29 novembre 2009
Fais moi mâle.
Alors là je dois vous dire que je vais faire dans le cliché.
Je crois que je viens de lire un livre d'homme, pour les hommes. Oui, je le redis, un livre d'homme et je crois que c'est la première fois qu'une lecture me laisse cette impression finale.
Même si je suis une fille, je suis quand même une fille un peu garçon puisque je fais de la moto (oui enfin, là, entre le froid, la pluie, la tornade qui décoiffe, et la neige qui arrive, la moto elle est dans le garage, une grosse couverture sur le dos, elle a la batterie fragile la pauvre) que je démonte complètement la DS du nain (et je crise quand j'arrive au moment où je réalise qu'il va falloir un poste à souder si je veux continuer l'aventure au cœur de l'électronique) que je tente de soigner les appareils ménagers à grand coup de pied efficace (Patrice si tu me lis ....). Bref, je ne sais pas si ça vient de la presque année sans tabac, ou de la découverte du karaté, mais c'est vrai que depuis quelque temps, j'ai tendance à réparer tout ce qui ne va pas droit avec les pieds qui volent et ça n'arrange pas du tout mon agacement de départ. Du coup quand je vais au body-karaté inutile de dire que je me défoule !
C'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers David Fauquemberg et son deuxième roman Mal tiempo suintant la testostérone (comme si j'avais besoin de ça ...)
La vache, ça sent le mâle dés la première page :
"Foutu protège-dents, je ne peux plus respirer. Je happe l’air, jamais assez, sur le temps mort entre deux frappes. Pas moyen de sortir des cordes, Toufik me cadre, il presse, son pied toujours devant le mien m’empêche de tourner, il m’expose à son bras arrière, c’est lui qui mène l’assaut. Direct, je bloque, aussitôt je remise. Changement d’appuis, mon poing droit cherche le menton, hors tempo, Toufik accompagne la gifle. Il ne bronche pas, il a souri. Son visage rougi par l’effort s’approche puis bascule dans l’angle mort du casque, ses gants flous et pesants s’abattent au ralenti. J’encaisse, je recule. Des silhouettes vaporeuses oscillent autour du ring, des cris me parviennent, assourdis, le fracas de la salle. Un coup d’œil à l’horloge en douce. Plus que trente secondes à tenir. Trente secondes. J’étouffe, cœur dans la gorge, mes mains cèdent à la pesanteur. Je cligne des yeux malgré moi, secoué par un choc à la tempe. Baisse pas les bras. Toufik se désaxe, il tire une longue série de jabs. Il accélère encore, sans rage. Sûr de sa force. Dix secondes, en apnée. Je vois partir une autre droite, esquive, je m’engouffre dans l’ouverture. Je lance le coude en uppercut, au bout il y a le vide. Je sais déjà ce qui m’attend. Un crochet lourd me cueille au foie, impact précis, sans appel, au creux des côtes flottantes. Il me cisaille. Mes jambes se dérobent, me voici à genoux."

Sac de frappe par Jerôme Godichon.
Et tout le long du roman, on y est, du tempo, des rings, des dortoirs de mecs, des ambiances d'hommes, du tempo encore, de la sueur, du sport. Ca va vite, ça pulse, mais ça pense aussi, ça pense la vie et ça la combat dans la moiteur d'un Cuba qui boxe.
J'ai été touchée par ce livre parce qu'en dehors de cette ambiance (qui m'a bien plu, on l'aura compris) c'est l'histoire croisée de deux mecs, un boxeur sur le point de raccrocher les gants, et un qui démarre avec un vrai talent inné. Deux hommes qui vont se rencontrer et partager. C'est toujours discret de l'amitié d'hommes, c'est juste naturel.
J'ai bien aimé être seule au milieu de tous ces hommes, quelques heures durant, a retenir mon souffle souvent, à expirer vite entre deux scènes. A maîtriser ma respiration au gré de ma lecture. C'est étonnant et épuisant physiquement une lecture en rythme. Mais j'ai vraiment bien aimé ; ça m'a fait penser à une nuit d'orgasmes répétés.
Et pour rester dans l'ambiance masculine à mort, j'écoute depuis deux heures, un gars que je vais peut être aller voir cet hiver ... Bien envie et comme il passe par Geurnobeul, ben ...vais p't'être bien y aller !
Voilà, du coup dans ma liste des choses à acheter très vite : un homme à la voix grave qui veut bien chanter dans mon oreille et aussi un petit bocal de testostérone à sniffer, avec ça, ça devrait aller beaucoup mieux.
09 novembre 2009
Victime de fidèlité.
Tu sais, il est des conversations qui reviennent souvent avec les copines. De ces conversations qui prennent une toute autre tournure quand elles sont partagées avec les garçons.
Et dimanche, sous ma couette j'ai regardé un film avec l'adorable Sophie Marceau, te marre pas j'adore cette fille, pour plein plein de raisons, comme celle qui fait qu'au collège, l'année où elle a fait parler d'elle on n'a pas cessé de me dire qu'on se ressemblait (Pas d'affolement démesuré : c'était juste au collège ! Même bouille arrondie, même coupe de cheveux, même côté espiègle, même âge ou presque, à deux années près, bref ou hélas, c'était juste au collège). N'empêche, cette fille, moi je l'aime bien.
J'ai vu ce film que je ne connaissais pas, "La fidélité". Oui alors bon, tout est dans le titre.
Et ça m'a rappelé ces discussions interminables avec les copines il y a quelques années, quand elles étaient encore toutes dans un périmètre de 5 km autour de moi.
C'est quoi la fidélité ?
On était 4 à l'époque et bien sûr, 4 avis différents. Enfin, les trois autres copines elles se rejoignaient un peu dans leur idée de la fidélité. Moi j'ai toujours eu un étrange rapport avec cette chose, j'ai toujours été trompée (en amour je veux dire) c'est comme un truc qui aurait été intégré dans ma carte génétique. Alors forcément j'ai un rapport affectif un peu étrange avec la fidélité qui n'est pas.
Je me souviens même avoir raconté un jour à un de mes proches que je pardonnais plus facilement l'infidélité que le mensonge, tant et si bien que j'avais toujours dit à Mr mon ex que si un jour il dérapait ça n'avait rien de grave, mais qu'il ne fallait pas que ça dure. Le proche en question m'avait répondu "t'es dingue toi, tu ne dois jamais dire ça à ton mec" !
C'est marrant moi j'ai toujours imaginé que la liberté de mouvement n'impliquait pas le manque de respect. Bien sûr que si on peut rester fidèle sur toute une vie, c'est purement magique, mais qui ? Qui peut croire qu'une vie d'amour pour une seule personne c'est possible ????
Pas moi.
J'ai souvent constaté en revanche que les histoires plus matures ne traversaient pas ces épreuves. Je veux dire des histoires qui arrivent après les premières amours. Des histoires où chacun a vécu avant.
Quand on s'est mariés avec Mr mon ex, j'avais demandé à Mr le curé (oui oui, à lui) de ne surtout pas nous faire promettre ce genre de truc, d'une part ça ne regardait pas l'assemblée, et en plus je ne voulais pas promettre un truc auquel je ne croyais pas. Quand je promets, c'est que je sais ce que je fais, et j'honore toujours mes promesses. Là j'ai eu raison, au moins il n'a pas trahi de promesse, il peut me dire merci tiens (va falloir que je lui rappelle ce détail peut être, un de ces jours).
Bon bref, dans le film avec la môme Marceau, j'ai été très mal à l'aise, oppressée, dérangée, j'avais parfois le souffle court, les yeux qui regardaient ailleurs.
Cette fille qui a envie de réussir son couple, construit vite et sur le tard, se sent complètement dévorée de l'intérieur par son attirance pour un jeune homme qui ne rêve que d'elle. Elle veut lui résister, parce qu'elle a pris cet engagement dans le mariage, et ne veut pas trahir son mari. Elle lutte de toutes ses forces, jusqu'à la folie pour ne pas sombrer dans cette trahison, mais ne peut pas se passer de parler avec le jeune homme, de le regarder, de l'épier, de le frôler, de chercher son contact.

Alors j'ai pensé très fort à nos conversations de copines ou l'une disait que dés qu'il pense à une autre il la trompe, à celle qui prétendait que flirter n'est pas tromper, à celle qui imaginait que coucher c'est la fin, à moi qui soutenais que coucher un soir d'étourderie n'est pas tromper. J'ai pensé à tout ça et je me suis demandé comment c'était dans ma tête aujourd'hui, presque 10 ans après ces conversations de filles.
Je pense que je n'ai jamais connu la fidélité en amour, mais que j'ai la chance de la connaitre dans l'amitié (à part quelques très rares exceptions). Alors du coup quand je me sens trahie dans mes amitiés, j'en souffre beaucoup plus que dans mes amours, marrant non ?!
Mais ai-je été infidèle à mon tour ?
Jamais. En amour, jamais. En amitié, oui, dans des histoires où je ne savais plus quoi faire, où je ne savais plus à quoi je servais, ou ce que ça m'apportait, deux ou trois fois on m'a reproché de ne pas être l'amie fidèle tant attendue. J'ai aussi été celle que je m'étais interdite d'être, celle qui vacille dans les bras d'hommes pas libres, quand mon cœur s'emballe, ma raison n'a plus aucun sens, mais mes sens ont eux, leur raison. Mea culpa, je suis aussi cette imperfection faite femme. J'ai toujours été fidèle dans mes amours, quand j'aime c'est toujours pour la vie, même si la vie ne dure qu'un temps. Quand j'aime je n'ai d'yeux que pour lui. Jusqu'à ce qu'il me dise de changer de route, je n'ai d'yeux que pour lui et souvent bien après que j'ai changé de route ...
Ce film m'a secouée parce qu'il m'a rappelé qu'on peut devenir fou (folle) par amour, avant d'en mourir.
Mais qu'est ce que j'ai avec l'amour en ce moment moi ? M'est avis qu'il y a du manque dans l'air.
Et puis Invisible hands parce que même si ce n'est pas tout jeune, la voix de ce mec m'envoûte, je n'ai qu'à tenir les paupières en bas et je plonge dans ses notes ...
Bonne nuit.
01 novembre 2009
Mes Saints à moi.
Ma grand-mère avait l'habitude de rendre solennel ce jour des morts, et malgré tout l'amour que j'ai pour elle, je suis ravie de savoir que certaines coutumes ne se transmettent pas.
Moi je fête mes vivants, et que des petits mecs, que des regards de braise pour me dire que la vie, elle est bien quand elle est là, et qu'après ce qu'elle fait, on s'en moque ...





Moi sans ces regards-là, je ne suis pas grand'chose en vérité ...
Et puis comme l'automne s'en va, ça me rend toute comme ça
21 octobre 2009
Post-it du soir.
En rangeant un peu ce soir mes nombreux carnets de notes, je pensais à ma grand-mère quand elle nous a fait venir pour lui dire au revoir, elle savait où elle partait, elle voulait juste nous dire aurevoir à tous avant de partir, mais elle voulait rejoindre son Paul, elle le disait, depuis son départ la vie était trop vide.
Et dans un de mes carnets, je tombe sur ce passage de "Seul dans le noir" de Paul Auster que j'avais recopié tellement je l'avais trouvé beau, le narrateur parle de sa soeur aînée qu'il adorait ...cadeau :
"Quand on me demanda si je voulais que l'hôpital procède à une autopsie, je répondis que ce n'était pas nécessaire. Il y avait deux possibilités. Ou bien son corps l'avait lâchée, ou bien elle avait pris des comprimés et je ne souhaitais pas savoir ce qu'il en était car, dans un cas comme dans l'autre, la réponse n'aurait pas raconté l'histoire vraie. Betty était morte d'un cœur brisé. Il y a des gens qui rient en entendant cette expression, mais c'est seulement parce qu'ils ignorent tout de la vie. On meurt d'un cœur brisé. Ça arrive tous les jours et ça continuera d'arriver jusqu'à la fin des temps."

by Valentin Mihailov
Voilà, c'est tout, et ce sont des mots que j'aurais adoré écrire un jour, mais n'est pas Paul Auster qui veut !
Je vous propose une bien douce nuit, j'y vais de ce pas non sans lire quelques chapitres d'un très beau livre de Catherine Mavrikakis "Le ciel de Bay City" où il est encore question de mourir d'un coeur brisé mais dans un autre registre, je vous en ferai peut être un papier si j'arrive à retrouver le temps d'écrire plus souvent.
Et pour quitter cet écran à pas feutrés ... Je vous laisse avec Fred.
20 octobre 2009
Mélancolie du retour ... toujours.
Derrière la vitre de ce train, je cherche à figer du regard une image que je n'aurais encore pas capturée.
Je cherche un regard, un visage connu, un sourire qui ne viendra pas dans l'objectif de ma pupille.
Derrière la vitre de ce train j'écrase une larme de fatigue. Cette dernière rencontre a été si riche, Olivier comme un être qui aurait toujours été dans mes parages, sa main qui prend, qui dit c'est chouette de se voir, enfin. Ce sourire généreux, et ces yeux qui brillent d'émotion en même temps que les miens, c'est fort tout ça. Ça fait chaud, ça fait bon.
Estelle, c'est de la beauté qui rigole, de l'envie de se dire les mots souvent écrits, t'es belle, t'écris bien, tu fais trop rire, putain t'es belle quand même. Raconte encore ta vie nomade, tes poissons qui croquent et tes envies de petits chats.
Ma tortue, c'est ma Tortue, c'est de la bonne humeur souriante tout le temps, avec parfois des notes qui chantent, et parfois des clins d'œil de complicité pour taquiner nos hôtes. Ce sont des secrets de filles qui font parfois piquer les yeux et qui font parfois rire à gros bouillon.
Madame et son amoureux qui chaque fois nous font une place dans leur vie, le temps d'un week end qui va trop vite, qu'on ne peut pas imaginer l'un sans l'autre, la fine équipe, le duo infernal, le tandem de choc, les complices malicieux, c'est comme une carte postale intemporelle à laquelle on aimerait ressembler, un jour, quand on sera grande et qu'on aura nous aussi trouvé L'Amoureux d'une vie.

Derrière la vitre de ce train, je cherche du regard la larme de fatigue qui s'écrase sur ma main, je ne vois plus rien, il n'y a plus rien à voir, tout est noir et sage comme du Soulage, panneau noir mate de la nuit écrasante illuminée et transpercée au loin par un néon écarlate, lumière qui traverse cette nuit comme pour dire, il te restait pourtant encore une lumière à voir, mais c'est fini, le train démarre ... éteignez les lumières, on quitte la gare, y'a plus rien à voir.
Et dans mes oreilles à ce moment là, Thomas Winter & Bogue.
11 octobre 2009
Ma rentrée musicale et littéraire.
Ha là là !
Voilà, enfin une soirée tranquille pour me poser et vous parler de mes deux nouvelles coqueluches (et pourquoi pas grippe A ou Varicelle tiens ? C'est pas assez classe ?)
Mais comme l'internet est bien plus malin que moi, et surtout lui, il est au courant de tout c'qui s'dit, un peu comme mon concierge ou Madame de Keravel, là il me raconte que "Autrefois, la coqueluche était une sorte de chapeau que les médecins conseillaient de porter pour avoir toujours la tête au chaud et ainsi éviter d'attraper la maladie du même nom. Or, à la même époque "être coiffé de quelqu'un" signifiait "en être amoureux". L'expression personnifie donc la coqueluche et s'associe à la précédente pour dire que quelqu'un est amoureux de nous, que l'on est son "préféré".
Alors donc, dans mes nouvelles amours coqueluchesques, je commence par le garçon. Oui, c'est comme ça, les garçons d'abord. Le gars Jil, en vrai il s'appelle Jil de Jil Is Lucky, le groupe (d'où J I L. tu comprends l'astuce là ????) Oui bon, ben JIL le chanteur, depuis que je l'ai entendu the first time, je suis toute croque de lui. Dés que je peux, il entre dans mes oreilles, parce que, mon ami, un gars qui fait des courses de poneys dans la neige avec des lunettes cœur, moi je l'épouse, mais là le problème c'est qu'il pourrait presque être mon fils si j'avais commencé très très tôt les histoires de zizi-panpan (ce qui n'a pas été le cas, DU TOUT !)
Lui il a un truc à la Elliott Smith qui forcément me séduit, et puis c'est pile poil la pop que j'aime alors voilà, c'est tout et c'est déjà beaucoup.
Ah si, ma première coqueluche a un rapport avec la seconde, c'est leur premier bébé à tous les deux, mais pas ensemble, enfin, je ne crois pas, elle est beaucoup trop vieille pour lui !
Et si elle n'est pas d'accord, c'est parce qu'elle fait sa star qui met les pieds sur le fauteuil, tout ça, tout ça ... (Mais en vrai, moi j'adore les filles qui mettent les pieds sur les fauteuils quand elles ont la pétoche !)
Alors ma deuxième coqueluche, en fait c'est pas nouveau, c'est juste que là, elle fait un peu parler d'elle, et en plus d'être belle comme un cœur, drôle, sexy, écrivaine, voyageuse des océans, plongeuse avec les requins (oui oui, je sais, je radote mais franchement c'est pas toutes mes copines blogueuses qui nagent avec des gros poissons aux dents aiguisées non plus!), ouvreuse de bocal, sondeuse d'âmes schizos.
Bon bref, la mère Estelle Nollet elle nous a pondu un premier roman digne des grands écrivains que j'affectionne. Et elle a eu l'audace de lui coller un titre qui fait bien flipper les voisins du rayon libraire. Réfléchis deux secondes, t'en bois souvent des rats-kangourous toi ? Hein ? A côté du "que serais-je sans toi ?" ou bien "le premier jour" ou bien "le voyage d'hiver". Franchement cette jacquette floquée "on ne boit pas les rats-kangourous", moi je trouve que ça en jete. Bon en même temps, ça fait partie de mes critères dans les choix de lectures. Le titre, plus loufoque il sera, plus vite je plongerai dans le livre !
Alors comme ce bouquin m'a bluffée plus que je ne l'aurais imaginé, je vais essayer de donner envie sans vendre le suspens et vite, vite tu vas filer vers chez ton libraire ou vers ta bibliothéqueuse si elle est bonne, pour n'en repartir qu'avec Estelle sous le bras, sinon rien. Même pas un Musso, non, non et non, c'est Estelle ou RIEN !
Alors le truc qui va te donner envie, c'est ce bout de nulle part au fin fond du désert, où on ne fait que picoler. Boire pour oublier que l'avenir n'existe pas, boire pour oublier qui on a pu être ? Bon, en même temps, que faire d'autre ? Entre le Doug qui creuse des trous partout et tout le temps, Den l'épicier qui refuse d'aller avec les autres au bar de Dan, et la décharge qui délimite le bout du monde, il n'y a vraiment rien d'autre à faire que regarder le temps s'étirer, boire et boire encore ... Le désert s'étire à perte de vue d'un côté, et à perte de décharge de l'autre.

Dune par Dionys Moser. Pas moyen de trouver une des magnifiques photos de Jean-Marc Durou auxquelles j'ai pensé pendant ma lecture, et comme j'ai trouvé cette dune très sensuelle, voilà, une autre idée du désert ...
Ils sont rares les livres forts qui t'embraquent malgré le climat d'inertie qui plombe dés les premières lignes. Mais Estelle a le talent de nous faire passer des centaines de pages sans une seconde d'ennui, pourtant il ne se passe rien dans ce trou à rat (kangourous ?)
Il pendant qu'il ne se passe rien, on adopte tout tranquillement chaque personnage, et son histoire qu'on suppose douloureuse. Willie, le narrateur est le seul avec Dig-doug le bien gentil, à être né ici. Tous les autres sont arrivés là un jour. Volontairement ?
C'est ce que Will va s'atteler à découvrir en fouillant le passé de chacun, comme une enquête personnelle, il veut comprendre pourquoi ce manque d'avenir se fait si cruel, pourquoi quand "on fait demi-tour, on ne fait pas forcément marche-arrière". C'est un coriace Willie, un coriace qui parvient même à adopter un coyote ...
Estelle nous botte dans la touche du passé qu'on ne veut pas forcément regarder, celui des choix qu'on peut faire, ou pas. Estelle c'est une sacrée tricoteuse de mots qui touchent, ça fait comme si les mots qu'elle assemble c'était forcément les bons, d'emblée, pour annoncer un enfer qu'on sent bien se pointer à chaque nouvelle maille.
Maintenant si t'as pas assez bu pendant les 327 pages, et que tu te demandes encore pourquoi on ne boit pas les rats-kangourous, demande au coyote ou a Estelle, moi je ne dirai rien !
On ne boit pas les rats-kangourous. Ed. Albin Michel, 327 p.

Rien à voir, juste que ça me fait marrer un grand dadet de 12 ans au bord d'une piscine. Mais pourquoi diable veut il se faire des gros bras ?... Tiens ça me fait penser qu'il y a un mois et demi, on se baignait encore ...
Et pour la route, parce que entre le salon d'où je t'écris et la chambre où je vais aller me noyer dans les oreillers douillets, on a le temps pour un autre morceau de JIL pour clôturer la soirée.
01 octobre 2009
Cherche ...
Cherche épaule solide à louer quelques heures par année.
Épaule étanche et musclée conseillé.
Paierais même surplus pour bras qui serrent fort.
Lâcherais même prime si le bras du bout de l'épaule a des mains généreuses qui caressent les cheveux doucement ...
Et alors si en plus le haut de l'épaule possède une oreille pas trop fatiguée, prête à intervenir en même temps que les bras qui serrent, l'épaule qui éponge et repose, les mains qui caressent les cheveux, alors là je donne tout ce qui me reste ....
Il y a des jours, comme ça ...
Listen to Kings of Convenience, j'aime toujours, chaque fois ...
20 septembre 2009
HIA ou LIA m'en tape du moment que ça move !
C'est tellement bon quand tout va mieux.
On ne se lasse pas de le dire, mais ça semble si naïf ou déplacé, dans ce monde de brutes qui va mal. Dire que nous, enfin, on va bien, si on pouvait le crier sur les toits des voisins, je crois qu'on le ferait.
C'est curieux d'ailleurs, on n'osait à peine parler de notre chagrin entre nous, quand on frôlait la vie au camping ou qu'on fermait la porte sur le dos de l'huissier, qu'on mâchait nos peines à la sournoise, sous les draps de la nuit épaisse.
C'est comme si la pudeur n'existait que dans le malheur, comme si, en reprenant une vie "normale", on devenait de parfaits impudiques prêts à hurler à tout vent que c'est chez nous ici et qu'on n'a jamais été aussi bien dans la vie. Depuis tout ce temps, on n'avait plus jamais été aussi heureux, détendus, vivants, je crois que c'est le mot le plus simple pour nous définir, on est juste HEUREUX.
Et on se demandait à quoi ça ressemble un bonheur vu de l'extérieur. Alors on a trouvé, et on a lancé des phrases comme ça, à la volée, comme des idées dans un jeu de quilles :
-Nous sur les crêtes à vélo, l'autre jour, avec Papi, Mamie et le chien !
-Toi et mon frère en train de réviser tranquilles vautrés sur le canapé et pas speed dans la voiture comme l'an dernier. Et puis on peut aussi aller chez tonton et voir les cousins plus souvent, ça c'est cool !
-On peut aller faire du vélo sur la place avec les copains pendant que tu fais le jardin.
- Ha oui, ha oui, le bonheur m'man, c'est aussi manger nos tomates du jardin, nos courgettes, nos salades, d'ailleurs j'aimerais bien ne plus jamais manger de surgelés.
-Alors ça poussin, c'est pire que tout, ça s'appelle des goûts de luxe ou des caprices d'enfants gâtés !
-C'est vrai qu'on est gâtés !
Moi je me demande, vont-ils un jour oublier ces années noires, noires, noires pour ne retenir que ce doux rose qui s'offre à nous ? Parce que "gâtés", quand même c'est abusé !
Et comme quand la vie va bien, on fait des trucs bien ( Murphy en positif ? ...), je persiste parce que je suis une vraie cabocharde et je reste une ex-fumeuse entourée de rose et blanc !

(notez l'art de cacher les jambonneaux !)
Hé oui les copains, ça va bientôt faire une gestation que je ne sens plus le cendrier quand j'ouvre la bouche, mais qui dit gestation, dit prise de poids, bien sûr !
Et là, c'est la misère : 6 kg attribués à l'arrêt tabac, et 2 ou 3 en rab' de l'automne dernier, juste avant l'arrêt. Donc, après moultes régimes et frustrations, la balance continue de m'insulter et me disant que je ne suis pas la plus belle dans la place ! Ha ouais c'est comme ça ? Pétasse de balance, tu vas voir c'que tu vas voir !
Alors vous me croirez si vous voulez, mais cette semaine j'ai battu des records. Pour commencer mardi au body-karaté, j'ai cassé la gueule à des invisibles en leur filant des grands coups de savate et jolis coups de poing là où ils n'y avait personne, bien sûr. Le tout, en musique s'il-vous-plait ! Mais le prof, non content de nous voir rouges comme des pivoines et soufflant comme des vaches, s'est en plus attaqué à nos muscles. Et vas-y des abdos et vas-y des fessiers, mais le pire, je crois que c'est un truc, que de ma vie j'ai du faire 3 fois à tout péter : des POMPES !!!! Nan mais franchement, est ce que j'ai une tête à faire des pompes ? Nan ? Faut les faire quand même ? Bon ok, ça va.
Hé ben j'ai réussi (bande de moqueurs). Sauf la dernière, là j'avoue, une seule pompe à ras du sol qui dure 16 temps, ben moi je m'écrase la face sur le tatamis et c'est très moche, voilà !
Et là, déjà que mes gros nichons me gênaient, parce que dans la prise de poids, figurez vous (pfff, une fois vous, une fois tu, c'est n'importe quoi ici) que moi je prends des nichons, tant et autant que parfois j'en louche, oui, oui, mais voilà 5 jours que j'ai l'impression de sentir arriver une montée de lait tellement ça fait maaaaaaaaal ! Est ce que cela voudrait dire qu'en prime je vais les faire remonter très très haut si j'ai très très mal ???? Mouais ...
Deux jours après, pourrie de courbatures qui me rappellent que mon corps existe (j'ai beau essayer de l'ignorer ce con, pas moyen !) et que je n'ai pas transformé l'avarie survenue sur le tatamis en avanie, j'en ai remis une couche avec une séance d'apérobic. Ben mon ami, en plus de frôler l'apoplexie, je me suis sentie en pays étranger, tu sais, quand tu fais plein d'efforts pour comprendre ce qu'on te raconte. La blonde qui secoue son immense queue de cheval à la manière de Davina ou Véronique (je n'ai jamais su qui était qui dans leur couple) aussi légèrement que son petit cul, a un langage évolué qui m'était jusque là inconnu, mais je suis une élève motivée, je vais apprendre et ainsi, éviter de me planter (et en plus je te fais ça en rime, c'est pas beau ?)
Alors figurez vous (tu vois, une fois tu une fois vous ... je ne sais jamais combien vous êtes c'est pour ça ) que quand la prof crie plus fort que la techno ambiante pour dire : "ON PASSE AU LIA", moi je me pince les lèvres et jette 25 coups d'œil autour de moi pour copier mes voisines et j'en conclu qu'on va un peu moins sauter comme des cabris. Évidement LIA ça veut dire Low Impact Aerobic, donc aérobie à faible impact. Bien. Ça, c'est expliqué. Bon je passe sur le bordel de la coordination de mes mouvements qui vont à gauche quand il faut aller à droite et inversement. Mais bon, j'avais déjà le problème à la danse, les tours en arrière je les faisais en avant, les pas de bourrée (et pas des pas de bourrés hein !) à gauche je les faisais à droite, bref, j'ai pas changé en vieillissant, mais on s'en fout, puisqu'on apprend des mots. C'est quand même bien le sport où on apprend des mots non ? Ça change des hoeuuuu des rugbymen, je trouve.
Bon, après elle a dit HIA !!! très fort et là elles sont toutes parties en live et moi avec. Si t'es malin et que t'as compris qu'avant on faisait dans le LOW impact ben là tu comprends bien que c'est du HIGH impact, mais alors bien intense le HIGH hein, pas de la danse classique quoi. Et je dégoulinais, et je dégoulinais, un truc de ouf !!!
Quand soudain elle dit HI-LOW, elle dit pas "salut Lolo, tu vas bien ?" Non, non, elle te montre qu'on va faire un joyeux mélange du High et du Low, p'tain t'as intérêt d'avoir quelques notions d'anglais pour faire du sport en salle j'te l'dis moi, pourtant c'est marrant mais dans le cours y'a des filles, je suis sûre qu'elles n'ont pas eu que des TB en production d'écrit, mais elles se sont sûrement rattrapées en production orale ...
[Merde alors, les voisins écoutent à fond un truc trop trop vieux que j'adorais THE RUBETTS : sugar baby love, sugar baby loooooooooove, na na na na na ... wo wo wo sugar baby love ...]
Finalement connaître un peu d'anglais ça a du bon non ?... Bref.
Donc après le LIA, HIA et Hi-Low, voilà pas qu'elle dit STEP ! Prête à bondir et à aller chercher en jogg les engins dénommés step, je comprends in-extremis qu'on va faire sans eux. En fait "step" c'est juste pour dire qu'on marche, oui forcement après avoir joggé tu steppes, pff quel cruchon je fais !
Bon en revanche, il y a des mots que je comprends bien comme, MAMBO, ou PAS Chassé ou ON BOIT UN COUP ou PLUS QUE 5 MINUTES ou encore MERCI ET A LA SEMAINE PROCHAINE !
Bon bref, vous avez compris que ma nouvelle mission en ce monde est d'aller à des cours de sport pour parler d'autres langues, et accessoirement perdre ces PUTAINS de kilos !!!
Alors comme on est dimanche et qu'il faudrait voir à ne pas tomber dans la routine, ce matin c'était footing, avec les pieds donc parce que un foot mais deux feet, des pieds qui s'activent, mais alors pourquoi ne dit-on pas feeting ? Ben oui quoi ? T'as déjà couru 20 minutes sur un seul pied toi ?
Tant que je ne colle pas de faux coups de pieds à ma voisine bilingue du cours de fitness (ho putain encore un mot sportif) et que je pars pas en mambo dans le cours de body-karaté, moi je dis que tout va bien. Dommage y'avait plus de place à la gym des volontaires (qui "in cowboy boogie they trust", d'ailleurs) sinon j'allais rejoindre la dame au gilet rouge !
Et tu vois, même avec des gros nichons et un paletot rouge on peut encore move son body et avoir un déhanché docile, ha !
Et mon grand, très enthousiaste : "C'est bien manman, je te félicite pour cette première semaine. Mais tu sais que ce sera comme ça toutes les semaines maintenant ?"
Hé ho ! T'as pas des devoirs toi ?
Musique ? Alors j'écoute plein d'autres trucs en ce moment comme Pierre Bondu, ou Ludovico Einaudi ou Andrew Bird que j'aime vraiment bien , mais là je ne résiste pas et je t'offre ça !
Allez maintenant chante ! ha ha ha ! Mais chez toi hein, pas ici steuplait. J'ai déjà les rugbymen gagnants qui recommencent, et" les pieds de cochon Marie-Madeleine" qui s'envolent en UT majeur ! 'Tin, j'espère qu'ils vont perdre un peu cette année ou alors je vais leur apprendre de nouvelles chansons moi !
30 août 2009
Cherche aventure sans ver pour passer l'hiver.
Tiens j'ai reçu le nouveau catalogue Ikea ; Billy se porte toujours bien. Tant mieux pour Billy.
Et puis j'ai lu ce matin que nos amis les bêtes avaient obtenu les noms de certains vilains petits canards, tant mieux pour eux, tant pis pour les autres.
J'ai pas envie de savoir.
Pas envie de savoir comment va le monde.
Une nouvelle année scolaire démarre ? Oui encore une, et puis quoi ? L'avenir semble-t-il plus intelligent et plus sûr en étudiant ?
Des projets de boulot ? Oui à en faire craquer les poches. Et puis quoi ?
Je ne sais pas.
Comme une sensation qu'un temps s'est arrêté là, avec les derniers rayons de chaleur.
Bientôt 2 ans qu'elle est partie et nous à ses côtés, tous serrés, on s'est promis, la vie.
Et puis quoi ? Plus rien.
J'ai plus rien à dire là-dessus, je crois.
Plus rien à dire de ce que je suis au fond, de comment marchent mes tripes, trop dit peut être, ou alors je ne sais plus dire.
Mais non, j'ai pas envie de savoir comment va le monde.

Juste envie de garder, re-garder encore le bleu et le rose à la façon du nain qui se transforme en photographe.
J'ai eu la chance de passer encore une semaine avec ma copine dont le cœur bat du même côté que le mien, du côté de la case vide. On se disait que ça devenait terrible, mais qu'à force d'avoir eu mal, on devenait comme, presque bien installées dans nos solitudes. L'amour manque, c'est un euphémisme, mais on a fini par trouver des pièces confortables au pays du vide et on a le salon papotage souvent bien aéré.
Il y a toujours les gens heureux autour de nous pour nous rappeler que ça existe, mais il y a aussi quantité de gens malheureux qui s'accrochent toujours à cette idée de trouver l'autre et qui souffrent.
Nous, c'est comme si on avait cessé de chercher.
Forcément on nous dira que c'est quand on ne cherche plus qu'on trouve. C'est rigolo quand même comme théorème, non ?! Moi si je ne cherche pas mes lunettes, je suis sûre de ne pas les trouver.
Alors, quand enfin je les ai trouvées, je me jette corps et corps (ben oui, tout ça) dans le dernier livre d'un de mes auteurs fétiches, Cyzia Zÿké, "Oro & Co" (mais il fera peut être un 2nd tome, allé Cyzia, pour le plaisir !)
L'aventurier de mon cœur. Zÿké c'est un dingue, un vrai personnage de BD qui vit dans la vraie vie. Un chercheur d'or, un contrebandier, un jongleur de lois, un amoureux des femmes. Zÿké c'est lui :

Il vit depuis ses 20 ans, à coup d'aventures, mais pas de l'aventure au GPS de compét' hein, non, de l'aventure en pirogue au ver macaque qui pique, plutôt. C'est bizarre mais quand j'avais lu Oro, Sahara et Parodie, je ne pensais pas qu'un jour ce gars cesserait d'écrire. Et puis je suis tombée complètement raide dingue de "Buffet campagnard" (bon courage pour le trouver en librairie parce qu'on trouve encore ses œuvres autobio, mais pour ses romans, c'est le parcours du combattant, faut l'aimer ou le quitter !) Du coup, ce type est devenu un auteur que j'ai cherché désespérément dans les rayons libraires depuis 20 ans. Et quand je cesse de le chercher, paf il sort un dernier livre, celui qui va boucler son aventure éditoriale comme il dit.
Alors tu vois bien que quand on cesse de chercher, on trouve ...
Oui mais là c'est exceptionnel, c'est Zÿké, bordel !
Bref, dans ce dernier livre, il raconte un peu comment il s'est mis à écrire et il raconte beaucoup l'organisation de son dernier grand projet, la ville de ses rêves, le lieu de tous les plaisirs, celui où les chercheurs d'or pourront claquer leur fric ... Avec pour emblème une statue de lui, majeur pointé vers le ciel, joint aux lèvres et chevauchant un âne à l'organe démesuré (un âne, quoi) parce que Zÿké dit que :
" ... mon étude des femmes, entreprise dés mon plus jeune âge, m'a amené à comprendre que le sexe du mâle était à leurs yeux le plus bel objet existant au monde et que mon bourricot est une sorte d'hommage à leur bon goût." Voilà, voilà.
J'ai senti la moiteur de la Guyane, grincé des dents avec le ver macaque qui gravite sous la peau, eu la nausée à la description de la vie des clandestins de la fôret. Et puis eu mal au ventre en lisant les aventures de notre Président de la République (qui offre un moteur à un gars pour le récompenser de son gros score aux municipales, sauf que le gars après, "il se fait quelques kilos d'or en louant le moteur présidentiel "aux clandés et n'écopera que de quelques mois de sursis et d'une amende) . Puis j'ai serré les fesses la nuit sur la pirogue, navigué entre garimpeiros et orpailleurs, dormi dans des carbets, bouffé des fayots, bu de la bière et fumé des joints en pagaille !
Alors oui il a ses détracteurs, mais moi je dois faire partie des sans-cervelle qui ne pigent rien à la vie et qui s'évadent encore en le lisant, mais j'aime autant Zÿké que Robinson Crusoé et je l'assume. Lire c'est, si possible dans une langue maîtrisée, riche et pas prise de tête, mais ça peut aussi être une forme orale ou argotique de littérature, comme j'ai aimé Pierric Bailly avec Polichinelle pour son rap'and'roll slamé par exemple. C'est peut être aussi le pendant d'un monde qui ne fait que promettre du vent non ? J'aime bien l'authenticité de ce mec là et j'aime bien les mauvais garçons qui semblent inaccessibles. C'était vraiment muito bom, même si ce n'est pas dans les palmarès des ventes de l'été.
Je suis sortie épuisée de cette aventure, mais épuisée parce qu'une fois dedans, je ne pouvais plus partir, fallait finir ! 48h à m'essouffler avec lui !
Et comment je dois aborder le quotidien maintenant que je suis rentrée hein ? Et surtout, comment je peux vivre avec l'idée que je ne lirai plus jamais de nouveau livre de Zÿké ???
C'est peut être bien pour ça le blues, en fait.
Alors je vais plonger ma tête et mon cœur dans l'aventure fantastique d'Estelle Nollet que les sites pros nous comparent déjà à du MacCarthy au féminin. Ma Tortue qui l'a lu en avant-première, n'entendait même plus quand je faisais couler le vin dans son verre tant elle était plongée dans sa lecture, c'est dire ! Alors je retourne dans le désert, plonger dans les textes hallucinants de la petite, qui officiait là et là pour ceux qui ne la connaissent pas encore.
J'ai comme un vent d'aventure qui me souffle dans la nuque là, serait-ce un signe ? Un signe que je dois passer à l'aventure donc !
Oui mais non, j'ai trop peur du ver macaque moi maintenant !
Et puis du son tiens, avec ces gens là, m'sieudames ! Karimouche pour vous servir et si d'aucuns veulent l'écouter avec moi, le même soir que Amazigh, le chanteur des Gnawa, ce sera le 16 octobre à Grenoble pour le Rocktambulle, et j'ouvre volontiers la porte de la maison, aux bons entendeurs ...
Et là tout de suite, celle qui me fait chavirer, va savoir pourquoi. Peut être juste parce que c'est beau, tout simplement.
09 août 2009
Oz sans le magicien.
Des notes de piano fugaces m'envolent vers lui, vers le si lointain lui ...
Cette caresse musicale pour nous rapprocher un peu, je l'aime.
Comme j'ai aimé en une seule seconde le regard qu'il a posé sur moi. Je n'oublie jamais les premiers regards échangés, jamais.
Lent et douloureux automne de la vie qui arrivera bien assez tôt, je me souviendrai toujours, de ces feuilles mortes que nous n'avons pas ramassé à la pelle parce que nous avions à nous serrer fort dans les bras.
Histoire sans nom, mots-envies glissés derrière les paupières, caresse lointaine et soufflée comme un petit nuage glissant, surfant le ciel.
J'aimerais qu'un jour il m'emmène écouter les Gnossiennes dans des arènes ventées qui n'existeraient que pour l'occasion, laisser tomber ma tête aux yeux fermés sur son épaule d'homme sûr. Sentir la douceur de ses doigts quand ils se croisent sur les miens. Imaginer la chaleur de son corps après, au retour, quand dénudé, il frôlera mon ventre comme la première fois, tremblante et bouillante. Enlacer ses baisers avec ma langue pour envelopper la sienne. Et laisser aller mon sexe chaud contre le sien, grandit de désir...
Mince, alors, je me suis trompée d'introduction. C'était le début d'un vieux papier, mais je trouve que c'était joli, alors tant pis je ne recommence pas.
Vous vous souvenez sans doute, ces moments d'égarements que j'avais souvent par le passé (Je ne sais pas où est ma place sur la photo, pas de place parmi les autres, etc, etc ...) Et vous vous souvenez sans doute comment je les égarais au plus vite.
Sur ma moto.
Alors, quand j'ai senti monter le satané vent "gorge nouée" sur mes hauteurs, j'ai un peu larmoyé, et puis, je me suis dit que non, non je ne peux plus revivre encore et encore les mêmes questions. Cette "posture personnelle" qui me fait parfois imaginer que je suis un truc qui ne sert à rien sur cette terre, je ne veux pas la cultiver. Elle se fend d'une visite furtive par moment, bien moins que par le passé, mais elle tente toujours une intrusion, la garce.
Alors ce matin, armée de mon sourire endimanché et d'une envie de bouffer de la vie, c'est avec mon fidèle destrier que je suis (re)partie à ma rencontre. Deux tranches de pain grillé dans le sac à dos, une bouteille d'eau, l'appareil à photos, celui à musique, et en sortant la moto de chez moi, j'ai fait plouf-plouf, droite ou gauche ?
Je suis partie par la gauche, puisque de toutes façons, d'ici, toutes les routes mènent à une montagne, j'ai aujourd'hui emprunté celle de l'Oisans, direction l'altitude pour un peu de fraîcheur, et aussi pour voir les choses d'en haut. Ça repositionne toujours de regarder ce qui se passe autour en baissant les yeux, je trouve.
On passe notre temps à regarder vers le haut. A la danse on nous dit de lever le menton et de regarder haut. Dans la vie on nous dit de voir loin, d'avoir des ambitions. Dans le quotidien, pour affronter tous les coups bas, la seule issue c'est le regard haut, toujours redresser la tête. En moto, pour tenir l'équilibre, pas de secret, le regard doit porter loin, loin devant.
J'avais envie de courber le dos doucement, juste une journée, baisser les yeux, les reposer, ne plus penser à ce truc qui ne sert à rien. Mais bien pour m'enrichir de ce que je verrai en bas, tout en bas, alors je suis montée, sans savoir où j'allais, là-haut ...
D'abord traverser cette sinistre vallée de la romanche où chaque fois, devant cette maison glauque, je me repasse des scènes du film de Kassovitz, "les rivières pourpres". Vallée, austère et grise, qui ne provoque chez moi qu'une envie, la traverser vite.
Et je suis arrivée là, avec un sourire, en me disant que ce serait vraiment bienvenu de croiser le magicien ...

De ce tout petit coin de nature, joli et calme, j'ai parcouru l'échine de la montagne qui menait encore plus haut, un village nommé Villars Reculas. Alors comme j'aime bien les signes, je me suis dit que je devais continuer, histoire de na pas reculer, encore une fois. Et au détour d'une micro route, pas de celles où tu roules à 200 c'est clair, une de celles qui inspirent l'humilité au contraire, j'ai trouvé un banc, tout seul, comme ça, alors j'ai décidé de me poser un moment.

On peut noter que je me gare maintenant, en côte et en terrain gravillonneux !

voilà maintenant on peut plonger le regard, courber le dos, enfin, et respirer, avec le ventre, loin dedans, on est tout petit là au milieu ...
Se dire que oui, on est parfois un truc qui sert à quelque chose, il sert à ressentir, et à essayer de transmettre ...
Bon, comme les nuages commençaient sérieusement à se transformer en vent de pluie, je me suis dit que me retrouver coincée dans la montagne avec l'orage, bof.

jamais bien bon sur la montagne ce paquet de coton accroché là ! Mais pour une fois, je ne ramasserai pas les sacs d'eau, ils sont tombés quand la moto a été rangée.
Alors j'ai repris ma route, toute petite route, j'ai croisé quelques cyclistes, et deux randonneurs, mais le calme était de mise, jusqu'à ...
Jusqu'à ce que j'arrive dans un tout petit hameau, Huez. A la sortie de ce village si tu files à gauche tu montes à l'Alpe d'Huez, si tu repars à droite, tu rejoints Bourg d'Oisans. J'ai eu envie de revoir cet endroit où j'étais tant allée skier, plus jeune, mais que je n'avais pas revu depuis au moins 10 ans. Alors feu pour l'Alpe.
Feu, c'est vraiment ça !
Incroyable transition entre mes vertes prairies alpestres et ce col à crever si t'es en biclou. Serieusement ils sont fous les deux roues sans moteur de grimper ce col, ou alors ils se droguent, mais franchement, sans moteur, tu peines !
Bref, j'ai doublé plein, plein de biclous, mais j'ai
commencé à me faire doubler aussi par des allumés en deux roues à
moteur. Deux fois de suite des gars m'ont fait l'intérieur en posant le
pied par terre (t'imagine ça dame de K ???) ... Là je me suis dit,
tiens des kékés qui se prennent pour des supermotards, puis des bolides
du genre R1, CBR, GEX. Des avions de chasse, donc. Et moi toujours dans
mon trip je me (re)trouve, (re)centre, je roule tranquille, j'observe,
je salue, j'arrête pas de saluer, j'en ai des crampes dans le poignet
de saluer. Mais que font ils tous ici ? Concentration ? Course ?
Haaaaa ! Mais c'est quoi ce zouave couché au milieu de la route ?
*clic*
Ho, je viens de me faire prendre en photo !
Bon je continue, j'arrive à l'Alpe, le ciel est de plus en plus noir, et je commence à avoir mal aux fesses, à mes tendinites, au poignet, bref, je commence à être une vieille toute pourrie, alors hop, demi-tour, je rentre avant la pluie.
*clic*
Et encore une photo, mais là cette fois je m'arrête
vers le gars en lui demandant pourquoi il me prend en photo, serait-il
déjà amoureux ?
Ha ha ha, on rigole, mais non en fait et c'est ballot. Lui, il prend tout le monde en photo, et après tu vas acheter sur le net. Un peu comme les enfants à la plage avec le château-trou de sable qui sont pris en photo 50 fois par jour, sauf que là c'est dans des virages sur la route où on roule ! Et il prend tout le monde en photo, parce que ce n'est rien moins que le championnat de France Supermotard que je viens de louper, voilà, voilà ...
Alors comme finalement on n'est pas là pour pleurer, que je me sens généreuse avec vous, qu'en plus il n'y a pas foule en ce moment sur les ondes, que bientôt je serai en vacances, je fais cadeau des *clic*, mais je vous laisse me trouver, je ne vous dis rien ...
Sauf que, je n'ai pas de passager, ma moto à moi elle a 2 roues et pas 4, je ne pose pas le genou par terre parce que je n'ai pas envie de trouer mes jean's neufs, je ne me prends pas pour Chips, ni pour Johnny, c'est la page 19, et j'apparais 2 fois, une fois je monte, une fois je descend (et si j'ai deux doigts sur la poignée de frein, ce n'est pas que je suis lâche, c'est que je m'arrête vers le beau photographe, je préviens avant que des mauvaises langues viennent me dire un truc désobligent) ... Voilà, enjoy !


Et le fond sonore de ces derniers jours, je vous l'offre aussi, c'est Satie et ses gnossiennes.



