant à l'envie, et du désenchantement un dessert écœurant, en n'oubliant pas de te dire que sa dernière conquête avait moins de 30 ans.( Ha tiens, toi aussi ?)
Mais là, moi, après le resto je rentre chez moi en me disant que le monde marche sur la tête. Bien entendu et hélas, je suis dans le monde.
La jeunesse veut des femmes "mûres" (Horreur ! Que je n'aime pas cette expression !). Et quand tu demandes pourquoi à ton jeune amant, il te répond qu'il s'ennuie rapidement avec les filles de son âge, qu'elles n'ont pas de conversation autre que mariage-bébé, qu'il s'ennuie au lit, bref, tu en conclues vite qu'il ne fait pas bon être une jolie pépète de 28 piges de nos jours ! Remarque, elles ne sont pas folles les jolies pépètes de 28 piges parce que quand tu écoutes bien ce qu'on te dit, tu comprends de suite qu'aujourd'hui elles sont dans le lit des vieux.
Ne soyons pas non plus mauvaises langues (ce que nous ne sommes pas, bien sûr) ce n'est pas du tout une généralité, juste quelque chose qui existe depuis la nuit des temps mais qui est un peu plus raconté en 2010, c'est tout, rien de plus ...
Et j'ai lu quelque part qu'il s'agirait là d'un refus de vieillir ou quelque chose comme ça. Que nenni. Le cap des 40 est passé, les angoisses avec. En galopant vers 43 balais, sans peur, je peux affirmer que vieillir ne me stresse plus sauf si je dois arrêter de faire du sport et me retrouver à nouveau enfermée dans le rôle unique de maman. (Bon, je dois être honnête avec le muret, il y a quand même un truc qui me saoule dans le vieillissement, c'est la peau du cou. Oui oui oui, la peau du cou qui se froisse aussi vite que du lin, ça, ça m'agace un peu on va dire).
Mais pour en revenir au statut de "cougar" moi je pense que c'est juste une envie de plus en plus forte de vouloir profiter de la vie et de ses plaisirs absolument, tous les complexes de la jeunesse en moins et ça, en attendant de piocher celui qui voudra bien tout tenter pour un bout de route avec moi. J'ai une copine qui m'a même fait la comparaison avec la pêche (l'odeur en moins)( Madame de K, moins fort, je t'entends très bien penser que mon cas s'aggrave) en m'expliquant que je lançais mes filets et que parfois il n'y avait rien dedans, parfois des jeunes crevettes, et qu'un jour il y aurait un beau homard juste mature à souhait, prêt à être dégusté. Bon app'.

Pour l'instant je me fais une orgie de soupe forestière champignons ciboulette, c'est une tuerie (oui oui ça va, d'habitude je la fais la soupe, mais celle-ci non, je la consomme juste et le dimanche soir sans les nains, forcement, j'ai la flemme culinaire aiguë).
En même temps, tu dois te demander pourquoi je ne trouve pas directement de beaux poissons matures, ben figure toi que j'en trouve, va pas croire, mais c'est juste qu'ils sont un handicap majeur, ils ne sont pas libres !
Tout compte fait, c'est une bonne idée de venir se questionner ici, ça restreint un peu la gamberge.
Mais ça me fait aussi penser que je vais peut être essayer de trouver une jolie pépète de 28 ans pour vérifier son degré de conversation moi ...
La vie est désespérante mais tellement surprenante qu'on ne peut que l'aimer non ?
Ha et puis, ce matin, pendant que nous buvions le café avec mon frère dans la cuisine parentale, le nez dans le journal il lisait avec attention tous les décès des environs en m'expliquant que c'était le père de Machin qui était mort si jeune (mais moi je suis une ingrate, depuis que j'ai quitté la région, il y a juste 25 ans, je ne connais plus personne, même sans Harley Davidson). Bref, le canard local, il se résume vite au temps du petit dej', Et du coup mon frère s'est mis à nous lire le dossier spécial du jour, notre horoscope de l'année à venir.
Ben tu sais quoi ?
Je suis vraiment complètement soulagée. Parait que ma vie amoureuse va être très calme en 2011, ça me rassure, j'aurais eu de la peine à gérer une année différente des dernières ... Je crois.
Et attendant que tout ça s'excite un peu, écoute avec moi. Quand je replonge dans ma période Satie, je voudrais que tout le monde aime à en pleurer.
A faire ou à ne pas faire.
J'adore les listes et je m'aperçois que ce blog n'a pas vu souvent la trace de l'une d'elles. J'en ai plein mon sac de fille, des parfois surprenantes, avec des titres à écouter ou des groupes à découvrir, des noms d'arbres lus dans un roman, des mots qui vont bien ensemble collés derrière mon téléphone comme un slam à l'arrache (merci l'invention du pos-it) des listes avec des noms de lecteurs à appeler, figées sur mon pc de boulot (en post-it virtuel of course) (d'ailleurs ça me fait penser qu'un jour on s'est fait une bonne marrade avec ma collègue, une des bénévoles avait du voir mes post-it virtuels mais ne devait pas savoir les utiliser, à la place elle m'a collé un vrai post-it au milieu de l'écran. Pratique). Donc, oui je suis une fille à listes, quelle tristesse ! Sauf que ce soir sur une de mes listes, entre carottes, photo id nains pour forfaits, poireaux, lessive, salade, balai, tofu, lundi 18H30 audition nain 2, lundi 18H30 réunion parent-profs, lundi 20H30 réunion FCPE, je lis, en gras et souligné, BLOG ABANDONNE. Alors là, voilà, on dirait que je me connais bien, pile les mots pour fendre mon cœur d'artichaude, vite fait, entre deux portes, entre le piano et les crampons, entre deux bouquins et 3 chemises à repasser, entre une nuit encore trop courte et un week end chargé, je viens poser quelques mots listés sur ce muret à peine gelé.

A faire :
- Se poser et écrire un peu ça fera du bien de raconter sa vie.
- Aller faire les rares cadeaux de Noël.
- Aller récupérer la carte grise oubliée chez le garagiste.
- Aller chercher les radios et dire au doc que tout va bien Mme la Marquise, tout est rentré dans l'ordre, je suis nickelle comme une jeune première. Toute neuve.
- Aller retirer les derniers sous sur le pauvre compte épargne qui n'a d'épargne que le titre.
- Lire les 5 livres perdus sous la couette.
- Faire mon lit, ou le défaire, ça dépendra de l'humeur et du temps.
- Écouter en entier et tranquillement le merveilleux CD offert par mon ami de trop loin avec qui je n'ai malheureusement pas pu partager cette soirée (mais pourquoi Paris est si loin de moi ?)
- Inspirer, expirer. Souffler en grand.
- Aller faire des courses (encore) pour remplir le réfrigérateur vide (encore)
- Penser à souhaiter l'anniv' de blonde demain.
- Commencer à regarder vraiment le calendrier SNCF pour aller voir les copains de la ville qui fait sa crâneuse et essaye de ressembler à la montagne.

A faire dans une autre vie :
- Trier et virer certains courriers et certaines photos.
- Faire un trek dans le Sahara.
- Retourner à New York !
- Écrire un livre.
- Acheter une belle anglaise à deux roues.
- Finir le cursus entrepris en 2003 et aller à la Fac !
- Lire Irving en V.O (mais pourquoi ne traduisent-ils pas son dernier paru en 2009 en anglais ?!)
- Trouver UN amoureux, un seul !
- Trouver un amoureux qui n'aurait que MOI !

Penser :
- Que mon père finira par entendre les horreurs qui sortent de sa bouche.
- Que mon père réalisera que je l'aime malgré tout.
- Que la femme de 40 piges (et plus) est au top de sa forme !
- Que la roue tourne un jour (mais quand va t-elle tourner cette putain de roue comme dirait celle à qui je dois penser demain)
- Que le prochain concours c'est dans la poche.

Dire à tous :
- Que "le bleu est une couleur chaude" est une BD formidable ainsi que les 3 tomes du "Purgatoire" de Chabouté.
- Que " Black rock" de Amanda Smyth est un merveilleux premier roman.
- Que vivre d'amour et d'eau fraîche ça n'existe pas ou alors de plusieurs amours et plusieurs eaux fraîches.
- Que les jeunes vont trop vite et que les vieux se la pètent en pensant aller doucement.
- Que lâcher son blog trois mois c'est bien trop long pour envisager écrire un vrai papier après ça ...
- Que le Père Noël n'existe pas, cette fois j'en suis sûre.
Je vais revenir, écrire, parler, raconter des petites histoires, comme dans le temps, dés que je serai plus forte en gestion de timing. Je vais revenir parce que j'en ai envie, parce que ça me manque mais je dois juste trouver du temps pour ça.
(Pour entretenir le romantisme de Mme de K et donner à rêver encore à Miss T)
Patchwork de mots d'été.
Tu sais, je me disais que finalement, je n'avais jamais entendu mon prénom dit par toi.

Oui c'est étonnant, mais entre nos pseudos de virtuels éphémères et nos petites onomatopées marrantes écrites ou enregistrées, je n'ai jamais entendu mon prénom dit par toi.
Finalement c'est peut être un signe, un signe que je suis juste un leurre, un fantôme des pixels, un à côté ou un pourquoi pas. Une parenthèse éternelle, un entre guillemets qui guillemette fort comme toi. Erri de Luca dit de la mer que c'est "une balançoire d'eau, que les bateaux jouent dessus en passant d'une vague à l'autre". Je trouve ça doux à lire.

Peut être bien qu'on est même tout ça à la fois, mais je n'ai jamais entendu mon prénom dit par toi.
Dans ma série découverte des hommes lettrés de mon été, au milieu d'une rentrée littéraire abondante j'ai réussi à en trouver des vieux qui me tendaient les bras. Après Truman Capote et Jean Genet, j'ai bien plus qu'aimé Raymond Carver.
Ce soir je sais que l'attente ce n'est ni actif, ni passif, mais parfois qu'à trop attendre nous finissons par oublier quoi et pourquoi nous attendons.
Et pour ne pas oublier la couleur de ta voix, j'aimerais vraiment entendre mon prénom dit par toi.
J'ai retrouvé le son des tes yeux, entre deux.

Entre deux quoi ? Entre deux heures, entre deux mots, entre deux gestes tendres, entre deux feux rouges, entre deux ponts, entre deux bras, entre deux portes, entre deux rires, entre deux corps.
Et puis la rentrée et son cortège de journées infiniment trop petites, courir ici et puis là, s'occuper du foot de l'un du piano de l'autre de mes activités à moi, philosopher le temps d'un week end, soigner un lin bag haut qui ne veut pas rester en bas, écouter le silence en lisant Didier Eribon et son Retour à Reims, pour une fois, et se dire que oui, merde c'est un vrai problème de s'affranchir de sa famille, de sa classe sociale originelle, d'essayer d'être autre chose, de choisir. Pas facile de choisir.


(dans la famille, on a celles qui roulent, celles qui volent, et des enfants qui regardent la vie dans les yeux de leurs mamans)
Lui, il a choisit, Elle, mais il vient me voir parfois, j'ai l'impression qu'il est bien quand il vient, mais j'ai aussi l'impression d'avoir envie de croire qu'il est bien là. Alors j'oublie, j'y pense et puis j'oublie, c'est la vie, c'est la vie ...
Et puis c'est mieux comme ça. Tout au moins pour le moment. Ho et puis je ne sais pas, c'est un peu confus tout ça, comme mon rapport aux hommes, depuis la nuit des temps. Depuis cette relation au père, étrange, oppressante et vitale ? Peut être bien que oui, peut être bien que non, Didier Eribon, sors de ma tête. Moi je veux juste qu'on m'aime et puis c'est tout. Alors même si ce n'est que de temps en temps, c'est du bon temps.
Se dire que continuer le jogging le soir dans les bois devient lugubre, Shaggy dans mes oreilles à la tombée de la nuit me faisait presque peur, et ces petits culs blancs de lapins pas affolés, penser que dans quelques semaines ils seront des civets, c'est triste. C'est triste de voir l'été et ses grandes journées s'en aller. C'est triste de se dire que voilà, les baisers volés derrière une porte cochère enroulés dans des bras tremblants, ça fait déjà partie du passé, de ces images qui feront chaud au fond, en secret, tout le temps.
Comme c'est triste finalement de rester trop longtemps dans le silence, musique.
















